Heraldo, un jeune voyou en cavale, trouve refuge dans le motel d’Elias, son vieux propriétaire alcoolique et portant beau, et de Dayana, son accorte réceptionniste.
Le réalisateur Karim Aïnouz n’en finit pas de nous surprendre. Après "La Vie invisible d’Eurídice Gusmão", l’histoire follement mélo de deux sœurs brésiliennes dans les années 50, "Le Jeu de la reine", un film en costumes autour de la dernière femme du roi Henry VIII, et "Marin des montagnes", un documentaire autobiographique sur ses origines kabyles, le réalisateur algéro-brésilien change radicalement de style avec ce polar vaguement inspiré du "Facteur sonne toujours deux fois", tourné dans la moiteur lubrique d’un hôtel de passe du Nordeste brésilien.
Il met en scène un trio déséquilibré. Heraldo, le héros, pleure la mort de son frère et cherche à fuir les meurtriers qui sont à ses trousses. Elias, le mari trompé, s’abrutit dans l’alcool et dans le sexe. Dayana, son épouse, veut quitter un mari abusif et rêve d’une autre vie.
Les couleurs du décor sont au diapason de celles, vives et contrastées, de l’affiche du film. Mais hélas on nourrit vite le soupçon que l’essentiel du budget du film est passé dans la peinture des murs des décors. Le scénario fait du surplace ; le film tourne en rond pendant presque deux heures. Et, le temps passant, on se désintéresse du sort des personnages à tel point qu’au lendemain de l’avoir vu, je ne me souviens déjà plus de la façon dont l’intrigue se termine [merci de me rappeler en mp le plan qui suit celui de l’accident de voiture et du cheval encastré dans le pick up].
C'est un polar singulier et bien plus. Le personnage principal, magnifiquement joué -un premier rôle pour ce Iago Xavier- est traqué et trouve un job dans ce motel sursaturé en couleurs du nordeste brésilien et retravaillées par un cinéaste inspiré par les peintres Hopper et Hockney selon ses propres dires. Sur place il tombe sur une merveilleuse beauté -là aussi l'actrice joue formidablement- opprimée par un mari représentant d'un machisme insupportable -et encore un acteur formidable. C'est tendu, parfois étrange -notamment les apparitions d'animaux, sexuel, oui, mais de manière toujours appropriée et belle. Ce film m'a personnellement enthousiasmé.
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2,5
Publiée le 21 mars 2025
Le motel Destino ne semble pas porter chance à Heraldo qui a vécu un drame personnel après une nuit dans ce lieu de passe, mais il n'a pas d'autres choix que d'y retourner le temps que la situation se calme pour lui à l'extérieur. Hébergé par Elias et Dayana contre du travail, il va chambouler l'équilibre des lieux... Un triangle amoureux dans un huis clos qui n'est jamais dynamisé par ce jeu dangereux qui ne l'est de toute évidence pas assez. J'ai attendu tout le long un rebondissement, quelque chose pour casser la linéarité du récit et ces scènes qui se répètent, mais non... Même ce qui pousse Heraldo à se cacher n'est pas utilisé. Karim Aïnouz compense un scénario rachitique par beaucoup de scènes de sexe. Son film n'est pas désagréable à suivre, car les trois acteurs sont bien, mais "Motel Destino" est finalement décevant, répétitif, prévisible et sans profondeur.
Film de Karim Aïnouz que j'étais curieux de découvrir et que j'ai là avec sa splendide photographie , avec un éclairage au néon qui colle très bien à l'ambiance générale , trouvé intéressant ! C'est une expérience du désir , de la passion , de la tentation magnifiée par une excellente bande-originale !
Karim Aïnouz n'est jamais là où on l'attend. Sa filmographie en atteste : mélodrame au long court, documentaire, film historique en costume et donc maintenant polar poisseux et coloré.
Motel Destino, mal accueilli par la presse, est pourtant très agréable, à condition d'aimer les films noirs crus et vénéneux.
