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2,0
Publiée le 6 juin 2026
Comme beaucoup de gens dans leur situation, Sara et Adam, qui ont quitté la Syrie, rêvent de rejoindre l'Angleterre pour y construire leur vie, mais le parcours n'est pas facile, entre les passeurs qui ne pensent qu'à l'argent et les autorités qui les traquent sans relâche. « L'enfant bélier » se déroule au cours d'une longue nuit durant laquelle les destins de ces jeunes parents et de policiers vont s'entremêler sur fond d'enjeux moraux et politiques. Une nuit de tous les dangers que Marta Bergman n'arrive jamais à faire vivre pleinement. Pour un sujet d'actualité sur une histoire forte, qui est en plus inspirée de faits réels, j'ai été surpris de voir l'incapacité de la réalisatrice à transmettre des émotions. Pourtant, ce n'est pas ce qui manque sur le papier entre la peur de ces gens, l'intensité de la course-poursuite, puis la détresse psychologique et le dilemme moral des personnes concernées par ce drame. Bref, un film plat, sans âme, amorphe et maladroit qui n'est pas à la hauteur des enjeux.
Lors de la présentation de L'enfant bélier au Festival Itinérances d'Alès, en avant-première, sa réalisatrice Marta Bergman a tenu à préciser que le film n'était pas le récit de faits réels. Toutefois, son film s’inspire librement d’un drame qui a ému la Belgique en 2018. Faute de savoir ce qui relève véritablement de la fiction, cette histoire ne peut que créer un véritable malaise, du même ordre, d'une certaine manière, que La voix de Hind Rajab, même si le contexte n'est absolument pas le même. spoiler: La cinéaste trace en parallèle les trajectoires d'un couple kurde avec leur bébé de deux ans et de représentants de la police belge de l'immigration. Choc frontal il y aura, le film ne laisse pas planer le mystère, mais la tension est constante et cette obsession du suspense, avant une tragédie, pourrait être considérée par certains comme obscène. À chacun de se faire sa propre opinion, sachant que le film ne délaisse pas l'humain, loin de là, des deux côtés des protagonistes. C'est bien entendu la réalité d'un système qui est stigmatisée, celui qui permet en premier lieu à des passeurs sans scrupules de profiter de la détresse d'une population de migrants qui remettent leur avenir entre leurs mains sales. Il manque peut-être une conclusion plus forte à ce film à la fois puissant et inconfortable, qui reste volontairement inabouti pour nous laisser nous dépêtrer avec nos propres interrogations.
Cette coproduction entre la Belgique et le Québec (chose assez peu commune dans le paysage cinématographique) entend revenir sur un fait divers ayant défrayé la chronique en Wallonie en 2018. Un enfant de migrant avait en effet trouvé la mort suite à un tir policier. Déjà, on a vraiment du mal à cerner la position de la cinéaste et de son équipe à l’écriture. Avec « L’enfant bélier », il est impossible de savoir pour qui ou quoi prend parti le film, laissant le spectateur dans une zone grise inconfortable et malhonnête. Le fond est éminemment politique et social puisqu’il s’agit ici de la traite d’êtres humains (donc ici de migrants) et d’immigration illégale. Si on sent tout de même que le film dénonce les passeurs et ledit trafic, impossible de savoir si ces clandestins et ces arrivées d’étrangers sur le sol européen sont pointés du doigts ou mis sous le sceau de la pitié et de l’empathie. Il est donc pratiquement évident que ce long-métrage ne fera bouger aucune ligne, les spectateurs opposés à l’immigration devraient l’être encore plus quand ceux qui y sont favorables éprouveront leur humanisme. Sur le fond, c’est donc une œuvre vaine qui s’annule d’elle-même. Et ajoutons à cela un script erratique qui ne sait pas quoi faire de son sujet et de ses personnages, tous mal écrits, malgré un jeu convaincant de Salim Kechiouche.
Cependant, le film n’est pas mauvais que sur le fond. La forme est elle aussi déplorable. Rarement, on a vu une œuvre aussi désagréable à regarder. Certes les décors sont forcément moches entre aires de repos anonymes, centre d’appel et camp de migrants. Marta Bergman en rajoute une couche avec une mise en scène sans aucune direction claire et dotée d’images profondément laides. « L’enfant bélier » est pénible à regarder. Et que dire de l’une des pires entames vues au cinéma de récente mémoire. Les vingt minutes inaugurales, immobiles dans la tente du couple de migrants (pour lequel on ne ressent absolument aucune compassion, les personnages étant détestables notamment la mère) sont vraiment un exemple de tout ce qu’il ne faut pas faire au cinéma. Ça s’améliore un peu par la suite en milieu de film, la partie traque développant quelques faits intéressants sur la manière d’agir de la police. Et quand le drame arrive c’est également un raté total de mise en scène, peu lisible et où l’aspect tragique ne nous prend jamais aux tripes. Les acteurs ne jouent en outre pas toujours juste ni de manière cohérente et le film se clôt ensuite de manière paresseuse et sans intérêt. Bref, voilà une heure et demie plutôt désagréable où on trouve le temps long et qui énerve plus qu’elle n’ouvre le débat. À éviter!
