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mutxiko
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4,5
Publiée le 7 janvier 2025
Vu en avant-première surprise (coup de cœur AFCAE) : Un grand drame carcéral, joué presque intégralement par d'anciens détenus dans leurs propres rôles, ce long-métrage est aussi l'illustration de la capacité du théâtre et d'autres arts à désincarcérer l'humain, en quelque sorte.
Ce film inspiré d’une histoire vraie et interprété par ceux qui l’ont vécu rend hommage aux ateliers théâtre et à leur insertion en milieu carcéral. On y découvre des personnages au passé très cabossé pour la plupart qui vont se sublimer dans l’apprentissage du théâtre et où ils vont découvrir d’autres horizons personnels par rapport à leur quotidien carcéral. On assiste ainsi, dans ce film, à ces évolutions qui s’opèrent dans leur groupe avec un esprit de solidarité.
Bernard CORIC
(film visionné en projection de presse au Métropolitan Pictures le 06/12/2024)
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4,0
Publiée le 20 octobre 2024
« Nous sommes tous là pour redevenir humains. » Basé sur de faits réels, "Sing Sing" est un drame carcéral non conventionnel puisqu'il met en lumière le programme de réhabilitation par les arts de la prison de Sing Sing dans l'État de New York. À l'image du récent "Ghostlight", Greg Kwedar s'intéresse au pouvoir transformateur et réparateur de l'art sur des gens habituellement renfermés et sur leurs gardes qui acceptent ici d'être eux-mêmes et surtout vulnérables dans ce groupe de théâtre qui leur permet de s'exprimer et de s'évader. Loin de la violence et de la dure réalité de ce milieu, même si le réalisateur nous fait des rappels sur le difficile quotidien dans une prison, "Sing Sing" est un film authentique, intimiste, puissant et profondément humain. Colman Domingo, qui est notamment entouré d'anciens détenus ayant participé à ce programme, livre une performance magnétique et poignante. On se prend facilement d'affection pour ce groupe qui se forme à travers des moments de solidarité et surtout de partage sur ce qu'ils ont vécu et ce qu'ils veulent vivre une fois dehors. Des témoignages émouvants dans un film bien équilibré qui n'est jamais larmoyant. Bref, un très bon film.
Sing Sing est une prison qui trône près de New-York, et propose aux criminels d'occuper leur temps avec des programmes de réhabilitation par les Arts (ce qui marche plutôt bien). Voici donc l'histoire d'une véritable petite troupe de théâtre qui laisse les crimes au vestiaire, pour essayer de se reconstruire tous ensemble. Une histoire pleine d'humanité, de sensibilité, de douceur (dans un monde de brutes) qui nous fait souvent oublier dans quel cadre l'intrigue a lieu. Le petit nouveau (dealer) permet de semer un peu de drame dans un feel-good movie où tout roule un peu trop bien autrement (les criminels sont de vrais Bisounours), avec un Colman Domingo (Bayard Rustin, ou le remake de La Couleur pourpre...) toujours aussi viscéral (on l'aime vraiment bien). On rigole des idées farfelues qui composent la pièce de théâtre fofolle qu'ils doivent mettre en scène, on s'attendrit face à cette troupe triée sur le volet (et qui, on se l'avoue, n'a pas forcément la gueule d'un porte-bonheur... Alors en voir certains jouer des rôles gentillets, cela créé un décalage comique bienvenu !), et on ressort du film avec un sourire un peu niais mais heureux. On n'oublie pas de parler des conditions de détention qui ne sont pas faciles (et dont les Arts proposés par le programme d'incarcération sont une échappatoire), on n'oublie pas de parler des laissés-pour-compte de l'Amérique, et on n'oublie pas de parler longuement des vertus de l'Art pour n'importe qui (quels que soient ses niveaux d'études, de culture : tout le monde a quelque chose à projeter, et retirer, des Arts). On s'émeut de voir au générique de fin que les taulards (en-dehors de Colman Domingo) interprètent leur propre rôle, que la véritable pièce de théâtre a bien eu lieu (avec les vidéos rigolotes à l'appui), et on soupire de bonheur devant les bonnes nouvelles qui se retrouvent dans les chiffres de la post-face (les criminels qui s'essayent au théâtre ont des bonnes chances de mieux vivre leur incarcération, et de mieux s'en sortir une fois dehors). Bref, Sing Sing n'est pas là pour révolutionner son monde, mais il fait du bien, et n'en demande pas plus.
