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Goéland
40 abonnés
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3,0
Publiée le 18 mars 2024
Le film est porté par son sujet, la lutte des femmes pour se libérer du patriarcat et des violences conjugales, parfois criminelles. Il a certaines faiblesses : son scénario est laborieux, tissé de grosses ficelles, n’évitant pas les incohérences ; La Rome qui nous est présentée semble de pacotille, on est plus près de publicités pour des produits italiens que des taudis sordides de « Affreux, sales et méchants » ou du chaos de « Rome, ville ouverte » ; les séquences de violences conjugales, filmées comme des pas de danse sur des musiques populaires enjouées ont indigné certaines critiques féministes dont Hélène Frappat et je le comprends. Ce parti pris douteux m’a aussi gêné. Si Paola Cortellesi ne convainc pas en tant que réalisatrice, elle séduit en tant qu’actrice : elle est pleine d’énergie, d’empathie, de charme, elle emporte le film. Elle vient du comique mais sa palette est bien plus large, c’est une grande actrice. Certaines scènes du film sont excellentes, en particulier la rencontre avec les futurs beaux-parents. La scène, intense et drôle, nous rapproche des grandes tragi-comédies du cinéma italien des années 60 et 70, comme la prestation de Giorgio Colangeli en grand père invalide mais toujours retors. Ses reparties, dans la veine d’Alberto Sordi ou d’Ugo Tognazzi, sont à mourir de rire, jaune. Le film mérite d’être vu pour sa cause, pour entendre parler l’italien de Rome et pour Paola Cortellesi.
On pense à Begnini en voyant ce premier long-métrage d'une actrice remarquable. En effet, mêlée à une indéniable sincérité, la roublardise du projet affleure à intervalles réguliers : Delia sourit et grimace lorsqu'elle est battue, elle improvise une danse déplacée avec son mari qui la frappe... Autant de scènes qui, plutôt que de faire poindre un humour certain dans des séquences graves, créent presqu'un malaise, galvaudant le courage et la résilience de celle qui résiste à la violence. De même, les choix musicaux sont surprenants et souvent trop en décalage avec les images, quand ils ne sont pas carrément excessivement sirupeux. On sauvera cependant un morceau de Jon Spencer Blues Explosion, dont le rock'n'roll donne un allant véritable à la première scène du film en extérieurs. A côté de cela, on appréciera la qualité du casting et les réminiscences d'un cinéma transalpin que l'on a tant aimé.
une véritable pépite !! le choix du noir et blanc est totalement raccord avec l'époque qu'il restitue, ce film entre en résonance avec l'état d'esprit d'aujourd'hui, où l'on remet en cause le patriarcat. des scènes étonnantes et drôles pour faire passer la pilule parfois!!un conseil, courez le voir!
On comprend son succès en Italie. Très bon film, les scènes sont bien pensées. Merci à ce film de montrer ce qu’on ne veut surtout pas et qui a pourtant bien existé, un temps où la femme fut propriété du mari, battue, exploitée, on entre dans le combat de cette femme que l’on souhaite libre !
La bande annonce française est efficace et trompeuse. Elle en dit beaucoup et le film nous apprend peu de choses quant au machisme qui régnait après-guerre dans l'Italie dominée par une religion catholique omniprésente. Cinématographiquement, Cortellesi hésite entre deux grands genres ou le cinéma italien a excellé, le néoréalisme et le burlesque. Mélanger les deux est périlleux, quand on veut y ajouter de la modernité avec le combat contre les violences intraconjugales. spoiler: Le final se veut une envolée politique , mais la pirouette éminemment sympathique arrive comme un cheveu sur la soupe puisqu'il prend le fil du récit à contre-pied. Le succès immense de ce film interroge sur la réelle émancipation des femmes en Italie encore aujourd'hui. Il convainc parce qu'il tombe au bon moment plus que par la qualité de sa mise en scène. Le noir et blanc sied bien à l'époque, mais le scénario reste caricatural. Aucune nuance dans les personnages de cette famille et des voisins d'immeuble. L'absence d'attention de Delia la mère envers ses deux propres fils, n'est pas caractéristique de la "mama" italienne. On ne s'ennuie pas, certes, mais l'ensemble manque de cohérence, telles les chansons choisies qui relèvent de l'émission populaire de TV plus que d'un film à message et universel. Dommage pour italophiles. cinéma - mars 24
Les ficelles sont grosses et l'inattendu est rare. Avec un mélange assumé de tragi-comique et une bande son assez lourdingue, il est difficile d'adhérer à ce film, qui donne une impression d'ensemble de préfabriqué.
