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Junk H.
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5,0
Publiée le 13 décembre 2023
Je fais partie des chanceux ayant pu le voir en 4d, et que dire a part que c etait un grand moment dans ma vie de cinephile. Ce fut incroyable, un film taillé pour la 4d, et probablement le meilleur Godzilla.
Avant toute chose, il faut préciser que l’on juge le film en tant que spectateur non japonais. En effet la créature de Godzilla fait partie intégrante de la culture et du folklore nippon depuis des décennies et régulièrement une nouvelle itération avec « la bête » en tête d’affiche sort dans les cinémas japonais. Si on ne compte pas ceux réalisés à Hollywood (celui de Roland Emmerich en 1998 et la saga du Monsterverse de la Warner depuis quelques années), Godzilla est à la tête de plus de trente films. C’est un peu l’équivalent oriental de notre James Bond britannique! Il fait partie intégrante du paysage cinématographique japonais qui a une manière bien à lui de le traiter et de l’appréhender dans ses productions; mais une manière qui n’est pas forcément adaptée au public occidental, hormis peut-être les fans hardcore de la bête. Cette précision a toute son importance dans la critique qui va suivre.
En effet, car si ce « Godzilla – Minus One » semblait prometteur de prime abord, on est vite déçu au niveau du grand spectacle (on compare forcément aux récentes et impressionnantes versions américaines en termes de grand spectacle et de séquences de destruction massive). Pareillement, le design de la bête prête un peu à rire, Godzilla semblant mal proportionné et animé de facon brinquebalante la plupart du temps en plus d’effets spéciaux parfois limites. Et que dire du jeu des acteurs qui nous apparaît souvent mauvais. Poussif et outré dans leurs réactions, on n’y croit pas une seule seconde... Ce qui est souvent l’apanage de certaines productions asiatiques mais qui est très (trop) marqué ici. Comme il est probable qu’à l’inverse, le jeu des occidentaux apparaît fade pour les japonais. Il n’empêche, difficile d’accrocher et de ne pas rire parfois alors que le sujet est sérieux ou que des événements ou rebondissements semblent gros et téléphonés (un personnage qui survit comme par magie par exemple). Idem quand la menace ne nous apparaît absolument pas menaçante mais, au contraire, amusante et qu’on n’adhère pas toujours à la prestation des acteurs. C’est donc compliqué... Très compliqué! On peut en effet trouver ces deux heures très longues et se demander ce qu’on est venu faire là.
Il faut cependant nuancer le propos à bien des égards. Par exemple, le budget de ce « Godzilla – Minus One » est de 15 M$ soit dix fois moins que ceux produits par le cousin américain. Il y a un début d’explication. Ensuite, tous les films mettant en scène le lézard géant ont en filigrane une critique de la société japonaise un peu comme certains films de zombies dans les années 80 (ceux de Romero en premier lieu). Ici, le contexte post-Seconde Guerre Mondiale est une valeur ajoutée qui donne un cachet indéniable et original au film. On y parle de soldats kamikazes et d’honneur mais aussi d’un pays complètement dévasté que les puissances étrangères ont laissé sur le tapis face à une menace dont ils sont un peu les instigateurs. Et puis on ne peut nier que quelques séquences sont réussies (les prémisses notamment, du meilleur effet) ainsi que quelques séquences de destruction correctes et relativement impressionnantes. Mais on trouve quand même ces deux heures longues et pas forcément adaptées à tous les publics. Pour amateurs donc...
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