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Basé sur des faits réels qui se sont déroulés en Belgique, ce film relate le périple tragique de deux jeunes immigrés syrien avec leur bébé. La réalisation est très réussie avec beaucoup de réalisme. La réalisatrice a su traiter ce drame sans à priori vis à vis de la police et des immigrés en s’en tenant aux faits mais en démontrant bien le rôle exécrable des passeurs.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 12/02/2026 au Centre WALLONIE à PARIS)
Sara et Adam sont arrivés illégalement en Belgique avec leur petite fille de 2 ans, espérant rejoindre l’Angleterre. Entassés à l’arrière d’un véhicule, la peur semble prendre le pas sur l’espoir. Redouane est policier depuis 20 ans. Avec son équipe, toutes les nuits, il fait la chasse aux passeurs. Ce soir-là, alors que la voiture de police essaie d’arrêter la camionnette soupçonnée de transporter des migrants, tout bascule…
Vu en Belgique. Mission impossible que de convaincre sur un fait divers qui survient aux 2/3 du film. La douleur des parents, les (mauvaises) excuses de l'État, les états d'âme des policiers, les passeurs, tout cela est survolé. Dommage car l'histoire de cette famille est touchante et bien jouée
J'ai trouvé ce film plein d'humanité, ce qui est singulier sur un sujet aussi dur, malheureusement toujours d'actualité. Un regard féminin qui fait du bien. Je vous le recommande absolument.
Un thème grave et très actuel : les migrants. La réalisatrice parle d'un fait divers récent et fait monter la tension grâce à des acteurs excellents sur la situation. Chacun pourra se situer par rapport au sujet et à la vérité des personnages. Qui sort vainqueur, qui a raison ? pour le savoir, courez voir le film dès le 29/4!
Film scandaleux qui sert la version de la police passée dans tous les médias de l'époque et lors du procès, partisant, sans proposer de point de vue différent. spoiler: Un enfant de deux ans a été assassiné d'une balle en plein visage et la famille a été ensuite maltraitée et trainée dans la boue (lire à ce propos le dossier dans Ensemble n°114 de novembre 2024, la BD "Mawda, Autopsie d'un crime d'état" de Manu Scordia, les articles de Michel Bouffioux dans Paris Match et voir le film HOLD ON TO HER de Robin Vanbesien pour connaître les fais réels).
Bergman dit avoir juste voulu faire un film de fiction. Mais quand on s'empare de faits réels pour faire un film, et qu'on obtient des subsides pour cela, et qu'on embarque toute une équipe avec soi, la moindre des choses est de relater les faits tels qu'ils se sont passés. Sinon, on fait une fiction et on écrit une histoire à soi.
La version montrée dans ce film est indigne et d'une violence inconcevable pour la famille.
Sara (Zbeida Belhadjamor découverte dans le magnifique "Une histoire d’amour et de désir" de Leyla Bouzid) et Adam forment un jeune couple aimant qui se font passer pour des réfugiés syriens et espèrent gagner l’exil avec leur bébé Clara. Ils confient leur sort à des passeurs qui les embarquent à bord d’une camionnette qui traverse la Belgique. Leur chemin croisera celui d’une patrouille de policiers.
"L’Enfant bélier" est inspiré de faits réels qui s’étaient déroulés en Belgique en 2018. Une fillette kurde avait été tuée par un policier sur une autoroute belge après une course poursuite.
Il y avait plusieurs façons de raconter cette histoire. La réalisatrice belge Marta Bergman choisit le polar, en temps quasi-réel, filmé dans une nuit d’encre. On suit en parallèle la bande de réfugiés qui s’entassent à l’arrière d’une camionnette et la patrouille de policiers belges. On sait par avance que les deux se rencontreront inexorablement et on sait aussi, sans en connaître les détails, l’issue fatale de cette rencontre, sauf à être allé voir le film sans en avoir rien lu. Le suspense en est diminué d’autant.
