Après cinq films, deux spin-offs et une mini-série, "V/H/S" est de retour avec un préquel du préquel puisque les évènements se déroulent cette fois, comme son titre l'indique, en 1985. Cinq segments avec le retour du fil conducteur que nous avions perdu en cours de route avec le précédent volet. Et comme d'habitude, je vais traiter les segments un par un.
Commençons par le film conducteur, "Total Copy". Une fois n'est pas coutume, c'est le talon d’Achille des "V/H/S". Le fait qu'il soit entrecoupé par les segments n'aide pas à la compréhension déjà brouillonne de base. D'autant plus qu'ici, ce n'est pas un fil rouge qui justifie les segments qui vont suivre, c'est un court complètement à part qui aurait pu être un segment à lui seul. Ce n'est pas mauvais non plus mais ça manque un peu d'originalité qui ne réside principalement que dans le rendu de l'image bien 80's et granuleux qui va donner le ton de tous les segments qui vont suivre.
Le premier d'entre eux, "No Wake" débute comme un vulgaire teenage horror : des ados alcoolisés et "horny" se rendent au bord d'un lac, font des blagues potaches et du ski nautique jusqu'à se faire tirer dessus par de mystérieux inconnus. Jusque là rien d'original mais c'est juste après que le segment va se révéler intéressant. Frustrant car cette partie est beaucoup trop courte mais affaire à suivre...
Le second, "God of Death" est certainement le plus faible. Il s'inspire de faits réels, un violent tremblement de terre ayant eu lieu au Mexique. L'histoire se déroule dans un immeuble et commence davantage comme un film catastrophe que comme de l'horreur pure. Mais bien-sûr, nous sommes dans un "V/H/S" donc des évènements étranges vont vite se produire. Bon, ce n'est pas raté mais c'est déjà-vu, grotesque puis bien trop mou. C'est clairement oubliable.
Pas autant que le troisième, "TKNOGD" qui se démarque de par son originalité visuelle mais dont l'histoire laisse encore une fois à désirer. En gros, une artiste présente l'Apple Vision Pro des années 80 sur scène et tente d'invoquer le Dieu de la technologie puisqu'elle déplore que l'humain ait laissé les appareils électroniques remplacer Dieu. C'est un peu lourd et ce serait surtout risible si l'ambiance n'était pas heureusement aussi sinistre et anxiogène.
C'est avec le quatrième segment, "Ambrosia", que l'on rattrape le premier, une première dans un "V/H/S" car si un segment a déjà pu être connecté à un fil rouge (dans "V/H/S/99"), aucun ne s'était déjà connecté à un autre. Et c'est plutôt intéressant ici puisque les deux ne racontent pas tout à fait la même chose. Une famille organise un rite de passage qui consiste à tuer des gens. Voilà, simple et efficace tout en étant assez WTF pour figurer dans un film de la franchise sauf qu'encore une fois, c'est bien trop court ! Comme le premier, c'est frustrant car c'est lorsque le concept devient véritablement amusant qu'il s'arrête.
Je fondais beaucoup d'espoirs dans le cinquième, "Dreamkill" puisqu'il est réalisé par Scott Derrickson dont j'apprécie beaucoup le style quand il ne se foire pas. Et justement, ce segment est connecté à "Black Phone" mais ça n'aura pas vraiment d'importance, plutôt un clin d’œil. Des VHS de meurtres sont envoyées au commissariat quelques semaines avant que les meurtres n'aient lieu. Alors dit comme ça, ce n'est pas forcément engageant mais, encore une fois, c'est l'ambiance qui fait tout. Et notamment les vidéos POV du tueur dont on reconnait immédiatement la patte du réalisateur ! C'est glauque, sinistre, granuleux et ça a cet aspect Super 8 que l'on retrouve notamment dans "Sinister" ou plus récemment dans "Black Phone 2". Et puis toute la fin est particulièrement jouissive, c'est d'ailleurs clairement le segment le plus abouti avec son petit côté thriller.
Bref, si "V/H/S/85" possède quelques segments qui le plombe, notamment deux, il parvient à sortir la tête de l'eau grâce à des couts assez inventifs.