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Jipéhel
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3,0
Publiée le 3 mai 2024
Le cynisme est aussi du grand art
Depuis 1996 et son 1er film Encore, le moins qu’on puisse dire de Pascal Bonitzer c’est que son cinéma divise. Que va-t-on penser de ces 90 minutes de comédie dramatique ? André Masson, commissaire-priseur dans la célèbre maison de ventes Scottie’s, reçoit un jour un courrier selon lequel une toile d’Egon Schiele aurait été découverte à Mulhouse chez un jeune ouvrier. Très sceptique, il se rend sur place et doit se rendre à l’évidence : le tableau est authentique, un chef-d'œuvre disparu depuis 1939, spolié par les nazis. André voit dans cet événement le sommet de sa carrière, mais c’est aussi le début d’un combat qui pourrait la mettre en péril… J’ai du écourter le pitch proposé par les distributeurs tant il dit de choses – trop de choses – sur le déroulé de ce film. Superbement écrit, cet éloge du cynisme se perd un peu dans ses multiples personnages qui diluent un peu trop le véritable sujet. Passionnant mais trop désordonné. Ce film est inspiré d'une histoire vraie : la découverte, au début des années 2000, d’un tableau d’Egon Schiele dans le pavillon d’un jeune ouvrier chimiste de la banlieue de Mulhouse par un spécialiste d’art moderne d’une grande maison de vente internationale... Tableau qui s’est révélé être une œuvre spoliée par les nazis… Jusque là, Bonitzer n’a pas inventé grand-chose. En fin de compte, l’originalité de cette espèce de thriller se situe à la fois dans la psychologie des personnages et le milieu dans lequel ils évoluent, celui des ventes d’œuvres d’art. En vérité, le film parle moins d’art que des intérêts colossaux qui y sont liés. Les dialogues sont d’une extrême finesse et l’humour omniprésent. Mais, je l’ai dit, beaucoup – trop -, de personnages dont on n’a pas le temps de saisir toute la complexité. Personnellement, j’aurais aimé que l’intrigue soit plus resserrée. Un film à l’ambiguïté élégante, à l’humour corrosif et la réalisation très peaufinée. Peut se voir sans crainte. Mais alors, quel casting ! Alex Lutz, au sommet de son art. Léa Drucker, insaisissable, Nora Hamzawi, toujours très juste, Louise Chevillotte, impeccable en mythomane et les participations d’Alain Chamfort, surprenant et Olivier Rabourdin. Du beau monde à l’écran pour un bon film parfois, je le répète, un peu touffu, mais haletant et d’une écriture diabolique. Une comédie grinçante sur le marché de l’Art, son mépris de classe et sa froideur cynique, mais parasitée par trop de digressions.
Le meilleur Bonitzer depuis très longtemps. Débarrassé de certaines affèteries, même si toujours hors sol (mais il nous plonge là dans le monde d'en haut). Avec une dramaturgie tendue.
Ne vous fiez pas à la bande-annonce quelconque. Le film est une réjouissante comédie satirique doublée d'une étude de mœurs subtile. Sans doute le meilleur film de Pascal Bonitzer.
Inspiré de l'histoire vraie de la découverte dans les années 2000 d'un tableau d'Egon Schiele ("Les Tournesols") porté disparu depuis la deuxième Guerre Mondiale, puis retrouvé chez un modeste particulier dans la banlieue de Mulhouse, ce film nous fait découvrir les dessous assez manipulateurs du milieu du marché de l'art. Le clivage entre les milieux sociaux est relativement bien mis en avant, il est dommage que le scénario se perde légèrement dans des mini-intrigues secondaires n'ayant que peu d'intérêt par rapport au sujet principal de cette comédie dramatique. Le casting est pourtant plutôt solide (Léa Drucker, Alex Lutz), mais je suis ressorti de cette séance sans grand émoi : une oeuvre cinématographique certes sommairement enrichissante, mais finalement moyenne et malheureusement vite oubliable ! Site CINEMADOURG.free.fr
André Maison (Alex Lutz), « comme le peintre », aime-t-il à répéter, est commissaire-priseur et accueille une nouvelle stagiaire. Un jour, un courrier l’informe qu’un tableau d’Egon Schiele a été découvert à Mulhouse, chez un jeune chimiste, travaillant de nuit.
