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Romain Paradis
4 abonnés
32 critiques
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2,5
Publiée le 29 juillet 2026
Jamais une oeuvre n'aura autant marqué par ses problèmes de ton. C'est simple tous les personnages semblent venir de films différents : Le frère se croit dans les Tuche (coin coin), la mère se croit dans Neuilly sa mère (hilarante Zabou Breitman qui balance des horreurs sur un ton jovial dans l'indifférence générale), le père se croit dans Taxi 2, tandis que l'autrice réalisatrice tente de raconter un lourd trauma familial au travers du personnage de la fille. Conséquence inévitable, on se croit dans une comédie pendant 30 min jusqu'à ce que le sordide survienne soudain comme un cheveu sur la soupe. Dommage, le sujet méritait meilleur traitement. A sauver : l'interprétation et des séquences de pantin d'une poésie bienvenue face l'horreur.
Le ton du film est badin (la mère très à l'aise avec la nudité racontant des trucs salaces, une voix off qui ne dramatise rien) mais le fond du thème principal abordé est tragique. Ce décalage est au final gênant.
Le film dérange suffisamment pour coller à son sujet trop absent du cinéma. Le climat incestuel de la famille est suffocant et les acteurs le rendent bien. Zabou Breitman et Éric Ruf sont parfaits en parents toxiques et les jeunes acteurs excellents. Guillaume Gouix trouve le ton juste pour incarner le seul repere sain dans l’histoire. Une grande réussite.
Portrait malaisant mais filmé avec bcp de délicatesse d’une famille dysfonctionnelle à travers le regard d’une ado victime d’inceste, porté par un casting excellent.
Ce drame traitant d’un sujet pourtant lourd et délicat – les relations incestueuses et les dommages que cela occasionnent dans le cadre familial » ne délaisse pas la forme pour autant. Ce premier film de la réalisatrice Hélène Merlin offre une mise en scène à l’esthétique travaillée tout en restant sobre, trouvant grâce à également à une écriture imparable un ton singulier à l’ensemble interprété avec conviction par une distribution de qualité. Ce récit dévoilant les rouages de l’inceste garde à l’image de son personnage principal la tête haute.
Cassandre est un film audacieux mais aussi dérangeant, car le film au début ne pose pas tout suite l horreur, le malaise, diffus tout au long du film. La présentation de la famille est assez drôle et assez bienveillant, mais on s aperçoit petit à petit que quelque chose cloche, une sorte de confusion règne et transparaît sur l héroïne. La petite Cassandre qui n arrivé pas elle même a mettre des mots sur ce qu elle lui arrive. Le thème principal et l horreur qu elle subit n est jamais explicite, seulement sur des gestes, des regards, rien ́n est frontal. en scène est équilibrée, 2 unités de lieu sont prépondérant dans le film , le domicile familial une sorte de manoir assez glauque mais aussi le centre équestre qui est la véritable respiration de Cassandre. C est tout de même un film choc de par le thème choisit mais qui au final est une belle fin.
J’ai découvert Cassandre lors d’un ciné-débat avec la réalisatrice, et c’est un film qui ne me quittera pas de sitôt. Il aborde l’inceste et le climat incestuel avec une finesse, une justesse et une sensibilité rares. Rien n’est appuyé, tout est suggéré, incarné, ressenti — et c’est ce qui rend le film aussi puissant.
Les acteurs sont exceptionnels, profondément incarnés (le père est incroyable ! Terrifiant et touchant en même temps ). L’écriture est brillante, pleine de métaphores, d’humour noir, de poésie, et d’une humanité bouleversante. On traverse avec le personnage un mélange d’émotions intenses : peur, gêne, tendresse, colère, moments de joie fugace… On est littéralement dans sa peau, grâce à une caméra d’une grande intimité et une mise en scène maîtrisée, avec des ralentis superbes.
C’est un film qui parle de la complexité de ces situations, sans jamais simplifier ni juger. Et malgré la gravité du sujet, il offre une note d’espoir et de liberté qui résonne longtemps après la séance.
Pour moi, Cassandre est un très grand film, nécessaire, courageux, et profondément touchant. Il mérite d’être vu par le plus grand nombre. Il est désormais disponible en VOD : n’hésitez surtout pas à le découvrir. ❤️
Cassandre est de ces films qui ne cherchent pas le spectaculaire pour dire la violence : ils l’installent, doucement, insidieusement, dans les silences, les gestes, les héritages familiaux qui n’ont jamais été soignés. Ici, pas de coups portés, pas de cris qui éclatent, pas de verres brisés mais un climat incestuel qui s’insinue dans les générations comme une ombre dont personne ne sait vraiment se défaire. Des enfants écorchés devenus adultes blessés, répétant malgré eux ce qui n’a jamais été réparé.
