Un film documentaire sur un fait divers comme Netflix s'est bien produire. L'histoire de Lucie qui disparait en 2000, a Tokyo. De nombreux témoignages et d'images de l'époque nous racontent très bien cette enquête. Ainsi de la collaboration tendue entre le Japon et l'Angleterre, pays d'origine de Lucie. Documentaire bien construit.
Monteur, réalisateur et scénariste japonais, Hyoe Yamamoto possède à ce jour plus de vingt ans d’expérience, que ce soit des longs ou des courts-métrages ou des films documentaires. Ses réalisations se concentrent sur l’expérience humaine et la dépeignent avec sincérité et honnêteté, quel que soit le genre abordé. Dans ce documentaire datant de 2023, Hyoe Yamamoto revient sur l’enquête concernant la disparition de la jeune britannique Lucie Blackman, à Tokyo, le 1er juillet 2000, retrouvée sept mois plus tard dans des circonstances plus que tragiques. Combinant subtilement les interviews des parents à celles des enquêteurs, les images d’archives et certains éléments de l’enquête, Hyoe Yamamoto dénonce intelligemment la lenteur de l’investigation qui a exaspéré autant les parents de Lucie que nous-mêmes derrière nos écrans. D’autre part, on ressent également très vite quel fait le réalisateur veut mettre en lumière, au-delà de l’affaire de son documentaire : l’exploitation des jeunes femmes étrangères croyant naïvement améliorer leurs situations financières, en côtoyant de riches hommes d’affaires dont l’unique but au final est d’abuser d’elles. Ces bars à hôtesses, réunis en un seul quartier à Tokyo, sont des portes ouverts pour tout homme, en mal de tromperie et/ou de perversion. Le fait que ces lieux existent est déjà une aberration en soi, et Hyoe Yamamoto, en explorant minutieusement une affaire criminelle qui n’est malheureusement pas un cas isolé, alerte sur les déviances d’une société où le vice règne en maître. “Disparue à Tokyo : L’affaire Lucie Blackman”.... un documentaire d’une justesse accablante.