Après le soleil (Sonne), la lune (Mond) : la réalisatrice kurdo-autrichienne Kurdwin Ayub a de la suite dans les idées et son second long métrage inverse la situation du premier, avec cette fois une occidentale plongée dans le monde moyen-oriental. A vrai dire, Moon se caractérise davantage par les questions qu'il pose que par les réponses qu'il donne. L'histoire de ces sœurs prisonnières dans leur palais, des princesses en cage, se confronte à celle d'une combattante autrichienne de MMA déclassée, qui n'apparaît pas comme la jeune femme émancipée de l'ouest, venue libérer ses consœurs de leurs chaînes. Tout n'est pas aussi simple et écrit d'avance et le film a l'élégance, et l'ironie aussi, de ne pas montrer les scènes qui semblaient sur le papier indispensables, en procédant à plusieurs légères ellipses temporelles, témoignant d'une belle maîtrise narrative. D'un certain point de vue, Moon est un thriller sous haute tension, mais dont le souci de réalisme social densifie l'intérêt. Le rôle principal est tenu par Florentina Holzinger, une performeuse radicale, célèbre en Autriche, et remarquable pour sa première apparition au cinéma, tandis que les trois sœurs ont été recrutées dans un casting jordanien qui a été compliqué. Elles sont parfaites, montrant qu'il existe toutes sortes de sports de combat et que celui contre le patriarcat et pour l'émancipation est de ceux dont les lois sont les plus rudes.
Sarah, une kickboxeuse en fin de carrière, se voit proposer de coacher en Jordanie les trois sœurs d’un richissime homme d’affaires. Arrivée sur place, elle découvre vite que ses élèves ont peu d’appétence pour la discipline qu’elle est censée leur enseigner et cherchent plutôt à faire d’elle la complice du plan d’évasion qu’elles sont en train de préparer.
"Moon" (Lune) est un film au titre passablement incompréhensible – sinon que la réalisatrice, autrichienne d’origine kurde, avait intitulé son film précédent, inédit en France "Sonne" (Soleil). Son sujet est sacrément original et sa bande-annonce m’avait donné envie de le voir.
Dans quel sens "Moon" allait-il tirer son point de départ ? vers le portrait, en se focalisant sur le personnage de Sarah ? vers le thriller, son enjeu étant les modalités et l’issue de ce plan d’évasion ? vers le drame, la focale étant plutôt l’opposition entre ces sœurs et leur frère ? vers le film politique ou féministe, en décrivant une société musulmane qui dénie toute autonomie aux femmes ?
Le problème est que "Moon" ne prend jamais vraiment son parti et s’arrête entre deux eaux. Le scénario avait pourtant des ficelles à tirer. Il n’en tire aucune et s’enlise vite. Sa fin est particulièrement déconcertante. Se plaindre des canons hollywoodiens qui imposent qu’il soit répondu à chaque question posée n’autorise pas pour autant à laisser le spectateur dans le noir le plus complet, seul face à ses interrogations.
Encore un récit centré sur une énième figure de “white savior” – à la fois pseudo-badass, prétendument brisée et désespérément creuse – qui s’efforce mollement, et échoue tout aussi platement, à s’ériger en héroïne des « pauvres femmes arabes opprimées ». Ces dernières ne sont ici que des caricatures orientalistes, superficielles et soumises, tandis que leurs frères sont systématiquement dépeints comme grossiers, violents, possessifs et dominateurs. Le film est d’une passivité déconcertante, à l’image de son héroïne, qui traverse les scènes comme une présence floue, incapable d’incarner quoi que ce soit d’autre qu’un fantasme messianique en déroute. La narration, elle, est aussi décousue que paresseuse, enchaînant clichés sur clichés sans jamais prendre le temps d’un vrai questionnement. Rien ne tient, rien ne décolle, et le tout donne la sensation désagréable d’un projet qui ne sait ni ce qu’il raconte, ni pour qui.
