Arnold, une souris au chômage, traverse une crise existentielle profonde et décide de se rebeller contre cette société qu’il juge irréelle et fausse…
Alberto Vázquez adapte son court-métrage homonyme (2016) et en retranscrit ici une satire sociale doublée d’une fable horrifique et dystopique. Ne vous fiez pas aux visuels et notamment à cette affiche toute mignonne avec ces deux adorables souris aux yeux globuleux, car le film n’est absolument pas à mettre entre les mains des enfants, à l’image de son précédent film (Unicorn Wars - 2022), un ersatz d’Apocalypse Now sur fond de Bisounours et de licornes.
Decorado (2026) pourrait être vu comme une version animée et ultra-nihiliste de The Truman Show (1998) de Peter Weir. Sur fond de capitalisme, d’abrutissement de masse et de cauchemar fantasmagorique.
Ici, l’animation y est soignée, les couleurs chatoyantes, et les personnages haut en couleur (Roni Duck la parodie cocaïnée de Donald Duck, Crazy Chicken le coq qui mange des ailes de poulet, Mr Champignon prêt à tout pour vous vendre n’importe quoi (même son fils), le hibou géant qui vous fait froid dans le dos à chaque apparition et bien évidemment, Arnold la souris dépressive).
Le film coche toutes les cases pour pleinement convaincre mais je dois avouer que j’en suis ressorti à demi-teinte, ayant trouvé le rythme trop inégal et de manière générale, un récit qui peine à avancer à force de trop se disperser.
"Decorado" bien noté par les spectateurs, récompensée au festival d'Annecy (prix Paul Grimault) est un film d'animation pour adulte qui frappe fort. Dans ce film saisissant, le réalisateur espagnol Alberto Vázquez poursuit son exploration entamée avec "Psiconautas"sortie en 2015, en mettant en scène des animaux pour critiquer notre système capitaliste, où l'individualisme et la domination des plus riches écrasent les classes populaires.
Dans Decorado, Arnold comprend progressivement que son monde ressemble à une immense représentation. Entre déréalisation, humour noir et existentialisme, le film questionne notre rapport au réel, tandis que les réseaux sociaux offrent un prolongement troublant à cette dystopie : sommes-nous encore capables de distinguer l'existence vécue de celle que nous mettons continuellement en scène ?
Un film intense, le début donne la couleur. On a l'impression de vivre dans un Simpson Horror Show d'une heure et demie.
On a rapidement une sensation que ce monde est étrange : les gens ont des expressions exagérés, surjouées, créant un décalage avec le protagoniste, qui va progressivement ne plus pouvoir ignorer ce décalage entre lui et son entourage.
On pense beaucoup à Turn Me On de Michael Tyburski et les fameuses pilules du bonheur, on pense également au The Truman Show. Bref, Decorado est un délice à la lisière entre l'humour noir, l'existentialisme et l'horreur.
Ce qui fonctionne particulièrement bien ici, c'est que la lucidité d'Arnold n'est jamais immédiatement confortable. Lorsqu'un individu commence à considérer comme artificiel ce que tous les autres acceptent comme réel, qui dysfonctionne ? Le personnage ou son environnement ? Sa déréalisation installe précisément ce doute. Plus Arnold observe, plus les attitudes, les relations et l'organisation de cette société lui apparaissent mécaniques. Le spectateur entre progressivement dans la même boucle perceptive et finit lui aussi par chercher la fissure derrière chaque comportement.
Finalement, notre propre monde devient ainsi à cause des réseaux sociaux? Les réseaux sociaux donnent un simulacre de réalité. On ne prend plus de nouvelles des gens, on va sur leur Facebook et Instagram. Mais, on n'y voit que de la performing, du faux et de la mise en scène. Personne ne voit les gens le soir enroulés sur eux-mêmes comme un tube de dentifrice vide. La souris dans le film est un peu comme un avatar de Mickey qui aurait compris que sa vie n'était pas réelle. Elle vit un glissement comparable à celui que vivent les dépressifs quand ils voient à distance leur vie, leur émotion. Ils ont l'impression d'être détachés et de s'observer.
Et c'est ici que la dystopie devient désagréablement familière. Nous comparons notre intériorité entière, avec ses creux, ses silences et ses moments médiocres, à l'extériorité sélectionnée des autres. Le simulacre n'a même plus besoin d'être mensonger : quelques secondes réellement heureuses suffisent à fabriquer l'image d'une existence continuellement heureuse.