La mort de Clara intervient aux deux tiers du film. Quelle place donner à l’après ? Le scénario choisit une cote mal taillée. Il aurait pu évoquer le procès – qui s’est soldé en Belgique par la condamnation du policier pour homicide involontaire à une peine de sursis réduite en appel de douze à dix mois et à la condamnation à la prison ferme pour trafics d’êtres humains du chauffeur et du passeur. Il n’en fait rien. Il s’arrête avant et suit deux fils. D’un côté celui de Sara et d’Adam, terrassés par le chagrin et la culpabilité, que l’Etat belge, inquiet du retentissement médiatique de l’affaire, essaie d’amadouer. De l’autre celui de Redouane (Salim Kechiouche vu dans les deux chapitres de "Mektoub My Love"), l’auteur du tir meurtrier, rongé par la culpabilité.
"L’Enfant bélier" n’est pas un film très novateur. On a déjà vu, notamment chez les Dardenne, des réfugiés confrontés à des dilemmes moraux. On pense aussi à "Welcome" de Philippe Lioret ou à "Ils sont vivants" de Jérémie Elkaïm qui filmaient des réfugiés à Calais en attente d’un hypothétique passage vers l’Angleterre. Il n’en reste pas moins un film juste et fort, condamné hélas, faute d’avoir été produit par une chaîne de télévision, faute d’avoir été sélectionné dans un grand festival qui lui aurait donné plus de notoriété, faute d’avoir trouvé sa place en salles, à une quasi-invisibilité. L’équipe du film en est d’autant plus méritante d’avoir hier soir « fait le job » devant un public clairsemé à l’Espace Saint-Michel.
Film assez brouillon, qui ne détaille pas vraiment la personnalité des protagonistes (le couple et les policiers). La réalisation est assez lente et une interprétation sans relief
Je ne savais pas à quoi m’attendre avant de rentrer dans la salle, ce qui est sûr, c’est que le film m’a beaucoup surpris ! (et plu par la même occasion)
Un film indépendant évoquant des thématiques comme l’immigration, la violence policière ou encore le deuil (je suis assez vague, c’est pour ne rien révéler). Tout cela représenté avec une tension saisissante du début à la fin, et un montage qui alterne entre le point de vue des policiers et celui des migrants. Ces aspects du film, je les ai vraiment aimés. Le scénario m’a vraiment surpris (surtout quand on sait qu’il a été écrit en s’inspirant de plusieurs faits réels), et j’ai trouvé la mise en scène intéressante, notamment grâce à l’utilisation de plans serrés pour montrer l’intimité des personnages et aussi pour bien nous immerger dans l’œuvre.
J’ai assisté à une séance en avant-première avec la présence de la réalisatrice, c’est la première fois que je fais ce genre de séance et c’était vraiment intéressant. J’ai pu constater des affirmations sur quelques réflexions que j’ai eues après le film (comme la fin, le titre ou encore le non-manichéisme du film), mais j’ai également appris des choses comme le fait qu’il y a un mélange d’acteurs professionnels et non professionnels, je trouvais que ça ne se voyait pas trop car, globalement, la direction d’acteurs est réussie.
Sorti déçu car si les images sont aussi magnifiques qu'improbables, les deux filles qui content l'histoire et les adultes surjouent ou jouent de façon trop artificielle. Dommage, vraiment dommage... et surprenant car les trois derniers films de Gilles de Maistre mêlant également enfants et animaux, Moon le panda, Le dernier jaguar et Mia le lion blanc, n'avaient pas rencontrés les mêmes défauts. Reste les autruches, vraiment très bonnes actrices (!) et leurs étonnantes interactions, remarquablement filmées, avec le petit, moyen ou grand enfant, chacun des trois jouant en revanche très bien leur partition respective NB : Tirée d'une histoire incroyablement vraie
Vu en avant-première en présence de la réalisatrice, suivie d’un échange particulièrement intéressant et très enrichissant. Un film intense et tragique, porté par une grande sensibilité, où affleure même une certaine sensualité.
Pour changer une histoire triste et "vrai" mais je ne peut que salué le travail de la police , des douaniers et de tout les gens qui luttent contre l'immigrations illégale et si les politiques lutté réellement contre l'immigration illégale ce genre de drame n'existerais plus . Pour évité par la suite des drame luttons en ne privilégiant aucun illégaux car c'est dans le fond ce qui alimente les filières clandestine car elles trouvent toujours des personnes ou des politiques qui ferons finalement leurs jeux .* Ceci est factuel .