Né en 1970 dans la ville de Pula, charmante localité croate, située en bord de mer, Andrej Korovljev s'était jusqu'alors consacré au documentaire. Son premier long-métrage de fiction, Hotel Pula, raconte la rencontre d'une lycéenne de la ville avec un réfugié de la guerre en Bosnie, qui végète depuis trois ans dans cet hôtel. L'action se déroule en 1995 et confronte deux expériences de vie on ne peut plus dissemblables, non seulement à cause de l'âge qui les sépare, mais aussi de leur passé récent, celui de l'homme étant marqué par un véritable traumatisme, qui ne se révélera qu'au fil des minutes. C'est un film qui peut se voir aussi comme une lettre d'amour du cinéaste à sa cité natale mais il s'agit surtout d'une belle histoire simple, qui ne tombe ni dans le piège du pathos ni dans celui de la mièvrerie. Et ses deux personnages principaux, qui n'ont aucun vécu en commun sont particulièrement attachants dans leurs hésitations et leur apprentissage de sentiments nouveaux. Le film se concentre presque exclusivement sur eux, donnant peu de temps aux autres protagonistes périphériques le temps d'exister, réduits qu'ils sont à quelques traits essentiels. On peut le regretter mais cette romance d'un été, avec son contexte chargé, ne manque pas de charme.