Après authentification de la toile qu’il fait avec son ex-femme Bertina (Léa Drucker), André décide d’en faire la vente de sa carrière. Seulement, tous les coups étant permis, Bertina et Aurore vont l’aider.
Du côté du jeune ouvrier, Martin Keller (Arcadi Radeff) est heureusement soutenu par l’avocate Egerman (Nora Hamzawi) pour découvrir le monde de l’art dans lequel il va être propulsé.
Comédie réussie
Réalisateur de Tout de suite maintenant, dans le milieu de la finance, Pascal Bonitzer choisit un autre milieu, celui de l’art, pour y dénoncer son âpreté où tous les coups sont permis ! La jeune stagiaire, Aurore, sera l’œil naïf nécessaire à pointer les codes de ce milieu, certes policés et polis puisqu’il s’adresse aux plus riches, mais dont la cruauté est révélée par son regard neuf. Le tableau n’est qu’un « produit » (André en parle souvent ainsi), qu’il faut faire « mousser » pour qu’il rapporte plus. De plus, la dureté du milieu est particulièrement bien rendue par les tiraillements entre chacun, la solitude et la fragilité des fonctions.
La grande Histoire est présente avec la spoliation des biens des juifs et du sort funeste de la famille du propriétaire. Deux milieux que tout oppose vont se rencontrer. Mais la critique sociale est un fond sur lequel le romanesque se déploie amplement. Des histoires sous-jacentes sont incluses dans la découverte du tableau et sa vente. Il y a les mensonges de la stagiaire avec un père très, trop, aimant (Alain Chamfort), la présence chaleureuse de la mère de Martin (Laurence Côte) et ses copains (Mathieu Lucci et Illiès Kadri).
Les acteurs sont crédibles. Alex Lutz est à la fois cinglant et attachant. Léa Drucker, avec ses bains, sait nous émouvoir à plusieurs reprises. Arcadi Radeff, et son regard intense, n’est pas complètement naïf, mais plutôt un sage, malgré son jeune âge. Et, puis, pour moi, une découverte au cinéma, puisque Nora Hamzawi n’était avant ce film qu’une humoriste de radio, ici terriblement empathique pour ses clients.
Ignorante des films de Bonitzer, je ne saurais comparer ce film aux précédents du réalisateur, néanmoins, à l’aune du Tableau volé, je ne peux regretter d’avoir fait l’impasse sur ce nom si souvent entendu.
On ne passe pas un mauvais moment devant ce film, tant les acteurs sont bons, le casting impeccable, les personnages bien écrits et les décors élégants. Mais peut-être que trop peu de choses dépassent, justement, et que les ingrédients grinçants – la stagiaire qui a du mal à accepter l’histoire de son père, l’origine modeste du marchand d’art, les jalousies entre les copains ouvriers – sont trop lissés dans ce scénario finement maîtrisé. A quoi bon un récit cinématographique, si brillant soit-il, s’il ne parvient à nous ravir, nous émouvoir, nous révolter ou nous déranger ?
un tableau d'egon Schiele volé pendant la 2eme guerre mondiale et retrouvé par un marchand d'art (Alex Lutz) et sa femme (Léa Drucker) chez un jeune employé dans un pavillon habité en viager. le film traite du milieu des affaires dans l'art , de la restitution d'oeuvres volées et de la confrontation de 2 milieux sociaux qui ne se rencontrent jamais . Pascal Bonitzer réalisé un beau film joué par 2 acteurs(trices) au sommet de la maturité. a voir.....
