Cassandre
Note moyenne
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Fiers R.
Fiers R.

203 abonnés 871 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 avril 2025
Réaliser un film sur sa propre histoire fonctionne souvent comme un geste de partage et d’introspection. Lorsque dans ce passé figure un trauma, on peut assumer que ledit geste s’apparente à une thérapie, une démarche cathartique. Dans « Cassandre » ce trauma est l’inceste, un sujet qui commence à se démocratiser au cinéma (et dans la société) après des décennies de silence. Mais, surtout, c’est un sujet difficile à appréhender tout comme peut l’être, dans le même genre, la pédophilie. Il faut beaucoup de tact et de précaution pour ne pas tomber dans le glauque et parvenir à dénoncer avec finesse. Des œuvres réussies comme « Les Chatouilles » et « Le Consentement » ont réussi ce challenge et « Cassandre » s’ajoute à cette liste avec des partis pris étonnants et osés. Pour un premier film, Hélène Merlin ne peut que s’attirer les louanges en parlant de ce sujet abrasif et peu courant au cinéma (surtout qu’ici il s’agit d’inceste entre frère et sœur).

La cinéaste a deux atouts prépondérants dans sa manche. Le premier est son extraordinaire actrice principale. La jeune Billie Blain irradie tout le film de sa ténacité, de sa résilience et de sa force de caractère. Aperçue dans « Le Règne animal », elle se révèle totalement ici. Sa beauté et sa pugnacité sont admirables et elle est aussi crédible dans l’insouciance de l’adolescence que dans la douleur et les interrogations en rapport avec ce qu’elle subit. Le seul reproche qu’on pourrait lui faire n’est pas de son fait : elle fait un peu âgée pour jouer cette jeune adolescente (elle a vingt ans pour un rôle de quatorze ans) mais on passe outre très facilement. À ses côtés Éric Ruf et Zabou Breitman campent un couple de parents azimutés inattendu et peu commun avec beaucoup de réussite.

L’autre qualité de « Cassandre », un peu plus surprenante celle-là, provient de la tonalité choisie et proposée par la jeune cinéaste. En brossant le portrait de cette famille bourgeoise dans une patine rétro et, surtout, sous le ton de la légèreté, Merlin casse les codes attendus pour un tel sujet. On n’est pas non plus dans la comédie, mais la manière dont la cinéaste représente cette famille (la sienne donc) entre peinture au vitriol et chronique décalée aux contours vindicatifs est inattendue. Et salvatrice. Elle prouve qu’on peut parler de sujets durs avec un certain détachement et une légèreté qui permettent de passer outre la dureté de certaines séquences. Par la même occasion, elle montre bien les mécanismes tels que le déni, la dissociation ou le relativisme hypocrite de la famille à une époque où régnait encore l’omerta sur ce type de drame.

Réalisé avec soin dans un écrin à l’ancienne, perclus de répliques parfois drôles et de moments plus tendres, « Cassandre » parle de ce sujet avec beaucoup de puissance dramatique alors que le tout semble vraiment axé le décalage entre ce qui se passe et la manière décalée dont les choses sont présentées. Un tour de force donc. L’ensemble n’est est que plus touchant et percutant et même si la fin est un peu abrupte et frustrante, voilà un bel objet de cinéma téméraire et rare qui met la lumière sur un sujet encore bien trop tabou.

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Florine Pigny
Florine Pigny

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 avril 2025
Je recommande chaudement ! (Ceci dit, n'y allez pas et prévoyez une ou deux heures pour en discuter ensuite)
Ca parle de climat incestuel et plus largement de famille dysfonctionnelle, et de comment on se contruit avec / on s'échappe de ça. C'est ouf de réalisme, dans le sens où ça ne verse vraiment pas dans l'érotisme ni dans le pathos, où rien n'est manichéen, où les personnages ne sont pas enfermés dans des rôles de victime et de bourreau.
J'ai vraiment beaucoup ri (d'un rire grinçant et libérateur), ça faisait du bien de voit ça à l'écran !
Je n'en reviens pas qu'il s'agisse d'un premier film, tant tout est admirablement maîtrisé (la construction de l'histoire, les cadrages, les lumières, la psychologie des personnages, le rythme...).
Bref, un grand bravo pour un film d'utilité publique !
Vito G.
Vito G.