Et pourtant, il y a de la lumière. De la joie même. Mais une joie qui cohabite avec l’indicible, une joie qui tente de masquer ce qui déborde. J’ai passé le film en apnée, bouleversée par la justesse des symboliques, des mots, de ces détails qui disent tout sans jamais appuyer.
Cassandre rappelle que la violence n’a pas toujours de visage. Qu’elle ne se hurle pas forcément : parfois, elle se glisse dans les murs, dans les gestes quotidiens, dans ce qui devrait protéger et qui finit par enfermer.
Je suis sortie de la salle avec un mélange d’émotion et de lucidité. Avec l’envie profonde de prendre soin, d’aimer, de veiller. Comme si ce film venait chuchoter à chacun : « tu peux décider d’arrêter la chaîne ».
Un film nécessaire, puissant, qui continue de résonner longtemps après les lumières rallumées.
Un bijou. Même en le visionnant 10 fois, il serait impossible d’en saisir toutes les subtilités visuelles, auditives, contextuelles…tous ces détails savamment pensés pour plonger le spectateur dans le dysfonctionnement familial. D’une richesse incroyable. Déconstruire pour reconstruire un monde à l’endroit. Merci Hélène Merlin.
J'ai adoré ce film. Les acteurs sont formidables et l'actrice qui joue Cassandre exceptionnelle. Durant tout le film. un mal être persistant et Cassandre finira par succomber.
Film touchant qui sait illustrer avec finesse et justesse la toxicité d'une famille destructrice pour une jeune adolescente au point de la marquer à vie. L intermittence des scènes avec la marionnette dont la dernière, apporte une touche poétique et forte à cela. On ressent cette douleur muette, permanente, cette honte aussi, cette difficulté à se sentir du coup intégrée et en même temps cette bouée de sauvetage indispensable apportée par des personnes extérieures plus "normales" et bienveillantes. Le jeu des acteurs est formidable.
C’est la première fois que je reconnais le vrai tabou, le malsain aussi bien interprété dans un film. Ça peut bousculer et ça peut paraître irréel mais des familles comme cela il en existe oui et les victimes ne sont pas forcément écoutées … on s’attend à ce que les parents réagissent comme des parents devraient le faire mais non dans la réalité ce n’est pas toujours comme ça et c’est pour ces raisons que des victimes sa taisent à jamais !
Hélène Merlin pour son premier film, autobiographique, traite de la relation incestueuse qu’elle a subi par son frère. Très vite, elle décrit une famille dysfonctionnelle où les abus sexuels font partie de l’histoire de familiale. La fille de la famille en sera la prochaine victime. La réalisatrice décrypte les rouages terribles et secrets d’une agression qui se met en place et qui semble inéluctable. Dans cette famille petit bourgeois de province entre un père militaire rigide et obsessionnel et une mère étouffante, hystérique et collé à son grand fils ; spoiler: tout ce petit monde respire la névrose, et le terreau est fertile pour un grand frère attiré par sa sœur. Si on ajoute à cela que l’intimité, la pudeur et la sexualité de tous sont livrés en pâture à la famille, le tableau est complet et on comprend aussi très vite l’absence des deux sœurs ainées ayant vite quittées le foyer. Derrière l’ambivalence des attitudes de la jeune victime, c’est bien une forme de souffrance qui s’exprime, et celle-ci peut conforter l’auteur dans son récit ; mais Hélène Vincent n’a quant à elle pas d’ambiguïté et ne se trompe pas de victime. Les coupables sont bien les parents ici. Mais c’est avant tout sur la forme que ce film affiche sa différence, entre conte noir et récit biographique. Hélène Vincent choisit sans cesse le pas de côté pour restituer l’indicible, le décalage et l’humour grinçant. Même si rien n’est mis sous le tapis, on n’est pas dans un réalisme frontal. Ce film est donc plus abouti et plus puissant que « Les chatouilles ». L’esthétique très pop en plus de cette tonalité parfois burlesque dilue le sujet ; puis l’instant d’après on n’est rattrapé par soit des dialogues soit des scènes brutes de décoffrage. A la fin du film, on reste interloqué par ce que l’on vient de voir ; avec des sentiments très ambivalents. Un sujet fort, du talent et de l’audace dans les choix artistiques… pour un film qui m’a laissé sans voix.
Le visionnage est pénible, parce que les personnages sont affreusement réalistes. Le film amène à une réflexion simple mais clair sur son sujet : l'importance de l'éducation, de la vigilance et du bon sens. Qui ici aura échappé de bout en bout aux concernés, du point de vue spectateur. Et c'est malheureux parce que le ressenti est qu'ils pensent bien faire, pensent être de bons parents. En ce sens le film est particulièrement efficace et touche sa cible avec sensibilité, bravo.
Les personnages secondaires à la famille le restent jusqu'au bout ce qui est un peu dommage mais dans l'ensemble malgré un sujet qui me rebute particulièrement au cinéma il y a une vraie réflexion et une sacré direction d'acteurs.