Le film avait du potentiel : voyager, Marrakech, des situations rocambolesques, un bon casting — Hakim Jemili, Christian Clavier, Michel Blanc dans l’un de ses derniers rôles… mais je suis sorti de séance vraiment déçu. Sur beaucoup de points, Le Routard donne l’impression d’un road-movie touristique sacrifié sur l’autel des blagues faciles.
Le personnage principal, Yann, est censé être maladroit, naïf, mais jamais vraiment touchant. On essaye de rire de ses gaffes, mais les situations tombent souvent dans le cliché ou l’exagération gratuite, sans finesse. Les dialogues sont lourds, certaines scènes s’étirent pour rien, et ça manque cruellement d’originalité. Le rythme est irrégulier : ça démarre gentiment, mais on attend que ça s’emballe, que ça surprenne, et rien ou presque ne vient.
Autre gros problème : le film s’appuie énormément sur le décor marocain, Marrakech, les rues animées, le désert… C’est joli, ça donne envie de voyager, mais ça ne suffit pas. Ça fait joli en fond, comme un aperçu Instagram, mais sans le cœur. On ne ressent pas les émotions, on ne croit pas vraiment à l’évolution du personnage, et les gags de tourisme sonnent plus souvent comme des vues d’exposition que comme des moments sincères.
Seule lumière dans ce ciel un peu gris, Michel Blanc offre une performance sobre, presque émouvante parfois, comme s’il savait que le film ne valait pas grand-chose, mais qu’il voulait tout de même lui donner un minimum de dignité. Christian Clavier fait ce qu’il peut, mais lui aussi semble en pilotage automatique. Hakim Jemili, même avec son énergie, n’arrive pas à porter à lui seul ce film bancal.