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pitch22
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4,0
Publiée le 8 février 2007
Un film touchant, sensible, porté par de formidables acteurs (Brigitte Mira, également dans "Mutter Küsters"). La fin se veut un peu trop démonstrative.
La traduction française du titre est vraiment mauvaise et ne traduit pas du tout la qualité du titre d'origine. Outre le titre mal traduit, le film n'en est pas moins excellent et touchant. Malgré un début plutôt cliché, le film se définit vite comme une oeuvre dénonçant la xénophobie et le communautarisme. Fassbinder montre que non seulement l'amour n'a pas d'âge mais triomphe en plus des stéréotypes. De plus le film n'est pas du tout manichéen, parce que chaque personnage à quelque chose à se reprocher. spoiler: Ali va tromper Emmi, Emmi va ignorer la suppléante d'une de ses anciennes "amies"... La réalisation est aussi soignée, des beaux travellings, un cadrage sobre mais efficace et aussi un montage qui enlève tout ennui
Si ce film se montre quelque peu maladroit sur la forme avec des personnages, des scènes et des dialogues souvent assez caricaturaux et manichéens, il apparaît passionnant sur le fond. Le racisme, l'intolérance, la mesquinerie, les préjugés et l'opportunisme décrits sont tout à fait identifiables dans notre société. Mais, malheureusement, bien que la société puisse être destructrice, on ne peut s'en passer, comme en témoigne la douleur d'Emmi (Brigitte Mira) provoquée par le rejet de son entourage (douleur qui modifie d'ailleurs son comportement envers "Ali"). Plus qu'un drame amoureux, c'est une critique sociale acérée que nous offre là Rainer Werner Fassbinder. Avec une Brigitte Mira profondément touchante de bonté. Ma conclusion: on a affaire à un film intéressant à voir, malgré ses quelques défauts.
J’ai pleinement adhéré à la première partie de cette histoire d’amour improbable et manichéenne qui s’impose malgré les préjugés racistes et la méchanceté, laquelle atteint son paroxysme de violence avec la présentation aux enfants, et où seul le propriétaire (par intérêt ?) se montre conciliant. Malheureusement, après cette première moitié convaincante et réussie, le scénario (ou le montage ?) part en vrille, et perd totalement sa pertinence, malgré quelques scènes réussies (la nouvelle femme de ménage).
C'est peut-être l'un des films les plus intéressants de Fassbinder à cette heure mais qui a toujours le même problème que ses autres réalisations. On sent avant tout l'homme de théâtre. Et donc, comme à chaque fois là aussi, ça ne marche qu'à moitié. Les scènes sont longues, les personnages peu expressifs et les dialogues trop théâtralisés. Pourtant, l'écriture et l'histoire sont intéressantes, mettant en scène ce racisme à la fois décomplexé, mais surtout cette xénophobie envers des gens qu'on ne connait pas. On retrouve donc les clichés coutumiers, des migrants qui ne se lavent pas, qui ne voudraient pas apprendre la langue, qui ne travaillent pas... Et la réalité avec Ali, personnage introverti qui ne fait que vivre dans son coin. Même si le film en fait parfois trop, la leçon n'en reste pas moins cohérente.
Un Ali au jeux naturel, puisqu'il semble de ne pas être comédien de profession (je peux me tromper). Et une actrice qui est très touchante si l'on est un minimum sensible aux histoires "d'amour impossible". Même s'il s'agit plus d'un amour difficile. C'est donc un style épuré qui porte le film de Fassbinder. Et je trouve que ça apporte de la valeur au film. Les scènes sont simple évidente, ne cherchant midi à quatorze heure. L'aspect humain dépassant la simple histoire d'amour, puisqu'il y a une véritable volonté de faire du cinéma très pure. Une proposition qui laisse du monde sur le bord de la route et c'est pas si mal, il y a des vrais choix qui ont été fait.
Le calme des plans et les bons dialogues permettent à ce film de prendre réellement de l'ampleur sans sacrifier (de trop) la mise en scène. L'interprétation d'"Ali" ne fera certainement pas mémoire tant elle est médiocre. C'est un beau drame qui met en perspective les commérages, le racisme et l'amour entre deux personnes qui n'ont pas grand chose en commun. Voir en 2015 cette vieille Allemagne donne un effet quelque peu sur-réaliste. C'est en tout cas certainement un des premiers films, d'une longue série (qui continue toujours, malheureusement), pour l'expiation de l'Allemagne. La pauvre Allemagne post-45, tellement raciste et mauvaise...
