L'actrice Paola Cortellesi (que je ne connaissais pas...) réalise pour la première fois, après en avoir (co)écrit le scénario, un remarquable "C'è ancora Domani" (impossible de visionner autrement qu'en version originale), où elle assure aussi le premier rôle féminin, en "Delia". La scène est dans le quartier populaire romain du Trastevere, l'image en noir et blanc, et le récit traite de quelques journées "particulières", lors du printemps 1946... Mais il ne s'agit ici ni de ressusciter le néoréalisme, ni la "comédie à l'italienne". PC a un style bien à elle, composite et original, où le ton va (avec bonheur) du cocasse au lyrique. Au résultat : une page de l'Histoire transalpine, contée avec vigueur, et superbement incarnée, au fil de l'apprentissage de personnages faussement archétypaux. Quand le "féminisme", mouvement dont je me méfie hautement vu son idéologie et ses dérives actuelles, donne lieu à ce genre (inventif) de "Défense et Illustration", je souscris avec enthousiasme !
Ce n’est pas que ce soit un mauvais film mais voir une femme se faire taper dessus pendant deux heures reste , pour moi en tous les cas, une épreuve que je ne renouvellerai pas une deuxième fois. Je comprends que certains puissent sortir avant la fin. Le succès en Italie vient peut-être de la nostalgie d’une certaine époque. Quoique je ne vois pas bien ce que l’on peut regretter de ce qui nous est montré dans ce film.
Loin d'être le chef d'œuvre annoncé, ce n'est pas un navet car on ne s'ennuie pas. Malgré le thème abordé des violences conjugales on reste dans une comédie avec des scènes parfois drôles. Malgré le noir et blanc et l'époque aucune comparaison avec le néo réalisme de Vittorio de Sica ou Dino Risi. Ce pamphlet sur le patriarcat est un peu lourdingue, c'est le féminisme pour les nuls !
Un film plein d'émotions et d'intelligence, qui sait passer des larmes au rire, qui surprend, qui indigne et qui montre le chemin parcouru grâce au féminisme d'après guerre. C'est parfaitement joué, la réalisation s'amuse avec un sujet grave pour mieux le faire passer, les musiques font le lien avec l'époque actuelle tout en rythmant l'action. C'est un chef d'oeuvre !
Succès surprise, ce mélo réussi est à la fois classique et moderne, avec la touche de poésie que les italiens ont le don d'apporter aux situations, mêmes les plus cruelles (on se souvient de La vie est belle de Roberto Benigni). C'est surtout un film éminemment politique, en ce qu'il s'attache aux pas d'une italienne de la classe populaire dans la Rome d'après-guerre et dépeint son quotidien sordide jusqu'à ce qu'elle se saisisse enfin d'un droit fondamental, de nature à changer son destin et surtout celui de sa fille. Si l'histoire de Délia est très dure, elle est aussi universelle, cathartique et pleine d'espoir.
5 millions d'entrées en Italie ca n'est pas pour rien. Ce film est une histoire de plus sur une femme battue c'est vrai mais Italie, noir et blanc, bons comédiens donc un chef d'oeuvre. Allez y.
Un super film italien à voir en VOST. Tout y est: la gravité du sujet sur la domination des hommes, un jeu d'acteurs parfait, bravo à la réalisatrice qui tient le rôle principal, certains scènes d"humour à l'italienne qui nous manquait tant ces dernières années. Le tout en noir et blanc, très bon choix, avec une ba nde son musicale très variée intégrant même des musiques actuelles alors que le film se passe en 1947
Alors je crains de n’avoir pas vraiment compris ce petit frère du Roma de Cuaron. Deux heures sur une femme battue qui a l’opportunité de s’en sortir mais trouve plus important d’aller voter… Je comprends bien que le droit de vote des femmes est important, mais je doute qu’il permette de mettre fin au patriarcat. Même si une femme est élue à la tête du pays, la violence conjugale n’a pas disparu pour autant. Une question d’éducation en revanche pourrait en venir à bout. Le twist final m’a gâché mon plaisir et mon désir de liberté et d’émancipation pour Delia et sa fille.
Vif succès en Italie, « Il reste encore demain » suit le quotidien d’une femme dans la Péninsule au lendemain de la Seconde guerre Mondiale. Delia, mère de trois enfants, doit faire face à la violence de son mari. L’arrivée d’une lettre va bousculer sa résignation de victime. Va-t-elle s’engager vers un nouveau avec un amant ou la raison de cette lettre est-elle l’espoir d’un autre substance ? Nous ne le saurons qu’à la toute fin. Véritable hommage féministe, ce premier long-métrage est une œuvre intelligente et inéluctable.
pas mal pour un film italien des années 2020, je m'attendais a pire. Beaucoup de manichéisme mais c'est pour la bonne cause . Paola Cortellesi, meilleure actrice que realisatrice. On est quand même tres loin du néo realisme italien et des chefs-d'œuvre des années '70 !
Dans l’Italie d’après-guerre, une infirmière tente de survivre sous les coups de son mari, tout en essayant de mener à bien un projet secret...