6 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 avril 2025
un premier film magnifique cette œuvre de Hélène Merlin. le sujet est délicat mais je trouve que Merlin le traite super bien sans faire devenir le film un drama. Zabou Breitman en mère envahissante et excentrique est genialissime
bravo Hélène Merlin.
je_ne_suis_pas
je_ne_suis_pas

16 abonnés 67 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 avril 2025
Que dire de ce film. J'ai vraiment peur de ne pas employer les bons mots donc je ne parlerai que de mon ressenti. Il m'a bouleversé, après plusieurs jours il me hante encore. Mais je suis contente qu'il existe et de l'avoir vu m'a permis de prendre conscience ce qu'est l'inceste dans ce cas de figure, il m'a ouvert l'esprit.
Nicolas de Boyer de Camprieu
Nicolas de Boyer de Camprieu

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 avril 2025
Chère Hélène Merlin, si Merlin est un enchanteur et bien vous chantez merveilleusement bien et de façon juste, les forces et les ressources, tapies dans l'ombre des traumatismes. Votre intervention ce soir dans ce chouette cinéma nuiton, jolie hétérotopie, était merveilleuse. Vous êtes en 3 D, Droite, Digne, Debout. A l'instar de ce tatouage symbolique, véritable kintsugi de force et de résilience, vous avez transformé, métabolisé, sublimé, les cicatrices de votre histoire, sans pour autant les cacher, mais en les consolidant de poudre d'or et d'époxy. Je n'ai pas osé vous poser la question ce soir, peut-être la lirez vous ici. Comme vous l'avez justement souligné, nous portons de façon consciente et souvent inconsciente le poids des secrets générationnels et sommes abasourdis par l'insupportable aspect oxymorique du bruit du silence. Un secret tu est l'indicible d'une génération qui devient l'innommable de la génération suivante pour enfin terminer en l'impensable de la génération d'après. La porte de sortie et d'expression de l'impensable peut être le corps, en manifestation somatique ou bien des actes. Dans ce film, vous dites l'indicible, vous nommez l'innommable et vous pensez l'impensable. Mieux que ça vous montrer l'immontrable et vous le manifestez au travers de la musique, des plans, des mots et de mille choses subtiles comme cette marionnette qui tend la main vers son hôte incarné. La question est, est-ce que vous pensez que le travail thérapeutique et cinématographique permet de limiter les risques de transmissions de ces mémoires traumatiques teintées de secrets ? Ou mieux, de transmettre ces mémoires cellulaires et émotionnelles grandies d'un enseignement transformant, transformé par le chemin vers le pardon, par la résilience et la parole ? Soigner le présent, restaurer le passé et adoucir le futur, sont, j'ai envie de le croire, les incroyables effets de la mise en lumière des traumatismes, du pardon et de la prise de conscience de l'insoutenable fréquence de survenue des agressions et des non-respects du consentement.
En deux mots : bravo et merci. Merci pour tout ce que votre témoignage peut réparer et guider vers une lumière chaude et bienveillante.
zendxx
zendxx

24 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 avril 2025
Une vraie claque ! La représentation du climat incestuel y est glaçante de réalisme.
J'ai eu mal au ventre du début à la fin tant les scènes qui s'enchaînent étaient dérangeantes et proche de la réalité.
On est forcément dans un sujet émouvant et tellement touchant mais le point de vue adopté rend tout tellement proche.
Les acteurs sont excellents. Au tout début du film j'ai eu du mal avec le ton des personnages mais j'ai été tellement prise dans les actions que cette petite gêne a très vite été gommé.
On aurait pu tomber dans quelque chose de cliché ou de too much mais je trouve qu'au contraire il est très juste et présente bien les pressions psychologiques et les reproductions de schéma familiaux inconscient.
Shawn777