Film complètement inattendu filmé en noir et blanc qui lui confère un ton particulier. Sur fond des années 40 en Italie, monde régi par des hommes matchos, stupides, des femmes soumises, battues, qui n ont pas droit au chapitre et qui souffrent du poids des traditions en silence mais heureusement il y a un lendemain un espoir d une vie meilleure. Sur un ton à la fois léger et grave on se laisse porter par ce très beau film
Applaudissements des spectateurs à la fin de la séance. C’est rare ! Les acteurs sont excellents. Un film italien digne des grands metteurs en scène du passé. Le noir et blanc ajoutent de la profondeur. A voir absolument !
Alors je crains de n’avoir pas vraiment compris ce petit frère du Roma de Cuaron. Deux heures sur une femme battue qui a l’opportunité de s’en sortir mais trouve plus important d’aller voter… Je comprends bien que le droit de vote des femmes est important, mais je doute qu’il permette de mettre fin au patriarcat. Même si une femme est élue à la tête du pays, la violence conjugale n’a pas disparu pour autant. Une question d’éducation en revanche pourrait en venir à bout. Le twist final m’a gâché mon plaisir et mon désir de liberté et d’émancipation pour Delia et sa fille.
Loin d'être le chef d'œuvre annoncé, ce n'est pas un navet car on ne s'ennuie pas. Malgré le thème abordé des violences conjugales on reste dans une comédie avec des scènes parfois drôles. Malgré le noir et blanc et l'époque aucune comparaison avec le néo réalisme de Vittorio de Sica ou Dino Risi. Ce pamphlet sur le patriarcat est un peu lourdingue, c'est le féminisme pour les nuls !
D’habitude, la note spectateurs sur Allociné est un bon critère, surtout lorsqu’elle est supérieure à l’avis de la presse, et avec une note de 4,2, je m’attendais à mieux. Ce n’est pas un mauvais film et on ne s’ennuie pas mais c’est avant tout un film de propagande basique sur la condition féminine : la cause est noble mais elle est entachée de tous les clichés niais et manichéens que vous pouvez imaginer. Il y a même la petite touche d’antiracisme tout aussi grossier et hors sujet des soldats blancs qui rient du gentil soldat noir qui à perdu la photo de sa famille (sous-entendu, ce sont ses camarades qui l’on cachée ?) Avant de regarder la note spectateurs, je regarderai le nombre de votants : moins de 400 dans ce cas, 10 fois plus en moyenne – elle ne semble fiable que s’il y a beaucoup de monde. Je mets quand même 2,5 sur 5 comme le film n’est pas un navet, est bien joué et se laisse voir sans ennui.
C'est un très bon film. Tout y est : scénario, jeu des acteurs, humour et deuxième degré (pas compris par des critiques qui, donc, usurpent leur fonction), référence au néoréalisme italien, B.O. et, not least, la réelle solidarité - au sens philosophique du terme - qu'on éprouve pour le personnage, Delia, autour duquel gravité cette histoire. Demain, il restera un des meilleurs films de l'année.
Succès surprise, ce mélo réussi est à la fois classique et moderne, avec la touche de poésie que les italiens ont le don d'apporter aux situations, mêmes les plus cruelles (on se souvient de La vie est belle de Roberto Benigni). C'est surtout un film éminemment politique, en ce qu'il s'attache aux pas d'une italienne de la classe populaire dans la Rome d'après-guerre et dépeint son quotidien sordide jusqu'à ce qu'elle se saisisse enfin d'un droit fondamental, de nature à changer son destin et surtout celui de sa fille. Si l'histoire de Délia est très dure, elle est aussi universelle, cathartique et pleine d'espoir.