487 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
70 critiques spectateurs
5
1 critique
4
19 critiques
3
24 critiques
2
12 critiques
1
10 critiques
0
4 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Jipéhel
103 abonnés
652 critiques
Suivre son activité
4,5
Publiée le 12 mars 2025
Un paroxysme dans le trouble
Halfdan Ullmann Tøndel est norvégien, il a 65 ans et c’est ici son tout 1er film. Il est le petit-fils de l’actrice Liv Ullmann et du réalisateur Ingmar Bergman… bref, il a de qui tenir. Et ces 117 minutes sont là pour en témoigner. Lorsqu'un incident se produit à l'école, les parents des jeunes Armand et Jon sont convoqués par la direction. Mais tout le monde a du mal à expliquer ce qu'il s’est réellement passé. Les récits des enfants s’opposent, les points de vue s’affrontent, jusqu’à faire trembler les certitudes des adultes… Il y a longtemps qu’un film ne m’avait autant à al fois fasciné et mis mal à l’aise. Cette année, la Caméra d’Or est allée à la Norvège et c’est ô combien mérité ! Un must ! Si vous aimez être dérangés, n’hésitez pas, ce film est pour vous. Le cinéaste a travaillé pendant plusieurs années dans une école primaire, il a surtout eu le déclic quand deux garçons de six ans se sont disputés, en tenant des propos que seuls des adultes pouvaient proférer. Il sonde ici notre manière de gérer les conflits. D ans ce huis clos étouffant, les limites sont floues et des zones grises dans lesquelles on a du mal à se repérer : vérité ou mensonge ? Victime ou agresseur ? Coupable ou innocent ? Jeu ou violence réelle ? La frontière entre bien et mal a rarement été aussi brouillée. La musique somptueusement inquiétante d’Ella van der Woude, contribue largement à la claustrophobie du spectateur. Il y a du Buñuel dans ce film et même de l’inspiration chorégraphique puisée chez Pina Bausch. Les cadrages, la photographie, les décors, tout est décalé avec virtuosité et plonge le spectateur dans ce drame scolaire qui bascule progressivement du réel vers une dimension presque surnaturelle. Un film qui n’a pas fini de vous surprendre. Renate Reinsve a reçu le Prix d’interprétation à Cannes en 2021 pour Julie en 12 chapitres. Elle prouve encore une fois qu’elle est une immense comédienne. Mais tous les autres, Ellen Dorrit Petersen, Endre Hellestveit, Thea Lambrechts Vaulen, Øystein Røger sont parfaitement au diapason d’un film pas comme les autres, troublant, étrange, sensuel et glacé à la fois, phagocyté par le décor de cette école devenue entité vivante et menaçante. A voir sans modération
La Convocation, premier long-métrage du réalisateur norvégien Halfdan Ullmann Tøndel, est un thriller psychologique captivant qui plonge le spectateur dans un huis clos oppressant. L'intrigue se déroule entièrement dans une école, où un incident impliquant deux jeunes élèves, Armand et Jon, entraîne une convocation des parents. À travers des confrontations tendues, le film brouille les pistes et rend difficile la distinction entre vérité et mensonge, mettant en lumière les zones grises de la moralité.
Le film souligne l'importance de l'écoute impartiale des enfants, sans chercher à orienter leurs propos ni se fier aux rumeurs. Il nous rappelle que la vérité, surtout dans les conflits impliquant des enfants, est complexe et subjective. Tøndel aborde ainsi des thématiques fortes comme la responsabilité parentale, les conflits générationnels et l'interprétation des faits par les adultes.
Le réalisateur s'inspire des grands maîtres du thriller psychologique, comme Hitchcock et Buñuel, tout en apportant une sensibilité moderne à son récit. Le cadre claustrophobique de l'école accentue l'isolement des personnages et leur lutte intérieure, tout en invitant le spectateur à une réflexion intense sur les enjeux émotionnels et psychologiques.
Renate Reinsve, l'actrice principale, livre une performance remarquable, renforçant l'intensité de ce drame. Son rôle d'Elizabeth, une mère confrontée à l'accusation de son fils, incarne l'essence même de ce film, qui questionne la manière dont la vérité et la moralité sont perçues dans des contextes tendus. La Convocation sera en salle le 12 mars 2025.
Un film percutant et perturbant… Les silences et les non-dits sont partout… Devons-nous chercher à tout comprendre et interpréter? Pouvons-nous juger sans savoir ?
Un film à voir absolument. Par son écriture, très sobre et rappelant le papy Bergman. une utilisation de la bande son impressionnante où les bruits maintiennent la tension. Où la musique reste très discrète ... mais quelle musique! Je ne parle pas du thème... superbement résumé par l'orage final.
