Armand et Jon, 6 ans tous les deux, sont les personnages principaux du film, quand bien même on ne les verra jamais. Elèves dans une école norvégienne, le comportement de l'un d'entre eux, ou du moins, ce qu'en ont retenu les parents de l'autre, a amené l'école à convoquer Elisabeth, la mère d'Armand, et Sarah et Anders, les parents de Jon, afin, qu'ensemble, la lumière soit faite sur ce qui s'est réellement passé. Le premier quart d'heure du film, sobre et dégageant une grande tension, est particulièrement réussi et on se dit que la Caméra d'or attribuée l'an dernier à ce premier long métrage de Halfdan Ullmann Tøndel, petit-fils de Liv Ullmann et de Ingmar Bergman, était tout à fait méritée. Sauf que, d'un seul coup, les choses se gâtent : on se met à avoir l'impression que le réalisateur ne sait plus très bien où il veut en venir avec, en plus, un mélange de scènes aussi fortes que celles du début et de scènes dans lesquelles règne un grand n'importe quoi.
En tant que spectateur, on souffre terriblement face à une très, très, longue scène de fou rire totalement inexplicable de la part d'Elisabeth, dont on nous a dit qu'elle est comédienne. Fou rire authentique ou fou-rire simulé, peu importe, on attend avec impatience qu'il se termine ! On se demande aussi ce que vient faire une scène de danse aussi grotesque qu'inutile dans un couloir de l'école. Au milieu de tout cela, on arrive (difficilement !) à comprendre qu'il y a des liens familiaux entre Elisabeth et Sarah, que le mari d'Elisabeth et frère de Sarah s'est sans doute suicidé, qu'il existe quelque chose entre Elisabeth et Anders. On arrive (difficilement) à comprendre le message du réalisateur : il y a peut-être eu un problème entre Armand et Jon, mais les véritables problèmes se situent chez les adultes.
Petite remarque : les scènes très fortes n'ont pas d'accompagnement musical et, dès que vous entendez de la musique, c'est que vous arrivez dans du grand n'importe quoi. En résumé, le réalisateur a fait preuve de prétention en voulant, dès son premier long métrage, se mettre dans les pas de son grand-père. On lui a attribué la Caméra d'Or, tant mieux pour lui ! Espérons que la suite de son œuvre ressemble davantage au premier quart d'heure de "La convocation".