"Tehachapi" assez bien noté par la critique est un documentaire intéressant dans l'ensemble. En effet malgré quelques longueurs, le réalisateur JR livre aux spectateurs à travers le récit de certains détenus dans l'une des prisons de Californie les plus dangereuses une œuvre poignante, humaniste, politique et parfois émouvante de certains détenus en quête de rédemption.
Ce documentaire est très beau et touchant et rappelle combien des liens positifs, d’amour et de confiance peuvent aider les êtres. En revanche JR ne montre qu’une partie d’une réalité et cela semble un peu simpliste ; la réalité n’est malheureusement pas si belle. Les êtres humains sont bien plus complexes que ce qui veut bien être montré et notamment dans leur capacité à se remettre en question. Je ne dis pas qu’il fallait forcément le montrer dans ce docu, mais au moins le notifier car il ne suffit pas de juste participer à un magnifique projet artistique et humain pour « s’en sortir ». JR a bien choisi d’interviewer seulement ceux qui ont de l’empathie et la capacité de travailler sûr eux-même.
Un documentaire d'une grande puissance et d'un humanisme viscéral... où comment par petites touches et/ou grands collages, l'art peut permettre de reconnecter les êtres humains entre eux, les "rebaptiser" dans leur humanité. A voir les yeux et le cœur grand ouverts et un mouchoir sous la main.
On ne peut qu'applaudir l'idée de ce film, et saluer le culot qu'il fallait ne serait-ce que pour l'envisager.
Le documentaire recèle des informations intéressantes, stupéfiantes parfois comme la durée des condamnations de mineurs, la rareté des visites, l’isolement des détenus dans des cages extérieures en guise de mitard. Et on ne peut manquer d’être surpris par l'ouverture du personnel pénitentiaire à cette expérience improbable, a fortiori dans un bloc de haute sécurité.
Les deux œuvres de JR créées dans le cadre du tournage sont magnifiques, notamment la photo du groupe des détenus - d’une grande qualité artistique. La proximité qu’il établit avec les détenus est remarquable et révèle un humanisme personnel hors normes. Plusieurs dialogues émouvants laissent à réfléchir sur la dureté de la prison.
Il n'est pas facile dans ce contexte d'évoquer quelques réserves sur la réalisation, mais il le faut s’agissant de cinéma. Sur la forme, un montage trop serré avec des plans de 3 ou 4 secondes, une caméra hyper mobile, des images peu soignées, beaucoup de paroles.
Sur le fond, le réalisateur manque de sobriété quand à lui-même... Il manque sans doute au minimum l'énoncé des limites de l’expérience, à savoir que ce groupe de détenus exemplaires et présenté sous un angle sympathique a sans doute été trié sur le volet avant d’entrer en scène. Ce parti de réalisation peut générer un certain malaise car on ne peut jamais oublier les victimes : certains détenus ont une pensée pour elles d’autres non et JR n’a lui-même guère d’attention à leur égard.
Film touchant, émouvant et plein d'espoir. Malgré ce qu'un homme (dans ce cas précis souvent un enfant) est capable de faire, si on s'adresse à ce qu'il y a de beau à l'intérieur de lui, on découvre qu'au fond, c'est avant tout un Être Humain en souffrance et en besoin d'amour et de reconnaissance... Bravo à JR pour son projet pour ce témoignage.
A vu le puissant documentaire «Tehachapi » de JR. Agnès Varda lui a passé le flambeau du cinéma lors de leur film commun « Visages, Villages » en 2016, et JR 8 ans plus tard ne démérite pas bien au contraire. JR est aussi et surtout le génial graphiste qui grâce à sa technique de collage de photos dans l’espace public s’est fait connaitre dans le monde entier. Son nouveau défi est de photographier des prisonniers de secteur 4 d’une prison haute sécurité de Californie, en prévoyant que les détenus collent eux-mêmes leur portrait collectif dans leur cour en plein milieu du désert. JR filme donc le projet de son élaboration à sa réalisation. C’est un projet artistique éphémère mais aussi un projet politique et humaniste. Ces prisonniers qui ont tous été incarcérés alors qu’ils étaient mineurs purgent leurs peines pour plusieurs décennies. La violence, le poids des gangs, le racisme sont leur quotidien. Le projet de JR va les faire se regarder, communiquer, s’associer et s’humaniser petit à petit. JR est omniprésent par une voix off explicative mais aussi physiquement puisqu’il est presque de tous les plans, l’artiste expliquant aux prisonniers qu’il aurait pu être à leur place puisqu’il a été arrêté à maintes reprises par la police lors de son adolescence, mais c’est l’art qui lui a ouvert les yeux et le coeur. Très rapidement nous nous attachons à bon nombre de détenus, et un suspens s’installe. Le lieu est anxiogène et la tension électrique est particulièrement palpable. Les réalisations du projet (les prises de vue, le collage…) et du film valent des moments d’une très grande émotion. Le pardon, la rédemption, la réhabilitation, la ré-humanisation sont les sujets forts que JR n’avait pas prévu d’aborder lors de la conception de son projet. « Tehachapi » est puissant, nécessaire, une fenêtre d'espoir. Actuellement, puisse JR proposer à la population française un projet de collage de nos visages multicolores pour nous rapprocher, nous faire reprendre la communication, favoriser l’écoute entre nous tous si dissemblables et tuer dans l’oeuf toute radicalisation.
