280 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
41 critiques spectateurs
5
6 critiques
4
24 critiques
3
9 critiques
2
2 critiques
1
0 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Raphaël G
41 abonnés
37 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 1 juillet 2025
Fictionnel mais avec une approche documentaire, “Dissidente” met en lumière le sort des travailleurs immigrés. Subtil et intense il traite avec sérieux d’enjeux sociaux économiques actuels. Une critique plus que pertinente des rapports de domination au sein du système capitaliste.
Parce que le libéralisme sait comment exploiter les travailleurs étrangers.L Là ça se passe au Québec, mais faire fi des droits protégeant les travailleurs en recourant à une main d'oeuvre précaire est une habileté des entreprises, qui souhaitent augmenter leurs bénéfices. Ce film est un hymne dénonçant l'esclavagisme moderne. Et chaque échelon de la hiérarchie apporte sa contribution, est complice du système. Voilà du cinéma décapant, nécessaire pour repenser le travail et la solidarité.
Pour sauver de la faillite son entreprise agricole, Stéphane (Marc-André Grondin) a recours à des travailleurs guatémaltèques saisonniers. Il embauche parallèlement une traductrice, Ariane (Ariane Castellanos), qui leur traduira les consignes de la direction. La jeune femme, lourdement endettée par une relation toxique, découvre bien vite les conditions inhumaines imposées aux travailleurs immigrés, cantonnés aux tâches les plus rudes, soumis à des horaires extravagants, sans possibilité de se défendre, otages du bon vouloir d’un patron qui peut les renvoyer sans sommation et refuser de leur signer l’attestation sans laquelle ils ne pourront retrouver un emploi l’année suivante.
Son sujet, son titre, son affiche… on pouvait légitimement redouter de ce film son manichéisme prévisible, opposant la courageuse traductrice qui, n’écoutant que son bon cœur, saurait prendre la défense de ces malheureux travailleurs immigrés, à un patron brutal et cupide. Or "Dissidente" réussit à éviter ce piège. C’est, à rebours du simplisme dans lequel il aurait pu verser, un film d’une grande subtilité.
Ses personnages ne sont pas taillés d’un bloc. Ariane, par exemple, n’est pas aussi parfaite qu’elle en a l’air. Elle ne fut pas seulement la victime des malversations dans lesquelles son ancien partenaire a versé, mais aussi sa complice tacite. Elle a un besoin vital de son emploi de traductrice et doit, pour le conserver, accepter quelques compromissions. Stéphane, lui non plus, n’est pas foncièrement mauvais. Sous la pression de ses actionnaires, il doit par tous les moyens équilibrer les comptes de son entreprise, sauf à la mettre en faillite et à en licencier tout le personnel qui compte sur lui. Il n’est pas jusqu’aux employés guatémaltèques qui n’aient leur part d’ombre, laissant prospérer parmi eux des pratiques mafieuses presqu’aussi pernicieuses que celles que leur impose leur employeur canadien.
L’intrigue réserve son lot de rebondissements. Elle suit notamment l’histoire de Manuel, un employé guatémaltèque au visage angélique qu’on a remarqué dès la première scène, pleurant silencieusement dans le bus qui l’amène à l’usine. Une scoliose l’empêche de travailler. Grâce à Ariane, il obtient un arrêt maladie. Mais Stéphane, qui a absolument besoin de bras, l’oblige à rembaucher au péril de sa vie.
"Dissidente" est filmé en longs plans-séquences, la caméra collée aux acteurs, constamment en mouvement. Cette mise en scène immersive renforce la tension et nous tient en haleine tout le film durant. C’est la forme cinématographique la mieux adaptée pour décrire la violence sociale qui s’exerce sur ces travailleurs et les dilemmes dans lesquels l’héroïne se débat.
DISSIDENTE est un des film de ces six premiers mois de cinéma, avec MEMORY et THE BIKENERS. Un choc émotionnel, un film absolument passionnant, qui nous tient en haleine. Avec une actrice absolument formidable, qui porte d'ailleurs le même prénom qu'une comédienne Française, tout aussi merveilleuse, ARIANE ASCARIDE. Oui j'ai adoré ce film !
