CASSANDRE - Helene Merlin | ⭐️ 6,5/10
Un insert en début de film nous prévient que l'histoire est librement inspirée de faits réels. C'est effectivement sa propre histoire que la réalisatrice adapte ici à l'écran dans un premier film singulier et audacieux. L'histoire d'une adolescence, le temps d'un été en 1998, au sein d'une famille bourgeoise composée de parents toxiques et d'un frère incestueux.
Le film s'appuie sur un casting solide. Florent Lesieur incarne un grand frère benêt et surcouvé, malaisant à souhait, Guillaume Gouix, un moniteur d'équitation tout en bienveillance. Et si la jeune actrice principale, Billie Blain, est tout à fait épatante, dans ce rôle de jeune fille qui fait tout pour garder la tête hors de l'eau, Zabou Breitman, elle, peine quelque peu à convaincre en mère dysfonctionnelle, tant elle semble un peu trop calquer son interprétation sur son personnage de Margarete de Beaulieu, psychothérapeute déviante dans la formidable et hilarante émission de radio parodique "À votre écoute, coûte que coûte", qu'elle partageait avec Laurent Lafitte sur France Inter.
L'on pense également nécessairement au film d'Andrea Bescond, Les Chatouilles, avec ces parenthèses sur fond noir où l'Art est utilisé pour symboliser le trauma et la reconstruction, non pas par la danse ici, mais avec une marionnette à l'expression bouleversante.
Le ton léger et décalé se rapprochant de celui de la comédie ne se marrie pas toujours très bien avec la gravité du sujet abordé par ailleurs et ce mélange de tons pourrait être accusé d'atténuer l'impact du film.
Mais il faut tout de même saluer l'originalité avec laquelle est traité ce thème ainsi que le courage d'aborder l'inceste de manière plus complexe qu'habituellement au cinéma, en osant soulever, sans concessions, des questions comme la dissociation ou le "coping", et ses différents mécanismes mis en place par la victime pour survivre, comme la soumission apparente.
Ma page ciné instagram : fenetre_sur_salle