Le choix du prénom Arnold rappelle Last Action Heros où là aussi on avait ce décalage quand le personnage de fiction prend conscience qu'il n'existe pas. Est-ce une liberté ou une perte de l'insoucience ?
C'est peut-être le vertige le plus intéressant de Decorado. Comprendre le mécanisme permet de s'en affranchir, au moins intellectuellement, tout en détruisant la sécurité cognitive qu'offrait l'illusion. Une fois le décor aperçu comme décor, il devient difficile de recommencer à croire spontanément au monde qu'il représentait. Arnold gagne en lucidité ce qu'il perd en tranquillité. Et finalement, entre vivre dans une fiction rassurante et savoir qu'elle en est une, le film ne nous offre pas le luxe d'une réponse réellement confortable.
A force d'être noir, c'est très marrant. Un bon moment. La touche fantastique est sympa. C'est Halloween à tous les étages. Un petit côté Tim Burton, le trash en plus.
Dans une cité dystopique gouvernée par une compagnie toute-puissante, . (Almighty Limitless Megacorporative Agency !), Arnold et Maria, un couple de deux souris anthropomorphes sont menacés par le déclassement et la dépression. Arnold étouffe dans ce monde qui l'oppresse et où il se croit constamment surveillé. Il cherche à s'en échapper avec la complicité de ses deux amis, Carlos et Ramiro. La paranoïa envahissante d'Arnold inquiète Maria qui se détache peu à peu de lui.
Le réalisateur espagnol Alberto Vázquez revient avec son troisième film d'animation après "Psiconautas" (2015) et "Unicorn Wars" (2022). On en reconnaît immédiatement le trait caractéristique "à mi-chemin de Lewis Caroll et de Guillermo Del Toro" comme l'annonçait l'affiche de "Psiconautas", un mélange étonnant de figures kawaï et de monstres cauchemardesques. "Decorado" n'est parfois pas sans humour, comme cette sirène inversée, à la tête de poisson et aux pieds de femme.
"Decorado" est interdit aux moins de douze ans - comme l'étaient avant lui "Unicorn Wars" et "Psiconautas". L'interdiction peut sembler sévère ; "Decorado" ne contient rien de réellement traumatisant ; mais cette interdiction évitera peut-être à des parents distraits de laisser voir ce film dérangeant à leur innocente progéniture.
Car "Decorado" est un film profondément pessimiste. Critique radicale de l'hypercapitalisme, d'une société panoptique proche de "1984", "Decorado" ne laisse entrevoir aucun espoir. L'exercice est intéressant. Mais après "Matrix" et "The Truman Show", son postulat n'est pas suffisamment original pour soutenir l'intérêt.
La vie est elle absurde ? C’est un peu le thème de ce film d’animation, ( lire le synopsis d’Allo Ciné)….Un scénario intéressant, des graphismes poétiques et agréables, une mise en scène sérieuse, font que le film transmet à la fois une morale pour adulte ( comment être libre?) et des héros touchants ( quelques moments d’émotion ) . Le film est enrichissant dans son discours, mais aussi dans le plaisir des graphiques, son originalité est indéniable, et sans crier au chef d’œuvre, on a sous les yeux une œuvre qui ne laisse pas indifférent…. Plutôt pour ado ou adultes, je conseille.
Arnold, une souris au chômage, trouve que quelque chose ne tourne pas rond dans son petit monde, une ville peuplée d’animaux et de champignons régie par une entreprise tentaculaire. Il y a quelque chose du Truman Show derrière ce film d’animation qui sous son apparente mignonnerie cache un message radical qui invite à tout envoyer valdinguer sous fond de paranoïa Orwelienne. Et il faut dire que c’est jouissif et réussi.
Un shot d'humour noir qui fait du bien et qui donne envie de tout casser ! Le cinéma espagnol montre encore une fois qu'il se porte bien. Viva A Coruña ;)
Support parfait pour un travail de philo au lycée... Un vrai travail d'écriture, un côté un peu hystérique, surfait, quelques traits d'humour cinglants, la peinture d'une société vide de sens est assez complète. Malheureusement le rythme s'enlise bien souvent, à l'image des personnages, le propos reste toutefois fascinant, la morale finale ouvrant assurément à reflexion.
Vu au festival d’Annecy 2026 : L’ensemble est drôle, grinçant et très très dépressif. On ne sait pas trop où le film veut aller et où il termine d’ailleurs mais il mérite d’être vu.