Au Québec, Ariane est embauchée dans une entreprise exploitant (et le mot est faible) de la main d’œuvre guatémaltèque. Comme traductrice, elle se retrouve très vite entre le marteau et l’enclume. Devant le traitement illégal et parfois inhumain de ces salariés saisonniers étrangers, elle ne va pas pouvoir se contenter de jouer uniquement le rôle d’interprète. Elle va devoir se positionner et prendre leur défense. Pour son premier film, Pier-Philippe de Chevigny va mous emporter dans cette tension psychologique dont est victime la jeune femme et dans un plaidoyer contre l’exploitation humaine de certains jusque dans nos « gentilles » démocraties. Son film est percutant et montre bien la violence sociale subit par cette population dans un mode bien documenté, voire quasi documentaire sans jamais être manichéen. Et c’est bien là le problème majeur du film, il est bien souvent trop didactique, tout est attendu et les dialogues bien trop explicites. On est bien entendu outré par le sort de ces travailleurs mais on n’est jamais emporté ; seule la scène finale reliant la traductrice à ses origines fait naitre de réelles émotions humaines. On retrouve des thématiques traitées par Loach ou Brizé, la force narrative en moins. Un film utile de bon élève…. TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
Un très beau film naturaliste qui va a l'essentiel sur le fond comme sur la forme et qui nous ramène à ce que l'être humain peut avoir de meilleur: sa part d'humanité précisément dans une période où , nombreux sont ceux qui se replient sur eux-mêmes, sans même chercher à comprendre ce qui motive "les autres"! ... et surtout s'ils sont étrangers. Un film qui intéroge sur notre capacité à réagir face à l'absurdité d'un monde qui si facilement nous déshumanise! ... superbement filmé et interprété!
Comment une Québécoise voit une partie de ses origines guatémaltèques remonter à la surface quand elle est témoin du harcèlement dont sont victimes des travailleurs latinos dans une usine de sa ville natale. Par petites touches, le cinéaste instille une réelle humanité dans les rapports de ces ouvriers sans droits avec celle qui tente de les aider face à un patron inflexible, lui-même sous le feu des critiques du propriétaire de l'entreprise. Avec un aspect documentaire assumé, "Dissidente" est un récit passionnant, où chaque personnage parvient à exister avec grand naturel. Dans le rôle principal, Ariane Castellanos est sensas.
Intéressante étude sociologique sur le travail des migrants sur le continent nord américain. L’horreur humaine dans toute sa splendeur. Avec l’accent québécois, ça adoucit un peu la misère, mais elle reste entière. Excellent casting .
Les enjeux de la lutte sociale se heurtent aux contingences de la mondialisation. Dissidente aussi essentielle dans la vie de cette entreprise en sursis, cette coordinatrice traductrice se débat avec humanisme pour survivre sous les ravages de l'immigration économique et de l'agriculture intensive éperdue.
Remarquable fiction qui parvient à faire vivre des parcours de personnages très différents sans caricature et tout en rendant intelligibles des mécanismes d'aliénation très variés et poignants. Le public de la salle de cinéma ( remplie ) a eu du mal à se lever une fois le film terminé, tellement il était impacté par cette force du scénario et de l'interprétation. Chapeau, le réalisateur !
"Dissidente" assez bien noté par la critique est un drame social canadien prenant. En effet le réalisateur Pier-Philippe Chevigny livre aux spectateurs une histoire bouleversante, révoltante et émouvante sur les conditions de travail d'ouvriers guatémaltèques dans une usine de transformation alimentaire, le réalisateur dénonce de plein fouet la violence sociale que subissent les travailleurs étrangers au Québec avec une actrice principale (Ariane Castellanos) très juste dans son rôle.
Un drame social efficace et touchant. Le réalisateur opte pour un récit sincère mais n'oublie pas de faire du cinéma, entre démarche d'auteur et plans de thriller. Une bonne surprise.