805 abonnés 3 935 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 avril 2025
Coming of age pour le moins compliqué et traumatisant que raconte ce premier long-métrage d'Hélène Merlin qui ne laissera certainement pas indifférent ! D'autant plus que je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre si ce n'est à un teen movie un peu dramatique et résumer la chose ainsi serait assez grossier. Non, nous suivons plus précisément ici une adolescente qui trouve refuge dans un centre équestre, étant un réel échappatoire face à sa famille pour le moins toxique. Effectivement, entre une mère faussement cool, un père ex-militaire particulièrement rigide et un frère qui... je vous laisse la surprise, Cassandre n'a pas vraiment de quoi s'épanouir correctement. Et c'est d'autant plus intéressant qu'elle a toujours vécue enfermée dans ce cocon toxique (le film rappelle d'ailleurs quelques fois "Canine" en moins radical bien-sûr) où sont légion ces valeurs morales passéistes, conservatrices et réactionnaires puisque lorsqu'elle sort du nid familial, c'est pour aller dans une école privée très stricte où si les règles ne sont pas traumatisantes, elles ne sont sûrement pas bien joyeuses. Et le film est particulièrement malin puisqu'en tant que spectateur extérieur, on s'identifie à Cassandre qui, quant à elle trouve la plupart des situations normales (jusqu'à un certain point). Ce qui instaure un malaise réellement palpable. Et j'avais un peu peur que le film en fasse trop, notamment en sur-écrivant ses personnages (en particulier le père qui est au bord de la caricature) mais le film instaure ce malaise dans des situations bien banales, comme des détails ; comme par exemple le fait que les membres de la famille se baladent nus la plupart du temps ou encore que tout le monde commence à manger une fois que le père a prit la première bouchée. Encore, ce sont des éléments qui auraient pu être relativement banals dans une certaine mesure mais il y a constamment cette ambiance oppressante et dérangeante que le film parvient à tenir du début à la fin, d'autant plus appuyée à partir du moment où un membre extérieur - l'amie de Cassandre - met un pied au sein de cette famille dysfonctionnelle. Un repas qui aurait dû être bateau se transforme alors en une véritable épreuve pour cette amie qui s'en prend plein la tronche sur un ton passif-agressif. Et puis, on a l'éléphant au milieu de la pièce, la relation entre le frère et la sœur qui fait tomber le film dans le dérangeant le plus complet en plus de mettre en lumière tous les non-dits soigneusement cachés sous le tapis par les parents. À ce propos, la mise en scène participe également à cette révélation, comme par exemple l'écran qui s'agrandi, analogie de secrets qui font surface petit à petit autant que la prise de conscience de Cassandre, sortant progressivement de ce carcan toxique. "Cassandre" est donc un film très riche qui possède cependant quelques baisses de rythme par moment, ne ternissant pas pour autant le propos du film ni la manière dont il est mis en scène.
Arthur Brondy
Arthur Brondy

300 abonnés 1 440 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 avril 2025
À l’été 98, Cassandre retrouve sa famille : son père colonel de gendarmerie, sa mère, femme au foyer et son grand frère, qui se cherche un avenir. Elle évolue dans une éducation stricte de son père. Sa relation avec son frère va prendre un tournant lorsque celui ci va constater que sa sœur a grandit, évoluée. Le film raconte une époque où l’inceste était tabou, la parole des femmes méprisée. C’est pesant, douloureux, parfois difficile à suivre - la réalisatrice fait le choix de troubler le spectateur, comme une immersion dans la tête de Cassandre. En soit, cet aspect est tenu.
bhsamah
bhsamah

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 avril 2025
Magnifique film d'Hélène Merlin sur la question de l'inceste, de la famille incestuelle, c'est très bien documenté, fin, et c'est par de nombreux moments léger ( oui ! ), drôle, je le recommande :)
Mila Prieur
Mila Prieur

1 abonné 2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 avril 2025
Un film très important, explicitant clairement et simplement différents mécanismes d’inceste et d’incestualité, encore trop peu montrer sur grand écran. Un film qui respire, le sujet est traité au travers de l’humour, de la poésie, de la pudeur. Le film est construit avec beaucoup d’intelligence et de finesse. Un film nécessaire.
Frédérique Martin
Frédérique Martin

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 avril 2025
Un film qui traite d'un sujet tabou avec tant de délicatesse et de subtilité. Les comédiens sont tous remarquables et la musique incroyable. Une très belle découverte qu'il faut à tout prix aller voir. On en ressort bouleversé.
Un immense BRAVO.
Simon Bernard
Simon Bernard

206 abonnés 689 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 avril 2025
Cassandre est une adolescente vivant dans une famille très spéciale. Attaché à son éducation militaire, son père est une sorte de faux-génie caché strict qui sait tout mieux que tout le monde. Sa mère est une ancienne militante complètement gaga de son fils ainé et ce dernier entretient une relation étrange avec sa soeur depuis qu'elle a passé la puberté. En salle le 2 avril.

