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BLS Moviedebrief
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4,5
Publiée le 14 juin 2024
« Un documentaire poignant» Comment redonner de l’humanité et de l’espoir à des détenus dans une des prisons les plus dures et violentes des Etats-Unis. Le graffeur JR y réussit en les faisant travailler ensemble sur des projets communs et en premier une fresque gigantesque de leurs photos sur papier collé au sol dans la cour de promenade. Il y retourne plusieurs fois. Des liens d’amitié se créent entre JR et les détenus, et entre détenus qui étaient ennemis auparavant. Des témoignages poignants. On en sort avec un regard différent sur l’univers carcéral et de l’empathie pour ceux qui veulent s’en sortir. C’est un moment vraiment fort.
Séance en avant-première en présence de JR et de l'ex-détenu Kevin. Un film documentaire qui traite avec dignité du milieu carcéral, des droits humains et de la rédemption à travers l'art.
Qui est le sujet principal du film ? Est ce le photographe star, les détenus ou la prison la plus inhumaine du monde ? Difficile de faire un choix. Le documentaire vogue entre ces 3 sujets et arrache parfois des scènes d'une rare intensité. Le reste du temps semble aussi hasardeux, décousu.
En 2019, JR est parti à Tehachapi, à deux heures de Los Angeles, travailler avec une trentaine de prisonniers d’un quartier de haute sécurité d’un pénitencier d’Etat à la réalisation, dans la cour de leur établissement, d’un immense collage d’une photographie les représentant en contre-plongée.
JR est un plasticien désormais célèbre qui a réussi à inventer une marque de fabrique mondialement connue. Il plaque dans des lieux emblématiques, la Cour du Louvre, une favela de Rio de Janeiro, le Panthéon, le mur de séparation entre Israël et la Palestine, des photographies géantes.
Après "Visages, Villages", co-réalisé avec Agnès Varda en 2017, JR nous amène loin de l’hexagone, dans un milieu hyper-référencé, celui des prisons américaines. Les condamnés qu’il y rencontre y servent de longues peines pour des crimes dont on ne saura rien, mais dont on devine sans peine la gravité. Leur mine est patibulaire, leur corps recouvert de tatouages, souvent inquiétants. L’un d’entre eux, Kevin, porte même une croix gammée sur la joue.
Le documentaire de JR transpire la bienveillance, au point de frôler le trop-plein. Tout le monde y est beau, tout le monde y est gentil. Le premier, c’est JR lui-même qui se donne le beau rôle, même s’il reste sagement caché derrière ses lunettes et sous son chapeau. Mais les vrais héros, ce sont ces prisonniers repentants, écrasés par un système judiciaire et pénitentiaire qui les a condamnés à des peines disproportionnées, et qui, au bout de longues années, n’aspirent qu’à une seule chose : sortir de Tehachapi et retrouver une vie normale. Comme de bien entendu, le projet artistique de JR va les y aider.
Je n’aime pas le rôle que j’endosse, celui du scrogneugneu qui trouve à redire à cette noble entreprise, débordante d’humanité. Pour autant, je serais fort hypocrite si je l’encensais sans réserve. Certes, la démarche de JR est noble et belle. Il y a une admirable vertu à chercher en chaque homme (désolé ! il n’y a pas de femmes à Tehachapi !) ce qu’il y a de bon en lui, en dépit des crimes commis. Mais il y a dans ce documentaire un manque si déconcertant de contre-point que son propos, admirable, finit par perdre de sa force.
Ce documentaire est particulièrement juste, riche, émouvant, utile et positif. Ce regard porté sur ces prisonniers est touchant mais leurs ressentis et leurs témoignages le sont encore plus. Nous avons besoin de sortir de la stigmatisation des "mauvais ou méchants " sans âme, sans scrupule et sans valeur. Les écouter, comprendre leur évolution, les faire participer à des projets tels que ceux de JR, ce n'est pas les excuser, c'est juste leur donner la possibilité de sortir et de se réinsérer dans de bonnes conditions pour le bien de tous. Un grand bravo à JR d'avoir su partager son formidable projet grâce à ce superbe documentaire.
Un documentaire formidable par sa générosité ! Sur la musique d’Enfant Sauvage (The Blaze), on découvre un univers impénétrable et violent qui, dans le regard bienveillant de JR, se transforme peu à peu pour redonner leur humanité à ceux qu’on a oubliés.
Excellent . Peu d'information sur le milieu carcéral, mais ceux en division 3 ont connu et participé à la violence qui y règne. Après des années en cellule , en cage , ceux ,montrés, semblent avoir des remords et accepté la peine infligée. JR leur donne une seconde chance en créant une forme de travail qui les valorisent à leurs yeux , aux yeux de leur famille, et est compris par les familles des victimes.
Que ce soit en compagnie d'Agnès Varda ("Visages Villages") ou seul, JR insupporte très vite par son narcissisme. Pour lui, faire des films, c'est avant tout le moyen de se mettre en valeur, quel que soit le sujet. Certes, il faut bien qu'il montre qu'il s'intéresse au sujet choisi et aux personnages impliqués dans ce sujet, ce qui permet à "Tehachapi" d'accueillir des scènes intéressantes sur le monde carcéral aux Etats-Unis, mais on sent beaucoup trop que, pour lui, il est absolument indispensable que ces scènes lui permettent d'une façon ou d'une autre de se mettre en valeur. Et c'est pour cela que dans "Tehachapi", film dans lequel on n'arrête pas de le voir et de l'entendre, il ne se prive pas d'insister lourdement sur le fait que c'est son projet d'aller tourner son documentaire dans une des prisons les plus dures de Californie qui a permis la réinsertion de prisonniers parmi les plus violents. Il y a peut-être du vrai là dedans mais la décence aurait voulu que JR n'en fasse pas autant dans l'autosatisfaction.
Documentaire digne et humaniste qu'il faudrait montrer à tous les électeurs extrémistes. JR confirme qu'il est un grand cinéaste en plus d'avoir un statut de photographe engagé. Indispensable.
Très beau documentaire à la fois artistique, instructif et émouvant. JR parvient à montrer comment l’art peut redonner une humanité à des hommes qui l’ont totalement perdue. Et il se montre un réalisateur hors pair. Un véritable chef-d’œuvre.
C'est merveilleux. C'est émouvant. Les criminels ont presque la tête de monsieur tout le monde À part les tatouages. Tout a été évoqué plutôt que Brutalement décrit. J'admire comment cet Artiste arrive à provoquer ce grand travail de reconstruction à travers une œuvre d'art moderne inimaginable ailleurs.
C’est un beau film ( un peu à la gloire de JR) sur la rédemption. On a envie d’y croire et on y croit…. Enfin moi, j’y ai cru jusqu’à la sortie du cinéma, quand on se rend compte que la vie n’est pas aussi simple qu’il voudrait nous le faire croire.