L'histoire est assez classique (elle rappelle celle du Facteur sonne toujours deux fois), mais le véritable intérêt du film se situe plutôt dans des considérations plastiques. Le décor du motel, labyrinthique et inquiétant, est fascinant, et les couleurs (impulsées par des néons rouges et verts) sont incroyablement suggestives. Le film regorge de détails (personnages secondaires, sons, objets et animaux présents à l'écran) qui renouvellent le genre.
Aïnouz parvient également à obtenir de ses acteurs une sensualité hors du commun qui sublime le caractère classique de l'intrigue, et qui contribue à donner au film son caractère moite et âpre. Le sexe est partout présent, et imprègne littéralement la pellicule. L'actrice Nataly Rocha est en particulier excellente, donnant à son personnage une forte densité charnelle, associée à une curieuse opacité.
Un film en mode mineur, à la fois acidulé et empoisonné.
Un film qui vous transporte ! Belle image ! Scénario original ! Suspense et sexe …. J’en voudrais d’autres aussi bien fait ! Film à qui j’attribue une palme d’or ! :)
Commençons par les défauts du film et c'est vrai qu'il alimente un peu les clichés habituels sur le Brésil, du genre :,la vie des Brésiliens ne tourne qu'autour du sexe, alors profitons en pour filmer les ébats amoureux. à tous les plans. Mais j'ai été pris par l'atmosphère de ce lieu clos qui, de paradis du 7ème ciel devient très vite un enfer.. Quand le passé de Heraldo se dévoile, la sincérité du personnage est renforcée et je suis vraiment rentré dans le film.
Reparti bredouille de la Croisette, il serait très surprenant que "Motel Destino" arrive à enchanter un grand nombre de spectateurs. On est là face à une espèce de remake officieux et médiocre des 4 films adaptés de Le Facteur sonne toujours deux fois, le roman de James Mallahan Cain publié en 1934 : les 2 films ayant le même titre que le roman, celui de Tay Garnett et celui de Bob Rafelson, plus Le Dernier Tournant de Pierre Chenal et Les amants diaboliques de Luchino Visconti. Critique complète sur https://www.critique-film.fr/critique-express-motel-destino/ Film vu au Festival de Cannes 2024
Vu en avant-première Petite déception. Le film paraissait très intéressant, mais finalement pas aussi dynamique que la bande-annonce le laisse penser.. Point positif, l’image, la colorimétrie et la BO.
Heraldo est un jeune homme qui vit du trafic de stupéfiants. Lorsqu’il s’apprête à changer de vie, un drame le force à se cacher. Il trouve refuge au Motel Destino, un lieu où les couples souvent illégitimes se retrouvent pour assouvir leurs pulsions sexuelles. Un lieu sombre et lumineux, chaud, plein de sueurs où le jeune Heraldo va donner chaud à la propriétaire Dayana. Ensemble, ils vont jouer un jeu dangereux, au nez et à la barbe d’Elias, le mari violent et macho. Le thriller est ultra efficace et bien ciselé. C’est très sexy, et forcément follement bien incarné.
Vu en avant première à l’UGC ciné cité Les Halles, ce thriller dégage une tension sexuelle forte. Les images sont très soignées et l’histoire hypnotique. Un très bon film
Sélectionné à Cannes, "Motel Destino" est un triangle amoureux entre un fugitif, la patronne d'un motel de passe et son mari alcoolique, porté par un style visuel volontairement hypnotique. Ce thriller érotique joue avec des décors saturés de tapisseries, de linge de lit et de néons rouges pour insister sur le côté charnel de l'histoire. Cependant, malgré cette atmosphère oppressante et visuellement marquante, l'intrigue elle-même peine à captiver. Le rythme languissant et le manque de rebondissements significatifs font que la tension, pourtant prometteuse au début, s’évanouit peu à peu.
Bien en-dessous de son Jeu de la Reine purulent, ce nouveau Karim Aïnouz peine à emporter l'adhésion du spectateur en ne donnant jamais vraiment de propos à son film et en le laissant tourner en rond dans les pérégrinations de ses personnages. Le travail de l'image demeure sublime, et le film a le mérite d'être correctement rythmé, sans jamais être foncièrement désagréable.