Ce film norvégien de Halfdan Ullmann Tondel a été projeté dans le cadre du Festival International des Nouveaux Talents, Festival du Premier Film d'Annonay (Ardèche). Avec un souci d'une image épurée, d'une tendance à créer un suspense qui m'a paru artificiel avec une tendance au fantastique, ce film m'a lassé par moments car certaines scènes sont bien trop longues, à la rigueur inutiles. La mère qui défend son fils, la mère qui accuse, le mari de celle-ci qui penche fortement vers la femme qui accuse, c'est troublant mais tellement artificiel. Quant aux responsables de l'école, ils sont au-dessous de tout : le directeur qui ne sait quoi faire et je le comprends, la prof vite évincée et la responsable administrative qui saigne du nez sans rien faire, ces personnages sont bien falots. Bref, ce film ne m'a pas convaincu même si j'ai apprécié les images et la conclusion.
spoiler: Les gamins au centre de l’histoire du film sont les grand absent, les parents et prof parle d’eux sans seux. Sa alterne entre de long silence et grand délire par moment qui font sourire parfois.
Je ne suis pas sur d’avoir tous compris, certaine scéne me font penser a des méthaphores en image.
Vu en avant-première au Festival de Cannes : Le premier film du petit-fils de Ingmar Bergman démontre déjà une sorte d'hérédité dans le talent à sonder l'âme humaine. Si le film n'est pas excempté de défauts, il n'a pas volé sa Caméra d'Or pour certaines des scènes les plus marquantes de cette année cinéma spoiler: (aviez-vous vu déjà vécu un fou rire aussi désagréable au cinéma ?) .
Un incident se produit dans une école primaire. Les parents des jeunes Armand et Jon sont convoqués par la direction. Tout le monde a du mal à expliquer ce qui s’est réellement passé. Les récits des enfants s’opposent, les points de vue s’affrontent, jusqu’à faire trembler les certitudes des adultes…
10 617 abonnés
11 767 critiques
Suivre son activité
3,5
Publiée le 29 décembre 2024
« Il y a une différence entre tolérance et irresponsabilité. » À la suite d'un incident entre deux élèves, leurs parents sont convoqués à l'école pour tenter de mettre les choses au clair. Une situation délicate en raison de l'âge des enfants et surtout de la nature du problème. Dans un premier temps, Halfdan Ullmann Tøndel dépeint toute la complexité psychologique de cette affaire avant d'élargir l'histoire. Un événement catalyseur qui fait ressortir différents sentiments et ressentiments. Traumatismes, insécurités, secrets et mensonges, on découvre les personnages autrement que par le prisme de parents en quête de réponses. Quand il est au plus proche du drame, "Armand" est un très bon film avec des acteurs très convaincants, surtout l'excellente Renate Reinsve, et des moments très forts, oppressants et explosifs. Par contre, je n'ai pas compris tous les choix du réalisateur. Des choix créatifs plus que scénaristiques avec des scènes déroutantes. Une manière d'exprimer, d'évacuer ce qui se passe ? La tension et l'importance des enjeux laissent alors place à quelque chose de plus surréaliste et imprévisible. Un peu frustré au final, mais c'est un bon premier film de la part du petit-fils d'Ingmar Bergman et de Liv Ullmann.
Bon sang ne saurait mentir. Et le pedigree de Halfdan Ullmann Tøndel, réalisateur de La Convocation, Caméra d'Or 2024 à Cannes, est de ceux qui impressionnent : fils de la talentueuse romancière Linn Ullmann et petit-fils, excusez du peu, de Ingmar Bergman et de Liv Ullmann. Accessoirement, le cinéaste norvégien de 34 ans a aussi été l'assistant de Joachim Trier, auquel il a emprunté sa comédienne de Julie (en 12 chapitres), Renate Reinsve, laquelle se révèle tout aussi stupéfiante (et sublime) dans La Convocation. Contrairement à ce que le synopsis semble indiquer, le sujet du film est moins le comportement parfois inapproprié des enfants à l'école que la psychologie de leurs géniteurs, leurs névroses, leurs mensonges et leurs jalousies. Ces scènes de la vie parentale auraient donc eu toute chance de plaire au grand-père du cinéaste, dans une atmosphère très nordique de non-dits et de conflits larvés. Si la dernière partie du long métrage, allégorique et à la limite du maniérisme, ne fera pas l'unanimité, elle reste pourtant cohérente, eu égard au traitement de ce huis-clos étouffant, qui flirte même parfois avec la comédie et souvent avec l'absurde, sans parler de la place accordée au lieu des échanges, avec ses longs couloirs, référence évidente au Shining de Kubrick. Halfdan Ullmann Tøndel réussit pendant près de deux heures à faire monter la pression à son acmé, tout en l'esquivant de temps à autre par des scènes incongrues, à la fois gênantes et libératrices spoiler: (le fou rire, la danse) . Du grand art que ces formidables instants norvégiens qui empruntent assez souvent au registre de l'horreur, tout en maîtrisant parfaitement son caractère de cruel suspense psychologique.