La bande annonce française est efficace et trompeuse. Elle en dit beaucoup et le film nous apprend peu de choses quant au machisme qui régnait après-guerre dans l'Italie dominée par une religion catholique omniprésente. Cinématographiquement, Cortellesi hésite entre deux grands genres ou le cinéma italien a excellé, le néoréalisme et le burlesque. Mélanger les deux est périlleux, quand on veut y ajouter de la modernité avec le combat contre les violences intraconjugales. spoiler: Le final se veut une envolée politique , mais la pirouette éminemment sympathique arrive comme un cheveu sur la soupe puisqu'il prend le fil du récit à contre-pied. Le succès immense de ce film interroge sur la réelle émancipation des femmes en Italie encore aujourd'hui. Il convainc parce qu'il tombe au bon moment plus que par la qualité de sa mise en scène. Le noir et blanc sied bien à l'époque, mais le scénario reste caricatural. Aucune nuance dans les personnages de cette famille et des voisins d'immeuble. L'absence d'attention de Delia la mère envers ses deux propres fils, n'est pas caractéristique de la "mama" italienne. On ne s'ennuie pas, certes, mais l'ensemble manque de cohérence, telles les chansons choisies qui relèvent de l'émission populaire de TV plus que d'un film à message et universel. Dommage pour italophiles. cinéma - mars 24
Film en noir et blanc des années 40, sur la société italienne où la femme n'avait pas la parole et l'homme violant régnait sur la famille, heureusement la société a beaucoup évoluée même si le combat des femmes continue pour leurs libertés, encore trop de violence faite par les hommes
Le film lorgne du côté des grandes comédies italienne où rires et larmes se confondent mais sans jamais ici y parvenir. Tout est éclairé frontalement comme dans un téléfilm de prestige pour Les Dossiers de l’écran. Il n’y a aucun cinéma. Ce noir et blanc est putassier. C’est une facilité pour nous plonger dans une époque où tout est ripoliné ; costumes repassés, décors en toc. Tout est surligné et de mauvais goût à l’image de cette scène où la réalisatrice, qui est aussi l’actrice principale, transforme la violence que son personnage de femme soumise reçoit d’un mari ultra-violent, en un tango argentin malaisant. Le jeu des comédiens est outrancier, Tous les personnages qu’ils incarnent sont ultra-stéréotypés, enfilant les clichés comme des perles. Cette société italienne des années 40, toxique et patriarcale. doit être dénoncée mais pas comme dans un roman-photos, avec une esthétique vintage et ringarde.
Les ficelles sont grosses et l'inattendu est rare. Avec un mélange assumé de tragi-comique et une bande son assez lourdingue, il est difficile d'adhérer à ce film, qui donne une impression d'ensemble de préfabriqué.
Ne laissez jamais qui que ce soit vous raconter la fin…. Et profitez de cette narration implacable où l’espoir prend forme dans une magnifique mise en scène, courrez-y..
Véritable coup de cœur pour ce premier film en tant que réalisatrice de Paola Cortellesi. Pour qui garde une certaine nostalgie de ces films réalistes et populaires de l'Italie de l'après-guerre, en noir et blanc, c'est dans un véritable retour en arrière que nous plongent brutalement, au saut du lit pour ainsi dire, les premières images. Fortement rythmée, cette dénonciation du patriarcat, du machisme et de l'obscurantisme masculin, est présentée sous une forme alerte, entrecoupée de passages musicaux légers qui dégonflent les tensions dans l'esprit du spectateur sinon dans la vie des personnages féminins de cette histoire. Présentant des situations simples, l'entrée dans la vie active, le mariage, la vie dans un quartier populaire, l'attirance pour une vie rêvée, l'exotisme de l'Américain notamment, rien n'est caricatural cependant, ni manichéen. Sans excuser les comportements égoïstes des hommes, ils sont resitués dans un contexte social et historique qui peut valoir explication. Interprétation digne de la belle époque du drame social italien, accompagnement musical bienvenu.
Chef-d'œuvre absolu ! À voir et revoir ! J'ai vu ce film dans la salle 6 d'UGC Les Halles (la salle des meilleurs films !)
Très grand écran, magie du noir et blanc, des beaux visages empreints d'émotions...
Tout est magique dans ce film, poésie de la langue italienne, surréalisme, des bribes de comédie musicale ? transforme un univers sordide en palais de délices...
Je trouve ce film génial sans trop savoir pourquoi...
mérite 6 étoiles ?
Magie de l'italianité...
Que dire de plus ?
À revoir ! Je viens de revoir le 1er mai 2024 au MK2 Odéon, salle pleine à craquer 2 mois après sa sortie!? La musique, les chansons et les photos en noir et blanc constituent un exceptionnel cocktail...
Un film italien certes, mais surtout un film sublime. La vie d'une femme, d'une épouse et d'une mère à Rome au lendemain de la seconde guerre mondiale. C'est supporter une existence de labeurs et de brimades. Un film qui vous emporte dans un océan d'émotions, du rire aux larmes. Je suis sorti bouleversé et profondément ému. Ne ratez pas ce petit bijou.
