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Artriste
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3,5
Publiée le 1 juin 2022
Avec Un Moment D'Égarement, Claude Berri réalise là un film traitant d'un sujet délicat avec justesse. En effet l'histoire nous fait suivre deux pères emmenant leurs filles âgées de dix-sept ans en vacances à Saint-Tropez, seulement l'un deux va se laisser séduire par la fille de son meilleur ami. Ce scénario évoquant un amour interdit dû à la différence d'âge des deux amants et de leur proximité est d'une grande simplicité et séduit pendant à peine un peu plus d'une heure-vingt grâce à son écriture réussie. Il prend sont temps et ce rythme paisible colle parfaitement à l'ambiance estivale qui se dégage. Tout le cœur du récit se noue dans les relations créés entre les quatre personnages interprétés par un casting agréable. Une distribution mettant en avant Jean-Pierre Marielle et Agnès Soral dans son premier rôle sur grand écran qui sont au centre de cette romance passagère, très bien accompagnés par Victor Lanoux et Christine Dejoux. Ces quatre rôles sont importants et appréciables, offrants des échanges sincères notamment via des dialogues emplis d'une belle authenticité, traitants comme il se doit les thèmes de l'amour et de l'amitié. L'ensemble est mis en scène de façon sobre mais efficace par Claude Berri, à l'image de son intrigue. Sa réalisation capte les moments d'intimité dans ce joli cadre offrant une jolie photographie. Le tout est accompagné pas une petite b.o. assez discrète composées de titres agréables. Reste une fin un peu abrupte nous laissant sur notre faim, venant clore cette parenthèse qu'est Un Moment D'Égarement.
Jusque là les réussites de Claude Berri cinéaste se limitaient à ses souvenirs autobiographiques. Les incursions dans un cinéma affranchi des récits de sa vie, donna “Mazel Tov” et “Sex Shop”, plus sympathiques que vraiment bons, et le catastrophique “Mâle du siècle”. “Un moment d’égarement” est donc une bonne surprise, du en partie à une mise en scène revenant à des constructions simples et semblables au “Vieil home et l’enfant”. Ainsi, le générique et l’arrivée sur le lieu de villégiature montre en deux panoramiques, l’usine à bronzage de viandes entassées. De même, si la scène avec les minettes seins nus au tennis de table appelant une remarque des deux pères de famille, elle sert uniquement à planter le décor relationnel, après avoir fait craindre le pire (genre “L’année des méduses”). Ainsi, le réalisateur explore cette relation tentatrice entre une lolita et un monsieur d’âge mur (44 ans). Là où ça se gâte, c’est que la petite (17 ans) est la fille du meilleur ami. La réussite du film doit aussi beaucoup à Jean-Pierre Marielle, exceptionnel dans le rôle de cet homme faible devant la chair et peureux devant son ami (Victor Lanoux d’abord butor, puis touchant en homme qui perd peu à peu toutes ses illusions). C’est également le premier rôle d’Agnès Soral qui ne soit pas de la figuration décorative. La fin, ambiguë est un joli moment de tristesse et d’illusion. Malheureusement, par la faute d’un script pas assez travaillé, certaines scènes perdent le rythme, même si de temps à autre quelques belles réussites (la discussion des amants dans le lit, la goutte de jaune d’œuf qui tombe de la cuillère de Marielle quand Lanoux se met à hurler à l’étage supérieur, la révélation de Françoise à son père…) apportent un sursaut de qualité. Enfin, il faut saluer la justesse avec laquelle cette étude sociétale est montrée. Le remake américain « Blame it on Rio » (1984) est plutôt moyen, et malgré la présence de Michael Caine n’apporte pas grand chose à la filmographie de Stanley Donen. Le remake de Jean-François Richet en 2015 livre une version tellement dans le politiquement correct de ce début de siècle, qu’elle est globalement une trahison. C’est dire si le film de Berri mérite quand même d’être vu.
Drôle et profond que ce film. Tout d'abord grace à son formidable duo d'acteur, Victor Lanoux et Jean-Pierre Marielle. Ce dernier n'a pas son pareil pour donner de l'épaisseur, de la dignité à des personnages de Français moyen. Il y a un vrai portrait de l'hétéro male occidental qui se dessine, balloté par les divorces, les nouveaux mœurs, le quotidien étouffant. Il se dessine également un portrait de la France des années 70 quand la naïveté et les élans amoureux existaient encore un peu (principale différence avec le remake qu'en a fait Jean-François Richet en 2014)
a part l'affiche de Wolinski excellente, c'est un gros navet. On s'ennuie ferme. C'est pas drôle. Les acteurs ? je pense qu'ils ont rapidement oublié ce tournage et que ce fut pour eux trois "un moment d'égarement" dans leur carrière....
Du tout grand Marielle et un Lanoux qui fait regretter de n'avoir pas été employé à plus de grand rôles, le film a fort bien vieilli et reste un grand plaisir à regarder.