Une belle balade en belles compagnies
Ce film sent bon comme un dimanche de vacances à la campagne en été.
Tout y est doux, feutré, sans violence ni éclat. On avance au rythme des rencontres, des souvenirs, des petits regards amoureux qui forment ce long chemin tranquille.
L’atmosphère des balades sur les routes de campagne, longeant parfois les cours d’eau, les rencontres imprévues, la solitude douce d’un personnage qui avance simplement porté par le vent du passé, me font penser au manga Rémi Sans famille dans ce film.
Pas pour le drame mais pour l’atmosphère des balades sur les routes de campagnes et les rencontres imprévues.
Le film offre aussi une jolie surprise de casting d’acteurs et d’actrices que je n’avais pas revus depuis longtemps. Comme des invités d’honneur dans une fête du souvenirs, chacun apparaît pour un moment suspendu avec douceur.
Il y a aussi dans ce film une écriture assez remarquable.
J’ai trouvé les dialogues ciselés avec soins et jamais appuyés.
Ils disent parfois beaucoup avec très peu.
Il y a pour moi de la poésie dans les mots, de la tendresse dans les silences, et un vrai amour de la langue.
C’est un des points forts du film. Il est bien écrit, avec des dialogues que j’ai pris plaisir à écouter, et ça mérite d’être mentionné.
Le titre finalement, ne désigne peut-être pas le héros… mais le spectateur.
Car j’ai regardé ce film comme en pyjama : tranquille, à l’abri, prêt à me laisser bercer. Et dans ce monde qui va si vite, ça fait du bien.
À sa manière, Victor m’a aussi fait penser à Vernon Subutex, excellente série que je recommande à ceux qui ne la connaissent pas. Deux hommes en errance, qui revisitent leur passé. Mais là où Vernon affronte le chaos urbain de Paris, Victor traverse les paysages paisibles de la campagne.