Une page après l'autre
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traversay1

4 479 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 décembre 2025
Ce que l'on pourrait reprocher à Une page après l'autre, le premier long métrage de Nick Cheuk, cinéaste hongkongais de 38 ans, c'est sa mise en scène, bien trop sage. Mais pour le reste, à moins évidemment d'être totalement insensible au sujet qui est traité, la partition sentimentale du film ne peut que toucher et même rappeler certains souvenirs d'une adolescence difficile. De quoi est-il question si ce n'est de la santé mentale, à moins qu'on veuille y mettre d'autres mots comme celui de dépression, par exemple ? Quoi qu'il en soit, c'est ce sentiment très profond de ne pas être aimé, voire d'être humilié en permanence et par là de perdre toute estime en soi qui est abordé ici dans une écriture à la fois délicate et très maligne, comme en témoigne, spoiler: au bout d'une heure de projection, un twist aussi inattendu (peut-être pas pour les couteaux les plus aiguisés dans la salle) que fracassant d'émotion.
Une page après l'autre joue habilement entre longs flashbacks et voix off diverses, soit autant de procédés qui peuvent sérieusement alourdir le propos. Ce n'est pas le cas dans le film, bien au contraire, ouvrant sans cesse des perspectives nouvelles et délivrant une sorte de chaleur triste (et pourquoi pas ?) au récit. Dans le contexte des nombreux cas de suicides de jeunes gens observés un peu partout dans le monde, avec la pression de la performance qui s'accentue à l'âge le plus précoce, de la part de la société en général et de l'école et des parents en particulier, le message est relativement simple : prenez soin des autres et des plus fragiles, d'abord. Ce n'est pas niais, c'est seulement une leçon à appliquer par tous et toutes, à sa propre échelle.
Cinememories

583 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 janvier 2026
"Sous couvert d’une enquête scolaire, Une page après l’autre ausculte les blessures invisibles laissées par la pression éducative à Hong Kong. Le film de Nick Cheuk fait du souvenir et de l’absence les moteurs d’un récit intime, fragile et profondément humain."

"Le film s’ouvre sur une scène inaugurale mémorable, d’une brutalité sèche, presque sidérante, qui annonce d’emblée le vrai sujet de l’œuvre : non pas le suicide comme événement isolé, mais l’absence, le hors-champ affectif et la violence diffuse d’un système éducatif obsédé par la performance. Ainsi, le synopsis semble initialement poser une enquête : un professeur découvre une lettre aux accents suicidaires et entreprend d’en identifier l’auteur. Mais très vite, Cheuk se détourne de cette trame presque policière, qu’il abandonne pour explorer l’intérieur des êtres. Ce qui l’intéresse n’est pas de résoudre un mystère, mais d’ouvrir une brèche intérieure. À travers l’introspection du professeur Cheng — incarné avec une retenue bouleversante par Lo Chun-Yip — et les souvenirs d’enfance d’un élève, Eli, le film creuse un même sillon : celui des remords, des manques, et des blessures qui ne se referment pas."

"Le film met alors en lumière un fossé intergénérationnel béant. Privé d’accompagnement, poussé vers un individualisme extrême, Eli s’enfonce dans une culpabilité qu’il n’a ni les mots ni les épaules pour affronter seul. Il s’accroche aux messages d’encouragement d’un manga qu’il lit moins pour s’évader que pour se réconforter, comme une bouée fragile dans un monde qui le dépasse. Une scène d’une douceur rare — où Eli et sa professeure de piano jouent de façon complémentaire, d’une main chacun, composant ensemble une musique qui incarne toute la délicatesse d’une écoute véritable — fissure momentanément cette logique écrasante. Une page après l’autre montre combien ces espaces de compréhension restent des exceptions, mais des exceptions indispensables pour ne pas complètement se noyer dans les ténèbres."

"Le titre, Une page après l’autre, prend alors tout son sens. Il ne s’agit pas de tourner la page — geste trop brutal, trop définitif — mais d’apprendre à les lire, une à une, même celles qui font mal. Le film prône l’accompagnement et l’empathie comme seules voies possibles pour avancer avec ses traumatismes et ses cicatrices. Non pour les effacer, mais pour vivre avec. Avec ce premier long-métrage sincère et personnel, Nick Cheuk signe une œuvre fragile, parfois maladroite, mais profondément humaine, qui rappelle avec une force tranquille que la guérison commence souvent par un simple geste : être enfin entendu."

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Fiers R.
Fiers R.

203 abonnés 865 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 31 janvier 2026
C’est certain qu’on aurait aimé l’apprécier davantage ce premier film hong-kongais. Non seulement parce qu’il semble vraiment sincère et pétri d’intentions louables mais également parce que son sujet est particulièrement intéressant et peu traité au cinéma. En parlant du culte de la performance instauré dans la culture asiatique – ici chinoise et hongkongaise mais c’est pareil au Japon par exemple – et des troubles mentaux que cela peut encourager dans la jeunesse allant jusqu’au suicide chez certains jeunes enfants, on parle d’un sujet dur et tabou. Oui, le suicide existe également chez les pré-adolescents et c’est quelque chose de peu illustré dans les médias ou dans les canaux culturels. Les prémisses de « Une page après l’autre » sont d’ailleurs particulièrement bien trouvés, puisque on y voit un professeur trouver une lettre de suicide anonyme. Celui-ci va tout faire pour découvrir son auteur et empêcher le drame tandis que cette découverte va le pousser à se remémorer des souvenirs peu joyeux.