spoiler: "Cassandre" est une petite pépite qui parvient à trouver le ton juste malgré la gravité du sujet qu'il aborde. Baigné d'humour et de burlesque pendant sa première partie, le film ne cesse de nous emmener progressivement dans les sombres réflexes d'une génération meurtrie par les abus et qui les justifie par la suite. Le spectateur est mis face à un florilège de situations parfois amusantes, souvent embarrassantes, parfois terrifiantes. La famille est présentée comme le terreau fertile aux abus. Cassandre est une victime mais n'est pas passive pour autant et l'on nous explique pourquoi elle fait ses choix.
Audrey Blanchard
Audrey Blanchard

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 avril 2025
Film indispensable , a voir absolument, qui traite avec justesse des climats incestueux et de leurs conséquences
romain42000
romain42000

14 abonnés 213 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 avril 2025
Une intrigue originale pour aborder un sujet souvent tabou et pourtant bien réel. Des scènes malaisante, assumée, remarquablement bien interprétées par une Billie Blain aussi attachante que désarmante.
B M
B M

1 abonné 19 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 avril 2025
Une belle surprise du cinéma français, vue sur le tard.

C'est un drame avec un traitement reposant sur des ressorts non pas comiques mais satiriques.
Au sujet de la pédophilie incestueuse frère/sœur ce mode de traitement, sorte de déclinaison de la comédie italienne des 60/70's adaptée au thème, est donc franchement original et trace une frontière morale guidant la main du spectateur, fil d'Ariane bien utile dans un brouillard orageux de non-dits. Il y a tant de flous relationnels à l'intérieur de chaque relation bilatérale du quatuor familial !

La jeune actrice Blain porte avec brio le poids de la vraisemblance émotionnelle. Sa contrepartie antagoniste est incarnée par un jeune acteur Lesieur (plus crédible dans l' âge censé avoir - 18 ans) qui fait et feint l'abruti immature avec un naturel génial, pervers par vice de caractère et perverti par des parents dont l'aveuglement maternel trouve des appuis foldingues chez une Breitman inspirée et un Ruf qui pourrait paraître tiré par les cheveux chez ceux qui ont la chance de ne pas avoir de général otanien de mentalité néo-coloniale réseau Focard dans leur famille (tel un clone made in France du mari officiel de Bella Baxter de "Pauvres créatures") mais pas aux autres.

L'ouverture des scènes sur les personnages extérieurs à la famille amène leurs étonnements sur ce qui nous paraît étrangement normal à cause de notre empathie avec l'actrice.
Leur réaction positive est un heureux hasard que toutes les victimes ne rencontrent pas.
Cette porte de sortie a une saveur romanesque de destin salvateur qui franchit le temps et l'écran notamment via un tatouage (associée à une légende) reproduit sur le bras du personnage de la réalisatrice devenue Femme (muet, comme encore gamine pour revivre cette période). A ce propos le lien entre la mère qui modélise des marionnettes (dont quelques visages émaillent les décors) avec les scènes où l'actrice jouant Merlin adulte en manipule une se mouvant selon les fils de sa voix off ne nous sort pas du propos mais au contraire cloue en délicatesse notre immersion dans sa propre crucifixion adolescente.

"Tout ce qui n'est pas dit est répété". Bruno Clavier
Il y pas mal d'année en arrière la performance de Gilles Lellouche en alcoolique dans "Un singe sur le dos" avait permis à ce film des nombreuses diffusions en centres de désintoxication.
Cassandre à toutes les qualités pour nourrir à large échelle en collèges la libération de la parole. Ce serait plus constructif que du prosélytisme en maternelle détaillant le nuanciers des pratiques sx mimées par des drags.
Le film n'est pas cru à moins de souffrir de pudibonderie excessive. Des moues réprobatrices condamnant la mise en image seraient vulgaires. Si MeToo a percolé, les chuts de silence visent maintenant la qualité des histoires densifiant son ampleur. Tant mieux ; il y en a de si mauvaises ou qui se tirent une balle dans le pied... Pas ici. On est à l'opposé. C'est encore sur les écrans : allez-y.
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