Vu au festival de Deauville en présence du réalisateur. Beaucoup d'humanité dans ce film basé sur de réels ateliers de réinsertion en prison . Très bons acteurs. Une réussite.
Un gros coup de cœur pour « Sing Sing », nous dévoilant la vie d'un groupe de prisonniers tentant de s'évader mentalement par des cours de théâtre et l'élaboration de spectacles. On ressent totalement leur vulnérabilité, leur enfermement, l'espoir de devenir meilleur et de pouvoir peut-être un jour retrouver leur liberté. C'est une véritable thérapie de réinsertion par les arts ainsi qu'une bouffée d'air frais pour eux. La plupart du casting se compose de vrais ex-détenus, renforçant la sincérité qui se dégage de cette histoire. On passe par beaucoup d'émotions : l'humour, la dureté, l'impuissance mais surtout la bienveillance entre tous ces hommes. Un film magnifique qui vous arracher certainement plusieurs larmes !
La Compétition du Festival de Deauville 2024 s’est ouverte hier matin avec Sing Sing, un drame chargé d’émotions mettant en lumière les programmes de réinsertion par l’art. Inspiré d’une histoire vraie, le film expose des détenus qui retrouvent, grâce à des ateliers de théâtre, leur humanité en exprimant leurs émotions et en tissant des liens fraternels. Plus œuvre théâtrale que huis clos carcéral, Sing Sing, très incarné, relève le défi de l’authenticité mais n’échappe pas à quelques lourdeurs.
Un film qui traite de la réinsertion des détenus par les arts. Un sujet d’actualité qui soulève de vraies questions compliquées. Un rythme lent et une musique de fond parfois trop présente mais dans l’ensemble le film est bien construit. Le scénario et les dialogues sont bons, le jeu d’acteur est très réussi et on est vite pris par les histoires des personnages Je recommande
8 ans après son premier film, "Transpecos", Greg Kwedar fait son retour au Festival du cinéma Américain de Deauville, avec son second long métrage.
Des films sur la prison, on en a vu, sous différentes formes, avec différentes approches. Souvent, leur point commun est qu'il y a les bons d'un côté et les méchants de l'autre. Ici, il n'y a ni bon, ni méchants, juste des hommes incarcérés avec la volonté de s'en sortir et d'avoir une seconde chance. Et c'est bien là toute la beauté de "Sing Sing", c'est l'humanité profonde qui se dégage de ses personnages. Tourné avec des acteurs non-professionnels pour la plupart, mise à part Colman Domingo (formidable), Paul Raci et Sean San Jose, tous sont d'anciens prisonniers ayant participé aux ateliers théâtre de la prison dans laquelle ils étaient. Et force est de constater que ça fonctionne à merveille, le casting est impeccable, avec notamment Clarence Maclin qui est aussi charismatique qu'excellent.
Doté d'une mise en scène simple, mais avec une jolie photographie, ainsi qu'une très jolie bande originale, Greg Kwedar et son co-scénariste, Clint Bentley parviennent à donner une autre vision sur la prison et les les prisonniers. Greg Kwedar réalise un seconde film remplit d'humanité et d'émotions (certaines scènes sont magnifiques), qui fait du bien et qui met à l'honneur la rédemption avec une sincérité rare et ce malgré quelques baisses de régime au niveau du rythme dans la dernière partie.