Documentaire vraiment sympa et rythmé. Il est plaisant d'observer comment le projet de JR se met en place dans cette prison, et assez passionnant de voir les conséquences de ce projet pour les prisonniers plusieurs mois après, notamment dans le contexte du covid. Le seul problème est l'effacement de ce qu'il y a derrière ce projet : la violence de cette prison et les conditions dans lesquels les prisonniers sont détenus + ce qu'on fait les prisonniers pour en arriver là. Il y a parfois un peu trop de bienveillance.
Dommage, vraiment. Le film, le sujet tout était bien imaginé mais le résultat n’est pas au rendez-vous (selon moi). J’ai eu l’impression d’à peine être imprégnée du vécu des prisonniers et de ne pas savoir profondément ce qu’ils ressentent. J’ai sentie une distance avec eux et j’aurais aimé que ça soit plus creusé que ça. Néanmoins apprendre tout ce qui a été montré m’a énormément touché et de savoir ce qu’a fait JR pour eux est vraiment une très belle preuve d’humanité. Merci à lui et bravo à ceux qui ont réussi à retrouver leur liberté.
Le photographe français JR a obtenu l'autorisation sans précédent de pouvoir intervenir (et de filmer) au sein de l’une des prisons les plus violentes des États-Unis. Le RDV est donné à Tehachapi, en Californie, une commune de près de 14 500 habitants (dont 2 000 prisonniers). Au sein de ce centre pénitencier “supermax” (une prison de très haute sécurité composée de 4 unités distinctes), JR a un projet bien en tête, celui de réaliser une oeuvre collective (ou plutôt, un collage immersif composé de 338 bandes de papier) avec des prisonniers qui ont tous pour point commun, d’être incarcérés depuis plus de 10 ans et pour certains, d’y purger une peine à perpétuité, pour des crimes commis lorsqu’ils n’étaient que mineurs. A l’issue du shooting, JR leur propose d’assembler leurs portraits avec leurs témoignages (accessibles pour le monde extérieur via une appli), permettant ainsi d’apporter un tout autre regard sur l’univers carcéral.
Filmé avant, pendant et après la pandémie de Covid19, le réalisateur nous immerge au sein de cette prison de haute sécurité pour une formidable aventure humaine à travers laquelle il dresse le portrait de plusieurs détenus, dont Kevin Walsh (ex-skinhead), incarcéré adolescent et qui raconte qu’il a dû choisir son camp pour sauver sa peau et ainsi, rejoindre les suprémacistes blancs, tout en se faisant tatouer une croix gammée sur la joue. Le film va le suivre durant toute la durée du projet artistique, jusqu’à sa libération spoiler: (qui donnera lieu notamment à une séquence forte en émotion, celle où il subira un détatouage par un docteur de confession juive).
Rendre un peu d’humanité dans un univers carcéral déshumanisé, avec ses cages pour animaux dans lesquels les détenus sont enfermés sous le cagnard (et qui ne sont pas sans rappeler celles que l’on pouvait voir à Guantanamo). Voilà ce que nous propose ce film, où à travers ce qui pourrait sembler n’être qu’un banal projet artistique, se révèle être en réalité un moment de partage, d’échange et surtout, permettre à ces détenus de les aider à se réinsérer (sur les 28 participants, seuls 3 sont restés incarcérés au niveau maximal, les autres sont soit descendus à un niveau inférieur soit ils ont été libérés), tout en offrant au monde extérieur, une toute autre image de l’univers carcéral.
7 ans après Visages Villages (2017), coréalisé avec Agnès Varda, JR nous offre des portraits et des témoignages particulièrement émouvants à travers une oeuvre humaniste et emplie d’espoir.
Une expérience positive et passionnante dans le milieu.carcéral américain. Malgré quelques longueurs, ce film apporte une autre vision sur la personnalité que l’on peut des jeunes délinquants.
Totalement scotchant et bouleversant. JR est incroyable d’humanité et de simplicité. Et l’on s’attache à tous ces hommes au parcours si difficile. Une sacrée leçon de renaissance et de vie.
Un documentaire rempli d’espoir qui nous emporte avec lui dans son élan d’optimisme. Par le biais d’une démarche artistique inspirante, on suit ses prisonniers dans leur chemin pour la rédemption.
Absolument profond La vie d’une prison particulièrement dure L’espoir d’un projet commun La construction du bien chez des ordures À regarder jusqu’au bout et se laisser conclure Magnifique