Joachim Lafosse a puisé son inspiration dans ses souvenirs personnels pour créer ce film. Six jours, ce printemps-là est né de sa volonté de raconter un moment marquant de son enfance, celui où il a passé une semaine cachée avec sa mère et son frère jumeau. Ces vacances en cachette chez ses grands-parents paternels ont marqué un tournant dans sa vie, une période où il a pris conscience du déclassement social de sa mère après le divorce.
Joachim Lafosse avait déjà fait tourner Damien Bonnard dans Les Intranquilles (2021), où le comédien jouait un père de famille souffrant de troubles bipolaires. Le metteur en scène retrouve également Emmanuelle Devos, qui était la femme de Daniel Auteuil dans le glaçant Un silence.
Le choix des enfants était crucial pour le film, car ils devaient incarner des personnages à la fois lucides et innocents. Joachim Lafosse a sélectionné Théo et Leonis pour leur capacité à exprimer la gravité de la situation, tout en gardant une forme de spontanéité. Leurs réactions face aux scènes clés, comme celle du pique-nique, ont convaincu le réalisateur de la justesse de son choix.
Pour Six jours, ce printemps-là, Joachim Lafosse a voulu capturer une lumière qu’il n’avait jamais filmée auparavant. Habitué aux tournages en Belgique, il a choisi la côte d'Azur pour ses paysages lumineux et vibrants. Le tournage en décor naturel a été un vrai bonheur pour le réalisateur, qui a pu utiliser cette clarté pour renforcer la narration visuelle du film.
Eye Haïdara a été choisie pour incarner Sana grâce à sa capacité à enrichir le personnage de manière authentique. Joachim Lafosse avait besoin d'une actrice qui comprenait la complexité de Sana, notamment sa rébellion et sa force intérieure. Haïdara apporte une vitalité qui se reflète dans de nombreux aspects du film, en donnant vie à une femme complexe et résiliente.
Six jours, ce printemps-là a été réalisé avec des plans-séquence qui participent à créer une tension narrative. Lafosse a opté pour une caméra à l'épaule afin de capturer l'énergie des enfants et la sensualité du couple. Cette méthode a permis de renforcer l’aspect immersif du film, en plongeant les spectateurs dans un suspense émotionnel constant.
Le personnage de Sana est inspiré en partie par la mère de Joachim Lafosse, une femme rebelle et différente. Eye Haïdara a incarné ce rôle en s'inspirant de femmes modernes confrontées à des défis similaires après une séparation. Ce processus fait écho à une réalité sociale où les femmes doivent constamment réinventer leur vie et avancer malgré les difficultés.
La collaboration avec Reyn sur la bande sonore a permis de souligner la douceur et l'amour présents dans le film. Joachim Lafosse a voulu que la musique accompagne les souvenirs et émane une émotion subtile. Cette bande sonore participe à créer une ambiance mélancolique, une véritable "tristesse heureuse" qui teinte l'expérience du visionnage.