10 571 abonnés
11 446 critiques
Suivre son activité
3,5
Publiée le 23 juillet 2025
Avec une carrière au point mort, Sarah, combattante de MMA, accepte d'aller en Jordanie pour être la coach de trois sœurs d'une riche famille. Un cadre luxueux, mais avec beaucoup de règles qui cachent quelque chose... C'est en tout cas l'impression que l'on a avec Kurdwin Ayub qui nous met clairement face à nos préjugés même s'il se passe ce qu'on attendait. Une immersion dans un foyer patriarcal qui met Sarah face à un dilemme moral, elle qui a l'habitude d'agir et de ne pas rester en retrait. Avec un personnage comme ça, qui pourrait utiliser ses compétences, la réalisatrice arrive encore une fois à déjouer les attentes, et même le cliché du « sauveur blanc ». L'approche est réaliste, ce qui rend la situation souvent stressante avec des scènes sous tension, dont une est particulièrement marquante. Le fait d'avoir un casting « amateur » aide également à cela parce qu'il y a des maladresses qui rendent l'histoire naturelle. Par exemple, Florentina Holzinger ne crève pas l'écran, mais son jeu hésitant donne l'impression de voir quelque chose de réel. Tout aurait pu être approfondi, des relations entre les filles au séjour de Sarah en passant par leur quotidien dans la maison, mais "Mond" est un film tendu et captivant.
Film vu en Belgique où il est déjà sorti. Étrange film où une prof d'arts martiaux part donner des cours à 3 filles de bonne famille en Jordanie. Elle y découvre des secrets enfouis dans la maison.
J’aime beaucoup Florentina Holzinger dont les spectacles sont particulièrement troublants et impressionnants. Voire même traumatisants. Ici elle endosse un rôle celui d’une ancienne championne de kickboxing débarquant dans une riche famille jordanienne pour apprendre ce sport de combat aux trois filles. Mais celles-ci attendent bien autre chose que de simples cours de self-défense. C’est un bon film mais bien moins percutant que les œuvres de son artiste principale. On oublie pas une mise en scène de Florentina, mais on oubliera ce film assez vite.
Sarah est une jeune championne de MMA en fin de carrière. Perdue dans sa vie et ne sachant pas qui trouver sa place dans sa ville natale entre sa soeur jeune maman et ses amis obtus, elle accepte un poste en Jordanie pour devenir coach de MMa de trois jeunes filles d'une riche famille. Arrivée à Amman, Sarah fait la connaissance d'une famille vivant de manière opaque et cloisonnée. En salle le 16 juillet.
spoiler: "Moon" traite d'un sujet intéressant : la manière dont sont isolées du monde quatre jeunes soeurs d'une même famille. La construction des caractères des soeurs est vraiment bien travaillée avec chacune une direction prise pour survivre dans un univers bouché et sans espoir. Par contre, le personnage de Sarah est vraiment insipide. Elle n'agit que très peu sur son environnement et toujours de manière distanciée. Je ne parviens pas à connecter avec ce personnage ni à comprendre ses choix finaux. On s'attarde peut-être un peu trop sur elle et pas assez sur la naissance d'un lien entre les jeunes femmes.
On est sous tension pendant tout le film. Par son réalisme, le film prend parfois la forme d’un documentaire. L’histoire est dure mais dénonce. J’aurais préféré une fin à l’américaine ! lol !
Le sujet du film est essentiel et précieux à traiter. La situation et position des jeunes filles au sein de familles sous le Joux d'une éducation enfermante musulmane est interessante et mérite largement d'être traitée. Le choc entre une jeune autrichienne très libre et forte notamment par sa maitrise du MMA est un point de vu pertinent pour nous permettre de pénétrer un univers feutré et cloitré d'un palais Jordanien. Je recommande chaudement ce film qui n'a pas assez d'opportunités d^'être projeté.
Vu lors de Reims Polar, Moon est un thriller très prenant qui suit une championne de MMA embauchée par une riche famille jordanienne pour entrainer ses filles. Elle se rendra rapidement compte qu’une prison dorée est avant tout une prison. Les actrices sont excellentes dans ce film maîtrisé realisé comme un reportage.
Je conseillerais à la protagoniste ou à son commanditaire, d'engager un faux harceleur qui emmènerait l'une de ces trois Jordaniennes en auto dans un coin désert, par exemple lui disant de but en blanc "Tu es belle" avant de poser la main sur le genou (le gros lourd LOL), la "victime" doit pouvoir s'échapper mais doit conclure que des cours en art martiaux l'auraient grandement servie.
(Si la victime complait et fait mine de se laisser faire il lui faut une psychothérapie)
"Moon" accroche avec un début efficace et les mystères de la maison jordanienne où une ancienne championne autrichienne entraîne des soeurs à la boxe. Malgré la bonne performance des actrices, le film peine à convaincre, par manque de plausibilité. Il laisse également un goût d'inachevé.