Film de Fassbinder qui fait réfléchir, le film défend de lourd préjugés, la haine, le racisme, mais aussi la peur de l'autre, cependant l'histoire manque de surprises et de rythme, la prestation des acteurs pour la plupart inconnus est totalement convaincante, d'un point de vue purement cinématographique certains plans sont vraiment superbes, les figures de styles quasiment présentes a chaque scène nous rappellent que l'on pourrait deviner ce qui va arriver, car malgré les lenteurs on s'attachent au personnages, on pardonne Ali, on plaint Emmi, on abhorre les voisines, bref les allemands sont vraiment bien caricaturés Fassbinder lui même se prête au jeu
Hymne à la tolérance, cet excellent film de Fassbinder traite du racisme et des préjugés liés à l"origine, mais aussi à l''âge. Cette histoire d'amour improbable entre une sexagénaire et un ouvrier marocain est prenante et émouvante. Un bon film qui fait réfléchir ...
Ce film d’une humanité extraordinaire décrit l’une des plus belles histoires d’amour racontées au cinéma, grâce au génie de simplicité de RW Fassbinder. Les silences en disent plus long que les mots, quelle réalisation subtile, quels dialogues justes, et les regards si vrais à travers la caméra de Fassbinder.
Dans ce film court et poignant, l'amour est mis à mal par le regard des autres, les préjugés, le racisme... Il montre à quel point il est impossible d'être "seuls contre tous", à quel point nous sommes influencés par le comportement des autres. Nos deux amoureux font aussi leurs erreurs : pas de manichéisme. Un beau drame, savamment mis en scène.
Avec "Tous les autres s'appellent Ali", Fassbinder livre un film réquisitoire contre les préjugés et stéréotypes de la population allemande à l'égard des travailleurs immigrés. Une charge que le titre français résume très bien, assignant à tous les autres, tous ces étrangers, une même identité. Le titre original "La peur ronge l'âme" ("Angst essen Seele auf") se veut plus corrosif, désignant ceux qui alimentent les phantasmes racistes comme responsables de leurs propres malheurs. Moins anodin qu'il n'y paraît au regard de l'histoire, dans une Allemagne dont la jeunesse se confrontait aux horreurs commise par la génération précédente. Cette animosité qui anime parfois l'autochtone envers celui qui vient d'ailleurs (et qui l'anime même souvent à voir la montée des populismes de droite en France et en Europe) est montrée brutalement, presque caricaturalement. Pas de la caricature pour rire mais pour appuyer, là où ça fait mal, accentuer la grossièreté et la bêtise auxquelles doit faire face Ali comme étranger et Emmi qui, bien qu'allemande, est sa compagne. Ils se confrontent à la famille, aux collègues, aux commerçants et voisins, c'est tout leur entourage social qui leur tombe dessus, éperdu d'insultes et de violences mal refoulées. Et après avoir noirci un tableau de nature déjà fort sombre, Fassbinder décide de secouer le cocotier et mise sur l'intelligence des protagonistes. Ali ne dit rien, il fait et donne à voir. Et les aigris de tout poil de voir et d'assimiler. Non,'"Ils ne sont pas tous comme ça", ce premier pas vers "Nous sommes tous des êtres humains. Certains sont mauvais.". "Si c'est un homme".... La brèche est ouverte, les sourires reviennent et chacun y retrouve un peu de son humanité. Un parti pris optimiste qui en demande (de l'optimisme) pour y croire mais qui fait du bien après toute cette violence.
Excellent mélodrame de Fasbbinder qui nous amène à réfléchir sur le racisme. Tout ici est présenté simplement mais avec beaucoup de réalisme et de froideur comme disent certaines critiques. Les deux acteurs principaux sont très bons. Ils expriment leurs émotions avec beaucoup de tact.
Un film qui a un poil vieilli, mais qui traite avec intérêt du racisme dans l'Allemagne des années 70. Une allemande d'une certain âge, veuve, accueille chez elle un Marocain puis l'épouse.