Chroniques d'Haïfa - Histoires palestiniennes
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Chroniques d'Haïfa - Histoires palestiniennes" et de son tournage !

La naissance du projet

Tout a commencé par une phrase entendue par Scandar Copti durant son adolescence. Une mère conseillait à son fils : "Ne laisse jamais une femme te dire ce que tu dois faire". Cette remarque anodine a marqué le réalisateur, révélant la profondeur du patriarcat intégré dans les mentalités. Il a alors commencé à réfléchir à la manière dont ces injonctions façonnent les rapports humains, y compris chez ceux qui en sont victimes.

Plus tard, ses études ont renforcé cette analyse, en observant comment la société israélienne elle-même entretient ce système à travers ses récits, ses rituels, sa militarisation. Chroniques d’Haïfa est ainsi né de cette volonté : explorer comment les structures sociales manipulent les croyances, les émotions, et même l’identité.

Un casting exclusivement non-professionnel

Copti a choisi uniquement des personnes issues de la vie réelle pour interpréter les rôles. Un médecin joue un médecin, une enseignante joue une enseignante, etc. Ce choix vise à éliminer toute forme d’artifice dans les performances. Les acteurs n'ont jamais lu le scénario : leurs répliques naissent de l’instant présent. Ce procédé renforce la véracité des dialogues et des émotions. Les personnages semblent ainsi réellement habiter l’univers du film.

Un tournage chronologique

Chroniques d'Haïfa a été tourné dans l’ordre exact du récit, ce qui est rare dans le cinéma. Cela a permis aux acteurs de vivre l’évolution de leurs personnages en temps réel. Par ailleurs, deux caméras portées suivaient les comédiens de très près, comme dans un documentaire. Ce dispositif visait à capter l’intensité des scènes sans jamais les figer. L’équipe technique, extrêmement réduite, restait quasi invisible pour ne pas perturber le naturel des acteurs. Il n’y avait ni projecteurs ni perches pour conserver une ambiance intime.

Un récit à points de vue multiples

Contrairement aux films chorals classiques, Chroniques d’Haïfa ne donne pas une vision globale. Le spectateur découvre les événements du point de vue d’un seul personnage à la fois. Ce choix induit des interprétations partielles, parfois erronées. Plus tard, un changement de perspective éclaire différemment les mêmes scènes. Ce procédé a pour but de déstabiliser le spectateur et l’obliger à remettre en question ses jugements. Il devient ainsi complice d’un processus d’introspection sur ses propres préjugés.

Une immersion dans la vie quotidienne israélo-palestinienne

Les scènes des Chroniques d'Haïfa sont inspirées de faits réels vécus par le réalisateur Scandar Copti ou entendus dans son entourage. Chaque personnage et chaque conflit reflète une situation fréquente en Palestine ou en Israël. Le film aborde les enjeux sociétaux à travers des éléments ordinaires : famille, école, travail. Même les fêtes juives, omniprésentes, deviennent des marqueurs d’oppression indirecte. En filmant le quotidien sans artifice, Copti a voulu révéler les tensions invisibles et les oppressions intériorisées. Cette approche documentaire donne au film une portée politique forte.

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