Kneecap est le premier long-métrage en langue irlandaise à être présenté au Festival de Sundance en 2024, où il a reçu le prix NEXT Audience. En outre, il est repéré dans des festivals francophones comme le Festival International du Film Francophone de Namur, les Arcs Film Festival — où il a reçu la Flèche de Cristal et le prix de la meilleure musique originale — et le Festival Premiers Plan d’Angers. Enfin, il a été présent dans plusieurs catégories aux BAFTA et est reparti avec le trophée de la catégorie meilleur premier film britannique.
S’il a déjà réalisé des documentaires par le passé, notamment One Rogue Reporter, Kneecap est le premier long-métrage de fiction de Rich Peppiatt.
Kneecap est un groupe de rap irlandais qui s’est formé en 2017 à Belfast et qui est connu pour ses thèmes indépendantistes et sa revendication de la langue irlandaise. Ils surnomment leurs fans les "Fenians", qui désignent des individus partageant des idéaux républicains irlandais et indépendantistes.
Rich Peppiatt était persuadé que le biopic musical devait se réinventer. Le destin a fait que le réalisateur a déménagé à Belfast et que seulement deux semaines plus tard, il est tombé par hasard sur le concert de Kneecap et a été bluffé par leur énergie, comme il le dit : "Plutôt que de regarder la carrière d'un groupe musical avec des lunettes roses, je me demandais s'il était possible de suivre l'ascension d'un groupe local presque en temps réel".
Rich Peppiatt a eu beaucoup de mal à convaincre le groupe de le rencontrer. Mais encore une fois, le destin s’est rangé de son côté puisqu’il a croisé l’ex-petite amie de l’un des membres dans un pub de Belfast et qui les a appelés le soir même. Si le groupe avait déjà été courtisé pour faire l’objet de documentaire, l’idée d’un long-métrage les a séduits.
Kneecap ne se présente pas comme un biopic classique. C’est un film sur un groupe de musiciens interprété par leur propre membre… Mais dans une fiction !
Le groupe Kneecap n’avait jamais fait de cinéma auparavant, étant davantage habitué à la scène. Les membres ont donc bénéficié de six mois de préparation en amont du tournage pour les préparer au métier d’acteur et à jouer devant la caméra.
Au milieu de ces comédiens néophytes et méconnus, Michael Fassbender incarne le rôle du père. Un choix intéressant selon le réalisateur, comme il le dit : "Lorsque nous avons eu besoin d'un acteur maîtrisant la langue irlandaise pour le rôle du père de Naoise, il a été le premier choix et nous avons eu la chance qu'il lise le scénario et écoute la musique de Kneecap et qu'il devienne immédiatement un fan des deux".
Rich Peppiatt est anglais à l’origine, mais a une telle affection pour l’Irlande et son histoire — l’indépendantisme est évidemment évoqué dans son film — qu’il a même obtenue la citoyenneté irlandaise en février dernier.
La seule exigence du groupe avant de commencer le tournage a été qu’il n’y ait pas de personnage principal, mais qu’ils devaient tous avoir un rôle égal. C’est la raison pour laquelle il a fallu réduire l’action et prendre des libertés sur le réel. De fil en aiguille, c’est devenu une fiction.
La scène dans laquelle Mo Chara est poursuivi sur le pont par une fanfare orangiste est très importante dans Kneecap à plusieurs égards. Elle existait dès la première version du scénario et a été complexe à réaliser en termes de mise en scène. Par ailleurs, elle est symbolique pour le réalisateur, comme il le raconte : "Ce pont reliait l'endroit où j'habitais à Belfast à celui où vivait le groupe, et je l'empruntais donc pour me rendre à mes sessions d’écriture".
Dans Kneecap, les Republican Radical Against Drugs sont une parodie des Republican Action Against Drugs (RAAD), apparus dans les années 1990. Ce sont des groupes paramilitaires qui ont refusé la paix et qui ont poursuivi les combats, notamment contre les narco-trafiquants. Pour les punir, les RAAD mettaient aux trafiquants une balle dans le genou "kneecap". C’est pour cela que le groupe a choisi ce nom, et que le film s’appelle ainsi.