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1 critique
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5,0
Publiée le 8 avril 2024
Merci madame Angot. D'avoir dit publiquement ce que je n'ai jamais pu faire entendre. Et d'avoir fait parler votre fille ce que j'aurais tellement voulu... entendre. Vous n'avez pas "rompu ma solitude" mais vous m'avez consolé
Si vous ne supportez pas Christine Angot car vous la trouvez agressive, pleine de rage, cassante , pas marrante, alors n'allez pas voir ce film car elle y est agressive, pleine de rage, cassant, pas marrante. Forcément. Simplement parce qu'elle ne peut pas faire autrement, la plupart du temps. Mais si vous voulez essayer de comprendre pourquoi, à défaut de lire ses romans, allez quand même voir son film. Ou plutôt allez y juste pour visionner la scène surréaliste construite à partir d'images de l'émission "Tout le monde en parle" tournée à la sortie de son livre l'Inceste. Le montage met en relief des moments de lynchage, la meute se déchaine sur elle juste parce que son sujet dérange alors que sur un plateau TV on est là juste pour rigoler. Sur le plateau, Christine reste digne et garde son calme. Il émane d'elle une grande douceur, une fragilité. A la fin elle se lève et quitte le plateau, toujours calme. "On s'amusait bien pourtant" dit Thierry Ardisson. Comme son père "s'amusait" avec elle. Les invités ne se rendent-ils pas compte à quel point leur attitude est ignoble à ce moment là ? Comment ne pas devenir enragée quand on se heurte à une telle absence d'empathie ? Cinématographiquement, la qualité du film est discutable. Un peu bancal, un peu cabossé, un peu maladroit. Là encore tout s'explique par le traumatisme vécu par la réalisatrice, encore omniprésent. Une vie c'est long pour porter tout celà, c'est très court aussi pour arriver à comprendre "qui c'était ce type", comme le dit sa fille émue aux larmes, à extirper des mots qu'elle attend en vain depuis des années de la part des "complices" que représentent sa belle-mère et sa mère. Finalement une seule phrase lui suffit pour être apaisée et en quelque sorte sauvée, celle que prononce sa fille : spoiler: "je suis désolée qu'il te soit arrivé çà" .
Et quand Christine apprend que sa belle-mèrespoiler: porte plainte suite à sa méthode d'interrogatoire pour le documentaire jugée trop agressive, son avocat est remarquable d'humanité, lui expliquant qu' il plaidera que son histoire est bien plus grave que "tout çà", qu'elle n'est plus seulement la sienne propre mais celle de toutes les victimes d'inceste. Une histoire dont tous les acteurs doivent a minima accepter d'entendre ce qu'elle a le courage de leur dire.
Je ne suis pas du tout fan de l'écrivaine ni de la personne mais son film m'a impressionné. D'une grande force émotionnelle, Une famille montre comment le tragique et l'innommable influencent les proches après que des décennies eurent passé. A la force d'évocation du film s'ajoute une remarquable photographie, des cadres au cordeau et une judicieuse utilisation de la musique. La cinéaste cerne au mieux ce qui se passe au plus profond des êtres, de leurs intimes déchirures les plus profondes, de leur culpabilité plus ou moins consciente. Une famille ne s'oublie pas facilement car il est aussi un profond combat contre l'oubli et pour la guérison des traumatismes. Je bats ma coulpe et vais me plonger dans l'oeuvre de Christine Angot.
Exceptionnellement bouleversant. J’ai une peine immense pour Christine ANGOT. Le sujet est merveilleusement traité même si toutes les réponses ne sont pas apportées. Bravo et merci.
Christine Angot ouvre les portes de son intime, de son histoire, de sa famille. Elle se livre et nous montre ses blessures intimes et ses questionnements liés à son histoire familiale. C’est touchant, dérangeant, puissant.
Un film coup de poing - parfaitement réalisé, où l'on ne s'ennuie pas une seconde ; et surtout, grâce auquel on traverse le "gué" familial qui fait suite au long chemin de catharsis poursuivi par Christine Angot depuis si longtemps - comme si on y était - d'ailleurs on y est (!) totalement proche d'elle ...
Une "fiction" bien réelle, unique en son genre. Et un bouquet final magnifique, clôturé par une musique de générique qui finit de transmuter la pesanteur de ce difficile parcours de vie en un "instant de grâce", qui aurait surement pu être imaginé par Christian Bobin ...
