Julia vient de perdre sa compagne, Barby. Les deux femmes tenaient ensemble un restaurant. Elles élevaient ensemble León, le fils de Barby. Malgré les liens si forts qui l’unissent à cet enfant, Julia n’a aucun droit sur lui. Elle doit céder la place à la mère de Barby et au père de León.
Voilà un film qui aurait été parfaitement adapté pour précéder un débat des "Dossiers de l’écran" sur l’homoparentalité – et une entrée en matière que je devrais arrêter de répéter pour l’avoir faite déjà trop souvent et pour éviter de passer pour un indécrottable "boomer". On voit en effet venir avec ses gros sabots le film prévisible mettant en scène une héroïne lesbienne, qui avait si amoureusement élevé le fils de sa compagne et qui s’en voit brutalement séparée à la mort de celle-ci, faute de posséder le moindre droit sur lui – et la revendication subséquente d’une nécessaire modification de la législation sur le sujet.
Dieu merci, "León" est plus subtil qu’il n’y paraît. La raison en est dans un montage ultra nerveux qui raccourcit les scènes au maximum et qui joue sur leur chronologie. La Julia endeuillée qui essaie de reconstruire sa vie sans Barby, de maintenir à flot son restaurant, de tenir tête à la mère de Barby et à son ancien compagnon, alterne avec celle, heureuse et épanouie, qui partageait la vie de son amoureuse.
Le résultat en est métamorphosé. Le fond reste assez banal – même s’il évite la manichéisme qu’on pouvait craindre – mais la forme lui donne un rythme particulièrement entraînant.
Un beau film, très sensible, sur la gestion du deuil dans un couple de lesbiennes. De belles couleurs, la thématique de l'eau qui coule apporte un apaisement de l'esprit.
On doit déjà à « Andi Nachon », l’écriture et à Pepee curotto la réalisation du film « Esteros » dont on a parlé dans ce groupe. Le film plonge le spectateur dans le labyrinthe émotionnel complexe de Julia, qui, après la perte soudaine de sa compagne, Barbi, est contrainte de maintenir des liens familiaux dans un contexte de chaos et de troubles. Située dans un restaurant, un lieu qui devient une métaphore de la lutte pour maintenir une stabilité économique et émotionnelle, l'intrigue se déroule autour de Julia et de León, le fils adolescent qu'elle partageait avec Barbi. Car, on finit toujours par le savoir, le deuil est un chemin nécessaire vers la délivrance, une des épreuves les plus difficiles à traverser au cours d’une vie. Le récit se déploie sur fond de tensions familiales ; Julia doit faire face à la pression de sa belle-mère, désireuse d'obtenir la garde de son petit-fils, ainsi qu'aux exigences de son père absent, qui semble vouloir reprendre son rôle parental. À travers ce cadre relationnel, tissé entre deuil et quête de sens, le duo de cinéastes propose une réflexion profonde sur la nature éphémère des liens humains et la complexité de la reconstruction d'une famille fragmentée. Le cadre de l’univers gastronomique sert le propos. C’est un monde d'odeurs, de saveurs et de couleurs uniques et délicieuses qui implique souvent de former une communauté, de partager des plaisirs, l'hospitalité et la générosité qui accompagnent la préparation de plats élaborés pour les proches, mais aussi pour les inconnus. La protagoniste doit franchir la fine ligne qui sépare ses rêves personnels de ceux partagés avec Barbi mais aussi préserver l'héritage de Barbi, laissant son univers vivant sans se trahir. Cela entraînera une reconfiguration des relations familiales et l’apparition de formes d'affection nouvelles et inattendues. Le film aborde avec délicatesse cette thématique au sein d’une famille queer recomposée. Un film dans l’air du temps qui invite à une réflexion sur les liens familiaux et montre l’importance de la reconstruction suite à la perte d’un être proche. Il tisse un drame de reconstruction bouleversant mais qui évite l’écueil du mélodrame. L’émotion est forte, mais on ne s’y noie pas : il ne se complaît pas dans la douleur, mais l’exprime avec finesse, de façon lumineuse à travers un récit non linéaire où le présent se superpose aux souvenirs quotidiens et/ou sensuels entre Julia et Barbi. Ce qui permet de rendre compte de la présence essentielle et indissociable des morts dans nos vies, ainsi que de proposer une visibilité toujours nécessaire et audacieuse de l'érotisme lesbien dans une cinématographie locale quelque peu réticente à montrer les passions entre femmes ou dans laquelle les images de la volupté féminine ont été rendues invisibles. Les réalisateurs ont choisi d’utiliser une narration non linéaire où le présent se superpose aux souvenirs du quotidien. Cette idée est également renforcée par le personnage principal, une femme battante qui va toujours de l’avant interprété par la talentueuse Carla Crespo. León est un film intime, honnête qui aborde en profondeur de grands thèmes : le deuil, la reconfiguration de soi et des liens avec les autres après la perte d'êtres chers, l'importance des rituels d'adieu et les rêves reportés ou ces autres rêves qui, comme toutes les belles choses, semblent s'effacer au premier contact avec la réalité. Nachon et Curotto nous invitent à réfléchir à la complexité des relations humaines et à la force nécessaire pour surmonter la douleur et reconstruire les liens qui nous unissent. Grâce à une construction narrative soignée et une mise en scène sensible, León transcende le simple divertissement pour plonger dans l'introspection et l'analyse critique de la condition humaine.
henri mesquida groupe facebook : "cinemaetlitteraturegay"
Julia vient de perdre sa compagne Barby, mère légale de leur fils Léon. Le chagrin de la perte, le deuil se retrouve alors percuté par le droit et la crainte de perdre son fils et son restaurant. C’est intime, fort, déchirant. Un film coup de poing.
Vu au festival du 1er film à Annonay Première diffusion en France. Ce film est doux et agréable. il parle du travail du deuil. Mais il finit par avoir trop de longueurs à mon goût.
Bon postulat de départ, mais structure narrative très lente comme dirait Monsieur Thierry Frémaux. La fin est un happy ending attendu plus que banal et c'est dommage.
Bon film , un peu lent et tout n'est pas dit mais c'est un parti pris je pense pour qu'on se fasse notre propre idée en tant que spectateur.rice mais j'ai adoré la fin , qui met en joie