Un très beau film de Pascal Bonitzer, probablement le plus abouti, le mieux construit, le plus mature. Tout d’abord un scénario superbement écrit, de la dentelle, comme un puzzle aussi, qui se lit à plusieurs niveaux et aborde plusieurs thèmes assez différents : celui du milieu de l’art, des marchands, des maisons de vente, de la concurrence et de la lutte acharnée pour avoir de bonnes affaires, mais aussi avec le personnage du jeune homme ouvrier ( le très bon Mathieu Lucci), gardien du tableau, le milieu populaire de province , où l’on effectue du travail de nuit, où l’on vit chichement. Le thème de la paternité, avec le personnage de la jeune fille paumée, menteuse invétérée, qui refoule son identité, en quête d’un personnage fictif. Celui du personnage principal , arriviste honnête « work alcoolic » , qui se cherche aussi et voudrait trouver une déontologie , une éthique à son métier . Il y ensuite un magnifique jeu d’acteur (comme toujours chez Bonitzer, qui est probablement l’un des tous meilleurs directeurs d’acteur français) et la palme revient à Alex Lutz qui tient là un rôle magnifique. Il dégage une puissance, une intensité de jeu et un charisme exceptionnel, probablement son meilleur rôle, un grand acteur que l’on n’a pas fini de découvrir. Léa Drucker est aussi excellente, avec un jeu plein de subtilité, Nora Hamzawi trouve aussi un ton très juste avec beaucoup de profondeur ( délicieuse scène où elle s’apprête en robe noire fuseau, se tortillant dans un couloir d’hôtel, pour aller rejoindre son amour ), et la jeune Louise Chevillote donne une très belle répartie à A. Lutz, troublante, mystérieuse, un peu mutique, que l’on a envie de découvrir dans ses autres films. Les dialogues enfin très joliment écrits, certains monologues de Lutz très profond, nous parlent du sens de la vie, de la détresse, et Alain Chamfort , dans son petit rôle sympathique nous livre un monologue sur la mort , l’espérance , superbe texte très « Célinien ». C’est aussi une comédie, on rit, on sourit souvent tout en se laissant embarquer par l’enquête policière astucieuse et bien menée . Une vraie réussite, un beau moment de cinéma.
Bonitzer apporte une touche d’humour un peu barré à un milieu que l’on pense coincé et frileux. La diction précipitée de certaines (avocate et assistante ) est rafraîchissante. Les personnages sont attachants et leurs défauts sont explorés avec légèreté.
Le thème est inhabituel et pas forcément très sexy à priori mais grâce à un scénario surpenant, des dialogues captivant et un beau casting, on se retrouve face à une belle surprise, à la fois touchante, divertissante et instructive.
Film classique dans sa réalisation, servi par des acteurs épatants et instructif sur le mode de l’art et ses enchères. Les dialogues sont la force et la réussite de ce film. Bravo, du très bon cinéma, un coup de cœur 2024.
Le thème est assez original. L histoire très bien menée entre deux univers les nantis et une classe sociale plus humble. Les acteurs s'approprient leur personnage merveilleusement bien. Film très agréable , un très bon moment.
Très plaisant à regarder, ce « Tableau volé ». Car très bien interprété, avec des personnages complexes, qui tous existent avec leurs failles, leurs zones d’ombre , leurs ambiguïtés, En dépit de quelques facilités « dans l’air de temps », il évite de délivrer un message par trop caricatural : ainsi, il existe en France de vieilles bourgeoises méchantes, et résolument racistes. Mais il existe aussi une jeunesse un peu « caillera », dont la tête est bien près de tourner dès qu’on parle d’argent. Et puis de vraies belles personnes, dont ce jeune homme issu des classes populaires, et qui, lui, ne se laisse pas tourner la tête. Néanmoins , quelques petites failles de scénario (à mon humble, très humble avis): En particulier : puisque le jeune homme en question n’est pas supposé connaître la valeur du tableau qu’il a acheté « les yeux fermés », comment la jeune notaire de Mulhouse a-t-elle pu avoir connaissance de l’existence de ce tableau? Est-ce que le jeune homme avait reconnu la signature du grand peintre? Est-ce lui qui l’a contactée? C’est de toute évidence bien improbable…
Mais pourquoi bouder son plaisir ? Oui, j’ai aimé ce film.