Christine Angot est une romancière et essayiste française connue pour son histoire tragique, entre autres. Abusée sexuellement par son propre père quand elle est adolescente, elle tente par ce film documentaire d'interroger ses proches sur leur propre immobilisme à l'époque des faits mais également une réflexion plus globale sur l'emprise. En salle le 20 mars.
spoiler: "Une famille" Est une projection qui m'a divisé, et il est compliqué d'en faire une critique tant l'objet cinématographique est au second plan par rapport au fond du sujet. L'histoire de Christine Angot est tragique et n'a pas toujours eu bonne presse : les images de la télévision du début des années 2000 sont édifiantes et montrent que la société a évolué sur le traitement des sujets du viol et de l'inceste. Je suis un peu gêné par la posture de Christine Angot dans le film, très agressive dans la première partie avec la belle-mère puis pleine de reproches pour ses proches qu'elle interroge. J'aurais aimé qu'une place plus grande soit faite à l'écoute du témoignage de ces personnes et moins à la réponse d'angot.
Sec et abrupt certes mais surtout généreux et émouvant, on sort de ce documentaire bouleversé. En retenant ces mots toujours pensés, réfléchis et percutants de l'écrivaine se fracassant sur l'ignorance, la honte et la lâcheté.
Moi, moi, moi ! Me Angot se vautre dans son malheur et demande que tout le monde le partage, sa mère, sa fille, sa belle mère, son conjoint...Et nous, pauvres spectateurs impuissants !!!
Très bon film , parcequ elle pousse vraiment l’entourage dans ses retranchements, elle le pousse à avoir un autre point de vision, à lui faire ressentir ce qu elle a ressenti, elle demande à son entourage et aux public d ailleurs d être elle, seule moyen de mesurer l ampleur du dégât , ressentir et de sortir de leur protection. Quand on voit finalement qu elle le subit à nouveau sous les yeux pratiquement de son mari , on mesure à quel point c’est un gouffre et un manque sans fond que de ne pas avoir l amour de son pere, Je ne vois que cette réponse pour comprendre pourquoi elle ne part pas , et pourquoi elle l approche à nouveau.
Au départ, il y a une petite fille qui ramène joyeusement un pain de la boulangerie. Elle est filmée d'en haut, elle lève la tête et elle rit. Une fraction de seconde, on croit que c'est Christine Angot enfant, et un début de souffrance vrille l'esprit. Très vite on comprend que c'est sa fille, Léonore. Tout le film, en contrepoint, il y aura Léonore et l'image de cette enfance précieuse et fragile, et ce qui est arrivé à à sa mère. Ce parallèle, l'inquiétude de la mère vers son enfant installe la dévastation vécue et empêche qu'on la perde vue. Au cours d'une exposition de peinture, du Caravage je crois, il y avait une installation astucieuse, un tableau immense projeté sur un mur, dont certains détails étaient successivement zoomés pour qu'on les voit mieux. Une partie de l'oeuvre de Christine Angot m'y fait penser. Un évènement terrible dans son ensemble et dont elle détaillerait chacun des aspects dans un livre. Un amour Impossible, le voyage dans l'Est, l'Inceste, une semaine de vacances, dans le désordre. Christine Angot a subi. Suite au choc elle reste en colère. Elle est en colère. Elle ne peut pas changer ce qui est arrivé, elle reste avec cette boite énorme, qu'elle essaie de partager en vain. On la voit se battre, crier, elle n'est pas aimable, et d'un coup sur un fonds bleu nuit elle lâche : j'en ai marre de parler de l'inceste, j'en ai marre. Elle nettoie jusqu'à l'os la plaie sans parvenir à la désinfecter. spoiler: Elle s'expose sans complaisance. spoiler: Elle écoute avec intensité même les silences. spoiler: p[spoiler]Puis soudain, au milieu de photos de son enfance : "c'est lui" Comme si tout le film était pour le montrer enfin, le dénoncer vraiment à tout le monde. Et l'incompréhension : qu'est-ce qui lui a pris de s'autoriser à faire ça ? Parce qu'on ne fait pas ça à sa fille, et il ne voulait pas qu'elle soit sa fille, et on ne fait pas ça à une enfant, parce qu'il ne voulait pas qu'elle existe. Et finalement, elle crie parce qu'elle existe et elle oblige tous les autres à la reconnaître encore et encore.spoiler: [/spoiler]