Alors qu'est ce que donne ce film italien phénomène dont tout le monde parle ?
Lorsque le film débute, le moins que l'on puisse dire est qu'il ne fait pas dans la dentelle pour installer son propos. "Ne parle pas de ce qui ne te regarde pas", "Ta bonne à rien de mère", "- Pourquoi gagne-t-il plus que moi ? - Parce que c'est un homme.", une gifle pour répondre à un "Bonjour"... autant de dialogues et de situations pas toujours très subtils pour illustrer le sort réservée aux femmes.
Le noir et blanc se veut un hommage au cinéma néo-réaliste (l'on reste tout de même bien loin de la profondeur du cinéma d'Ettore Scola, et notamment de son chef-d'oeuvre, Une Journée particulière) mais le ton se rapproche davantage de la comédie italienne et l'on peut être surpris par ce décalage de ton avec le sujet traité. Pourquoi pas ? À voir...
D'autant plus que, même si l'on ne peut évidemment que saluer la démarche et s'incliner devant le propos, on ne peut plus louable, d'autres partis pris artistiques se révèlent tout à fait contestables. Non seulement le choix d'invisibiliser la violence faite aux femmes est guère compréhensible (pas un seul cri, pas une seule larme, les blessures liées au coup effacées au gré des scènes), mais celui d'aller jusqu'à la chorégraphier à l'écran en utilisant la métaphore du tango pour la représenter est plus que discutable, voire possiblement contre-productif.
Le film reste toutefois assez efficace et plaisant à suivre et, petit à petit, si l'on accepte ce décalage de ton, l'on se laisse embarquer et charmer par ces scènes vaudevillesques et l'on finit par se prendre au jeu du suspense alors que l'héroïne tente de mener à bien son projet, même si, force est de reconnaître que le final est sacrément déceptif.
Un chef-d'œuvre ! À voir absolument et à recommander chaleureusement. C'est bien écrit, juste, bien joué, rythmé, je n'étais pas sortie aussi heureuse d'un cinéma depuis des lustres.
Le film est porté par son sujet, la lutte des femmes pour se libérer du patriarcat et des violences conjugales, parfois criminelles. Il a certaines faiblesses : son scénario est laborieux, tissé de grosses ficelles, n’évitant pas les incohérences ; La Rome qui nous est présentée semble de pacotille, on est plus près de publicités pour des produits italiens que des taudis sordides de « Affreux, sales et méchants » ou du chaos de « Rome, ville ouverte » ; les séquences de violences conjugales, filmées comme des pas de danse sur des musiques populaires enjouées ont indigné certaines critiques féministes dont Hélène Frappat et je le comprends. Ce parti pris douteux m’a aussi gêné. Si Paola Cortellesi ne convainc pas en tant que réalisatrice, elle séduit en tant qu’actrice : elle est pleine d’énergie, d’empathie, de charme, elle emporte le film. Elle vient du comique mais sa palette est bien plus large, c’est une grande actrice. Certaines scènes du film sont excellentes, en particulier la rencontre avec les futurs beaux-parents. La scène, intense et drôle, nous rapproche des grandes tragi-comédies du cinéma italien des années 60 et 70, comme la prestation de Giorgio Colangeli en grand père invalide mais toujours retors. Ses reparties, dans la veine d’Alberto Sordi ou d’Ugo Tognazzi, sont à mourir de rire, jaune. Le film mérite d’être vu pour sa cause, pour entendre parler l’italien de Rome et pour Paola Cortellesi.
Se situant sur ces films qui ratissent large, entre drame et comédie et surfant sur la vague féministe, une question se forme tout de suite : énième gaslight ou pas ?
Ce n'est pas parce qu'on fait un film en noir et blanc et qu'on anime certaines séquences comme les comédies d'il y a 70 ans que nous avons automatiquement un film drôle. On rigole d'ailleurs très peu. Le problème vient naturellement du thème.
Côté dramatique, c'est un bel objet de curiosité pendant 40 minutes. Après ce premier tiers, nous commençons à tourner en rond. La faute revient au côté superficiel de traiter son sujet. Sans spoiler, la violence est décrite par de la musique. La cause de cette violence trouve sa source dans une sybille. Les conséquences de cette violence se fait selon le bon vouloir du réalisateur. Les curseurs dramatiques ont été poussés dans des proportions burlesques et contaminent la fille, la mère et passent par tous les hommes. La description de la violence psychologique est primaire. Dans le même registre, tous les personnages sont très simples, sans reliefs et aplatis pour rentrer dans des cases qui représentent grossièrement les individus de l'époque. Aucun d'eux ne sortira de ces cases.
La fin inattendue laisse un peu pantois. Ce n'est pas parce qu'on est surpris que c'est bien. C'est même plutôt décevant.
Je n’ai pas aimé le ton léger de ce film face aux violences conjugales. C’est un sujet tellement dramatique que c’est difficile d’en rire ou d’en faire une danse dans le film. On espère toujours que cette femme va s’enfuir mais la fin est tout autre! Certes des droits sont acquis mais quid du mari violent? Je n’ai pas accroché et pas trouvé ça drôle!