C’est plaisant de retrouver un film italien qui nous replonge dans la grande époque des comédies sociales, celle d’après-guerre. C’est d’ailleurs la période pendant laquelle la réalisatrice Paola Cortellesi situe son film. Elle nous fait suivre la vie d’une famille avec trois enfants dont l’ainée devrait se fiancer. Le personnage principal que nous suivons est la mère qui doit assurer le quotidien, subir son mari, son beau-père, et le regard de ses voisines. Dans la description de la vie de cette femme, Paola Cortellesi décrit cette société patriarcale, le combat au quotidien des femmes pour au moins vivre, au mieux s’émanciper. La réalisatrice qui tient le rôle principal, avec brio réussit à faire vivre sans pathos cette tranche de vie tout en assurant une reconstitution d’époque sans poussière. Il faut saluer le travail d’écriture, qui nous dévoile des moments importants sans pour autant nous donner toutes les informations susceptibles de nous donner les clés. Les pistes restent ouvertes et nous laissent une part d’interprétation. Le choix de filmer en noir et blanc accentue l’impression d’être dans cette fameuse grande époque du cinéma italien. A quand son prochain film ?
Quelle belle surprise ! Je n’attendais pas grand-chose de ce film, j’étais surtout curieuse après le succès en Italie. J’ai adoré ! Tout est parfait: le jeu des acteurs, l’humour, la musique et bien évidemment l’histoire Ça mérite les 5 étoiles
Pour son premier long-métrage, sorti en 2023, Paola Cortellesi frappe très fort. En effet, la sensibilité et l’intelligence de son film justifient l’énorme succès rencontré auprès du public italien. L’histoire se situe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dans une société où le patriarcat, encore présent, cantonne la femme à un statut de soumission. La réalisatrice interprète elle-même le rôle de cette épouse violentée par son mari, servile pour son foyer mais dévouée pour ses enfants. Si les outrages subis restent insoutenables, la tension grandissante est régulièrement atténuée par une touche d’humour sarcastique ou une mise en scène remplie d’allégories. Le retournement final aussi imprévisible que délicieux du fait de son message universel rend cette œuvre indispensable. Enfin, l’utilisation d’une bande musicale anachronique vient renforcer le caractère contemporain du propos. Bref, un petit bijou de discours féministe construit sans aigreur.
Un des plus beaux films de l'année réalisé par l'actrice principale, Paola Cortellese. Un film qui nous montre l'horreur de la violence conjugale et du mépris pour les femmes, mais avec une relative légèreté (autant que possible étant donné le sujet) et une bonne dose d'humour romain. Des scènes jamais exagérées, avec un jeu d'acteur et une caméra qui nous permet de suivre le personnage principal dans ses vicissitudes sans voyeurisme. Les acteurs sont excellents et notamment bien entendu Paola Cortellese. La musique accompagne bien certains moments de légèreté ou au contraire de forte intensité. La fin est par ailleurs inattendue. C'è ancora domani n'est pas une histoire d'amour mais une histoire d'émancipation. Un très grand film, preuve du grand renouveau du cinéma italien (voir Dernière nuit à Milan dans un tout autre registre, ou Settembre plus proche par sa thématique).
Que dire de plus que Wow ? Il reste encore demain, je dirais est le film de l'année alors que l'on est qu'en mars. Le film de Paola Cortellesi a quand même parvenu à faire 5 millions d'entrées en Italie dépassant Oppenheimer et Barbie au box office. C'est devenu assez rare en Europe d'avoir des films ayant des chiffres supérieurs aux grands films américains. Il suffit de regarder le box office par année de ces 15 dernières années en France, il n'y a eu que "Bienvenue chez les ch'tis" en 2008, "Intouchable" en 2011 et "Qu'est ce qu'on a fait au bon dieu" en 2014 qui ont fait mieux que des films américains. Cela fait plaisir de voir que c'est bien possible en Italie aussi et le succès de ce film est bien mérité. Le film raconte l'histoire d'une femme dans les années 40 qui se fait battre, qui est aux ordres de son mari et qui est dépendante de ce dernier. Mais de par ce film, la réalisatrice nous expose la situation des femmes dans cette période en Italie. Je tiens à souligner d'entrée que le jeu des acteurs est, je dirais, irréprochable. Le film nous attrape et ne nous lâche pas du début à la fin. Spoiler : Délia est mère de 3 enfants, une fille et deux plus petits garçons. C'est la jeune fille qui va faire prendre conscience à sa mère que tout cela n'est pas normal. Elle qui d'ailleurs tombe amoureuse d'un jeune homme qui à première vue à l'air parfait, de la respecter, d'être attentionné et réellement amoureux. Délia ne peut qu'être heureuse pour sa fille, car elle ne vivra pas la même vie qu'elle, surtout que lui vient d'une bonne famille. Mais après leur demande en fiançailles, quand le visage de Giulio commence à changer en étant possessif et lui donnant des ordres, c'est je trouve le moment le plus intéressant du film. Délia sait qu'elle vit l'enfer, elle va jusqu'à se sacrifier pour ne pas que sa fille se fasse engueuler par son père. Mais cet événement de Giulio possessif, elle y assiste et ne peut pas supporter que sa fille vive ce qu'elle vit. On se rend compte ici que tous les hommes sont pareils, car le père de Giulio dit qu'il va choisir le mari de sa fille. On montre bien que la société fonctionnait comme ça à cette époque. Bref c'est un film que j'ai beaucoup aimé, qui mérite son succès et qui mérite autant d'entrée en France qu'en Italie.