Rental Family - Dans la vie des autres
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Rental Family - Dans la vie des autres" et de son tournage !

Les familles de location

La cinéaste Mitsuyo Miyazaki, née à Osaka, s’est plongée dans l’exploration du secteur des familles de location, présent partout au Japon. La pratique de louer de tels acteurs est un phénomène apparu dans les années 1980 que la réalisatrice a découvert en commençant ses recherches sur cette industrie vers 2018. Elle explique : "Il existe actuellement environ 300 entreprises de ce type au Japon. Dans une grande ville comme Tokyo, ou même à la campagne, on peut se sentir très isolé…"

"Chaque personne à qui j'ai parlé cherchait à créer des liens. Même en payant pour le service, ils nouent une amitié au cours de ces deux ou trois heures passées ensemble. Et les acteurs qui deviennent des substituts s'investissent à 100 % dans la relation et trouvent leur propre lien au sein de la communauté. Les rôles peuvent sembler artificiels mais l'émotion est réelle."

Qui pour Phillip ?

Mitsuyo Miyazaki était en quête de la personne idéale pour incarner Phillip quand est sorti en 2022 le drame The Wahle, interprété par Brendan Fraser, qui lui a valu l'Oscar du meilleur acteur. Invitée à une projection du film, l’acteur et elle ont ensuite participé virtuellement à une séance de questions-réponses. L’ayant trouvé sincère et charmant, elle s’est dit qu’elle tenait là le Phillip de son film.

Tournage au Japon

Dès l’origine du projet, il a toujours été question que Rental Family soit tourné au Japon, avec un casting majoritairement nippon. Mais le tournage à Tokyo, qui compte plus de 14 millions d'habitants, a posé de sérieux défis logistiques. Mitsuyo Miyazaki explique : "Avec plus de 100 personnes dans l'équipe, se déplacer d'un lieu à un autre prend beaucoup plus de temps qu'aux États-Unis. De plus, les Japonais peuvent annuler un tournage à tout moment. Vous avez beau avoir réservé un site depuis deux mois, on peut très bien vous dire - alors que tout est prêt - de vous arrêter car un voisin n'apprécie pas votre présence."

Brendan Fraser au Japon

Brendan Fraser s'est rendu au Japon quelques semaines avant le début du tournage afin de s'imprégner de la culture locale et de créer sa propre histoire tokyoïte. Il a passé du temps à arpenter les rues avec un traducteur de poche, essayant d'engager la conversation avec le plus grand nombre de personnes. Toutefois, ce sont surtout dans des restaurants que se sont tenues ses meilleures discussions…

S'approprier la culture

Mitsuyo Miyazaki et son équipe ont cherché à représenter à la fois le rythme effréné de Tokyo mais aussi ses havres de paix plus zen. S'approprier cette culture impliquait également l'utilisation partielle de dialogues japonais dans le film. L'intérêt de Brendan Fraser pour l'apprentissage du japonais a favorisé un échange interculturel ouvert entre les acteurs et l'équipe.

Mais le comédien américain n'a pas été le seul à parler une nouvelle langue dans le film. L’acteur japonais de 76 ans Akira Emoto n'avait jamais eu à interpréter autant de répliques en anglais. Pour se préparer, il a travaillé avec le coach de dialogue Sean Muramatsu.

Evolution des couleurs

Au début de l'histoire, Phillip est au plus bas émotionnellement, isolé dans son petit appartement et regardant par la fenêtre des personnes qui semblent avoir une vie bien plus remplie. Pour représenter l'état dépressif du personnage, la réalisatrice a tenu à accentuer les teintes bleues. À mesure que son univers s'élargit et qu'il rencontre d’autres gens grâce à son nouveau travail, il s'illumine littéralement.

Après s'être lié d'amitié avec la petite Mia - l'enfant dont il prétend être le père - des touches multicolores apparaissent à l'écran. Phillip transpose même ces couleurs vives dans son appartement autrefois terne, en accrochant à ses fenêtres les œuvres de la fillette.

Sigur Rós à la BO

Pour la musique, Mitsuyo Miyazaki a laissé à ses collaborateurs la plus grande liberté créative. Elle a été composée par Jónsi, le chanteur de Sigur Rós, et son partenaire de production et compositeur Alex Somers. Le duo musical travaille ensemble depuis 2003 mais a été acclamé pour la première fois en 2009 avec l’album Riceboy Sleeps, une œuvre instrumentale de 68 minutes enregistrée en Islande sur instruments acoustiques.

Jónsi et Alex Somers, tous deux chanteurs, ont même confié à la cinéaste une petite partie chantée de la musique, sur laquelle se superposent cordes, piano, harpe et violoncelle. La réalisatrice analyse : "Leur musique peut être considérée comme atypique mais en même temps, c'est ça ce qui la rend intense, chargée d'émotion et de beauté. On ressent vraiment une histoire ou un voyage dans chaque son."

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