En voilà une bien jolie surprise inattendue! Le cinéaste Greg Kwedar, quasi inconnu au bataillon dont le seul fait d’arme est l’inédit « Transpecos », nous gratifie d’une œuvre à la fois simple mais puissante et à l’authenticité rarement égalée depuis quelques mois sur les écrans. Il nous immerge dans la prison de Sing Sing, dans l’État de New York, où une dizaine de prisonniers s’adonnent au théâtre dans le but de mettre une scène une pièce mais surtout de se changer les idées et de se redonner un semblant d’humanité. Et cette œuvre délicate et juste de nous parler de la rédemption par l’Art avec une force de frappe et une sincérité qui devraient être prises en exemple. En tournant son film sur les lieux mêmes et avec de vrais prisonniers, l’immersion est telle que la justesse de ton et le naturel des situations ne se posent même pas. « Sing Sing » est une œuvre qui touche souvent la grâce par le simple fait d’être vraie au plus profond de sa chair (enfin de son grain de pellicule).
Pour scinder ce groupe d’acteurs non professionnels et lui donner une sorte de meneur, Kwedar a fait le choix de prendre un acteur confirmé. Il s’agit de Colman Domingo qui prend donc le rôle principal. Et le comédien est un choix plus que judicieux, presque évident. Il était déjà étourdissant dans le biopic sur l’homme politique gay Bayard « Rustin » et ce rôle lui avait d’ailleurs valu une nomination aux Oscars en tant que meilleur acteur l’an passé. Agissant comme une sorte de liant au milieu de ces acteurs non professionnels, il brille de mille feux dans « Sing Sing » et cette prestation de toute beauté pourrait (devrait) lui valoir une seconde nomination à l’hiver prochain. Elle serait en tout cas méritée. Et le jeu de ces prisonniers, actuels ou anciens, devant la caméra de Kwedar est proche de la pureté. Le cinéaste sait les diriger et les emmener sur le terrain de l’émotion, de la tension ou même de la légèreté tandis qu’eux se laissent guider et s’ouvrent à la caméra comme jamais. On est proche du documentaire parfois dans ce film qui semble intemporel (le grain de l’image, cette prison en fin de vie, ...) si ce n’est quelques détails très actuels mais la fiction et la réalité sont parfois si proches...
Certes, le film ne brille pas spécialement par sa mise en scène, correcte mais un peu datée, mais davantage par ce qui s’en dégage. L’émotion lors de certaines séquences est incontestable. Les monologues des personnages qui se mettent à nu avec leurs propres histoires nous déchirent le cœur, nous bouleversent. Le combat du personnage principal pour prouver son innocence en second plan est également intéressant. Il y a en revanche peut-être un peu trop de scènes de répétition de théâtre alors qu’on aurait voulu plus de moments intimistes où ces taulards se dévoilent. Il n’empêche, « Sing Sing » est un beau concentré d’humanité qui montre que même dans des contextes aussi désespérés et désespérants que celui d’une prison, l’espoir et les bonnes ondes sont possibles. Et que l’art, aussi amateur soit-il, est une porte vers une certaine rédemption et un moyen d’être ensemble, unis dans un même but. Un bien beau film qui touche en plein cœur avec un message et une morale qui le sont tout autant.
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Vu en avant-première au Canada. Beaucoup de bonheur à regarder Sing Sing qui, basé sur une histoire déjà très intéréssante, ne se repose pour autant jamais sur celle ci. Le film évite le misérabilisme ou le regard naïf et montre intelligemment les conditions terribles des prisonniers américains (et même plus particulièrement des afro-américains et des latinos). Alors que les enjeux et le genre qu'il aborde sont propice à certaines facilités habituelles, le film ne tombe ni dans le didactisme ni dans le pathos. Ceci grâce à la mobilité de la caméra et la qualité narrative et scénaristique. En somme un très beau film de 2024, servi grandiosement par un casting presque exclusivement composé d'anciens prisonniers jouant leurs propres rôles. Bravo !