Lorsque les scénaristes Damian Shannon et Mark Swift ont appris que Sam Raimi cherchait à réaliser un thriller horrifique "sophistiqué", ils ont ressorti une vieille idée autour d’une femme humiliée dans le monde de l’entreprise, qu'ils ont retrvaillée. Ils ont ensuite fait parvenir le scénario au cinéaste via sa collaboratrice et productrice Zainab Azizi. Dès la première lecture, Raimi a été séduit par les trajectoires psychologiques opposées de Linda et Bradley, plus encore que par l’aspect survival :
"J’ai aussi adoré toutes les possibilités dramaturgiques offertes par le scénario. Que se passerait-il si une femme était flouée par une bande de collègues hommes à son boulot, si sa direction la malmenait et si son patron, à la fois malveillant et méprisant, la traitait comme une moins que rien ? Et si elle était incapable de progresser dans sa carrière en raison de ce profond dysfonctionnement ? Et si tous deux s’écrasaient en avion sur une île et que leurs rôles soient inversés ?", se rappelle le metteur en scène.
Le tournage a débuté début 2025 pour 11 semaines : 6 semaines en Australie, dans les studios Disney et autour de Sydney et 5 semaines en Thaïlande, sur la côte sud-ouest. Par ailleurs, les scènes de bureau, l’appartement de Linda, l’avion et certaines parties de l’île ont été tournées en studio, tandis que les paysages naturels viennent majoritairement de Thaïlande.
Rachel McAdams incarne Linda Liddle, cadre remarquable quoique déconsidérée d’un cabinet de conseil en stratégie et planification. Extravertie mais souvent maladroite, elle adore l’émission « Survivor », tout comme la lecture. Elle vit seule, aime les citations qui stimulent l’imaginaire et peut tenir toute une conversation avec Sweetie, son oiseau de compagnie.
Zainab Azizi précise : "Linda Liddle est le genre de fille qu’on a tous croisée au travail. Quoiqu’un peu excentrique et bizarre, elle est très bonne dans ce qu’elle accomplit. Ce n’est sans doute pas la personne la plus aimée de l’entreprise mais elle reste intentionnée et a bon cœur."
"Nous avons protégé Linda en l’enveloppant d’une pensée positive grâce aux citations qu’elle déniche – ces petits fragments de philosophie qu’elle collectionne pour se défendre face aux forces hostiles qui l’attaquent. On s’est dit que c’était une bonne manière de faire en sorte que le spectateur s’attache à elle."
L’experte Ky Furneaux a supervisé toutes les scènes de survie. Elle a notamment appris à Rachel McAdams et Dylan O'Brien à collecter de l’eau, chasser et pêcher, fabriquer des outils, tresser des cordes à partir de racines et allumer plusieurs types de feu. La comédienne confie : "Sam ne voulait surtout pas qu’un spectateur regarde Send Help et se dise que les événements ne se passeraient pas comme ça."
"Mes 16 ans d’expérience de cascadeuse m’ont rapidement permis de savoir ce qu’il était possible d’envisager – ou pas – sur un plateau de tournage. Je crois qu’on a trouvé un bon compromis permettant au spectateur de vivre une expérience cinématographique inoubliable tout en apprenant des infos pratiques en matière de survie."
Le crash de l’avion repose sur un décor de jet privé démontable pouvant être immergé dans un bassin. Chaque plan a été storyboardé et prévisualisé, puis répété avant tournage. Rachel McAdams a dû jouer attachée à son siège pendant que le décor était lentement immergé.
Comme Linda et Bradley n’ont plus qu’un seul costume sur l’île, chaque étape de dégradation devait être suivie. La costumière a créé des dizaines de versions de chaque vêtement, avec différents degrés de saleté, de sang, de déchirures et d’humidité, afin d’assurer la continuité malgré un tournage non chronologique. La cheffe costumière Anna Cahill se rappelle : "Nous avions une cinquantaine de pantalons de Linda dans divers états d’usure. Les débardeurs présentaient quant à eux en permanence des taches issues de scènes précédentes ainsi que des déchirures. Suivant les scènes, il nous fallait plusieurs exemplaires de telle ou telle déclinaison de ces vêtements. "
Pour Sam Raimi et le chef-décorateur Ian Gracie, l’île devait être plus qu’un décor : elle devait être menaçante, imprévisible, presque vivante. Ils ont cherché un lieu réunissant falaises, végétation dense, sable, marées, eau claire et rochers, tout en restant techniquement accessible pour une équipe de cinéma.
La cheffe coiffeuse et maquilleuse Chiara Tripodi et son équipe ont dû planifier avec la plus extrême précision les transformations de Linda et Bradley : "Le plus difficile était de transformer l’actrice absolument magnifique qu’est Rachel en une employée de bureau que personne ne remarque ! En faire une cadre d’entreprise parfaitement insignifiante a nécessité beaucoup de travail, de maquillage, de costumes et d’essais."
Pour Bradley, c’est une trajectoire inverse qui a été mise au point : "Bradley est aux antipodes de Linda. Celle-ci assume son instinct de survie alors que lui ne sait pas du tout ce qu’il doit faire. Il se fait piquer par des insectes, attrape des coups de soleil, se déshydrate… Très en forme et épanoui au début du film, il finit par faire peur à voir. Quelque part, à mesure que Linda s’épanouit, il est de moins en moins séduisant."