Ce postulat instaure, en plus de l’analyse psychologique et sociale propre à un tel sujet, une sorte de mystère quant à la personne qui a écrit la lettre. Cependant – et malheureusement – ce long-métrage accuse de nombreuses tares propres aux premières œuvres. Maladresses ou inattentions, « Une page après l’autre » pêche sur bien des aspects. Il est certain que c’est gênant de descendre une œuvre comme celle-là mais ces problèmes l’empêchent d’être le bon, voire grand film, qu’il aurait pu être. Alors bien sûr, on peut louer une interprétation sans fausse note, notamment celle des enfants, de jolis moments et une immersion dans la culture scolaire de Hong-Kong (généralement inédite pour le spectateur occidental) mais cela ne suffit pas à gommer les nombreux soucis du film, surtout sur le versant narratif.

Le souci principal provient, une fois n’est pas coutume, du montage. Pour son premier travail sur la table avec le monteur, Nick Cheunk a probablement été perturbé par son histoire qui se déroule sur deux époques. Au début, c’est vraiment très fouillis au point qu’on se perd un peu dans les méandres temporels et sur le qui est qui. Un rebondissement plutôt étonnant est en revanche bienvenu, rebattant certaines cartes et idées reçues. Mais sinon, l’histoire du passé prend bien plus de place et phagocyte celle du présent qui devient accessoire alors que c’était la note d’intention du long-métrage. « Une page après l’autre » souffre aussi de quelques séquences qui ne font pas dans la dentelle niveau tragédie. Oui le sujet est lourd mais tous les indicateurs lacrymaux semblent être lourdement mis en avant, pêchant par excès de pathos. Enfin, la mise en scène n’est pas toujours à la hauteur même si la délicatesse affichée par le film l’empêche d’être foncièrement raté et compense ses carences narratives.

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Coric Bernard

455 abonnés 848 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 janvier 2026
Ce film Hong-konguais qui traite du suicide chez les jeunes est intéressant à découvrir pour le sujet traité. Il porte un regard sur la société de ce pays et les rapports parents/élèves en particulier. Au niveau de la réalisation et du scénario de ce film, cela m’a paru un peu laborieux avec un montage pas toujours judicieux pour la bonne compréhension du spectateur.

Bernard CORIC

(Film visionné en projection de presse le 08/01/2026 au Club de l'Etoile à PARIS)
Jipéhel
Jipéhel

101 abonnés 599 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 janvier 2026
La boule au ventre

Sous couvert d’une enquête scolaire, ce drame ausculte les blessures invisibles laissées par la pression éducative à Hong Kong. Après une incursion dans le domaine du film d’arts martiaux, Nick Cheuk réalisent ici 95 minutes très sombres et exigeantes qui vous bouleversent et vous surprennent de bout en bout. Suite à la découverte d’une lettre de suicide, un enseignant se lance à la recherche de l’élève qui aurait pu l'écrire. Cette enquête le replonge alors dans son propre passé. Un ton nouveau, une mise en scène plus qu’élégante, une intrigue complexe, des personnages ambigus pour un très bon film.
Quel point commun y a-t-il entre Xavier Dolan, Greta Gerwig, Barry Jenkins, Sofia Coppola et notre hongkongais du jour ? Ils ont tous réalisé des films semi-autobiographiques avec un style personnel très marqué et une honnêteté totale, ajoute Cheuk. L’image des enseignants de lycée à Hong Kong est généralement rigide et sérieuse ; les enseignants doivent se comporter comme des adultes mûrs et matures devant les élèves, nous explique le cinéaste. Mais en réalité les enseignants portent leurs propres traumatismes, ils doivent faire face à leur famille, fument quand ils sont contrariés, ont leur propre vie sexuelle et pleurent lorsqu'ils sont tristes. Ici, la trame policière est vite abandonnée au profit de l’introspection, celle des remords, des manques, et des blessures qui ne se referment pas. Le film prône l’accompagnement et l’empathie comme seules voies possibles pour avancer avec ses traumatismes et ses cicatrices. Non pour les effacer, mais pour vivre avec. Bouleversant, je le répète.
Lo Chun Yip incarne avec subtilité ce personnage brisé mais doux, refusant obstinément d'exprimer ses vrais sentiments pour ne pas blesser les autres. Le jeune Sean Wong est impressionnant car il montre une palette de jeux étonnante. Tous les autres, Ronald Cheng, Hanna Chan, Charm Man Cham, Sean Wang, sont au diapason d’un casting remarquable et fort bien dirigé. Oui, ce film tient du pur mélo. Et alors ! Quand c’est fait avec ce talent de mise en scène et d’écriture – car vous n’êtes pas au bout de vos surprises -, on ne peut qu’applaudir… entre deux larmes.
Cinema.BZH
Cinema.BZH

5 abonnés 45 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 janvier 2026
Une page après l’autre est un film profondément émouvant, qui aborde avec sincérité un sujet complexe (le suicide) sans jamais forcer l’émotion. La mise en scène, à la fois douce et maîtrisée, offre une très belle réalisation qui accompagne le spectateur avec pudeur. Le film prend aussi le temps de montrer une relation complexe avec sa famille, marquée par les non-dits. Cette approche intime et sensible rend le récit touchant, humain et particulièrement juste.
Carole Nipette
Carole Nipette

2 abonnés 4 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 janvier 2026
Ce film m'a bouleversée et profondément touchée. Les rapports père-fils sont très bien observés et mettent bien l'accent sur cette pression scolaire et de réussite très forte en Chine et dans les pays alentours en général.
Je ne comprends pas pourquoi il est dans les sorties du 21 janvier alors qu'il ne joue quasiment nulle part et pas à Paris... c'est vraiment dommage, j'aurais voulu le revoir (je l'ai vu dans un avion par hasard).
Mompou
Mompou

2 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 février 2026
Film Honk Hongais, qu'on regarde la boule au ventre. Ou comment se rendre malheureux en maltraitant ses enfants
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