Sans être de nationalité suisse, il est très possible d'apprécier Ciao ciao Bourbine (Bonschuur Tecino) à sa juste valeur, à savoir un savoureux éloge du plurilinguisme de nos voisins Helvètes, à base de satire gentiment déjantée. Imaginer que la Suisse, à la suite d'un vote populaire, adopte le Français comme seule langue nationale et provoque, de ce fait, une résistance acharnée de la population non francophone, voire même quelques actes terroristes et un début de guerre civile, tel est le sujet du film de Peter Luisi, à la mise en scène inexistante mais au rythme trépidant, riche en péripéties plus ou moins loufoques. Le film a fait rire les Suisses, son potentiel comique peut aussi susciter une certaine hilarité dans les pays limitrophes, eu égard au côté peu sérieux de la chose poussé aux extrémités de l'absurde. L'interprétation est aux petits oignons et l'on peut se repaître de splendides paysages. De quoi passer un bon moment devant ce long métrage à la langue bien pendue, qui célèbre la diversité et le vivre ensemble, même lorsqu'on ne comprend pas toujours ce que disent les habitants du canton voisin.
Film qui se veut une comédie légère, mais qui l’air de rien traite d'un sujet bien plus grave que la complexité des langues officielles parlées en Suisse et des difficultés de compréhension entre les diverses cultures qui en découlent sous couvert d’union nationale. Un scénario bien subtil qui dénonce dans une jolie allégorie tous les mensonges de nos élus durant cette mascarade de l’époque covid. Tous les mécanismes du lent glissement dans le totalitarisme, de l’hypnose de masse, de l’hypocrisie du ministre de la santé de l’époque (recyclé depuis dans d’autres structures européistes), de l’ensemble du monde politique, médiatique et médical y est magnifiquement mis en lumière sans que les spectateurs attachés à une lecture triviale ne parviennent à décoder le second degré. Du grand art jouissif de se dire que scénaristes et réalisateurs de ce petit film sympathique ont réussi à se faire financer en dupant toutes les instances culturelles de ce pays acoquinées à ces mêmes milieux pour mieux leur tendre le miroir de la bouffonnerie qu'ils ont imposée au peuple.