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CrystalEagle
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4,0
Publiée le 24 juin 2026
Bertrand Blier prend la France propre, bourgeoise, bien peignée, et lui crache à la figure. Deux types, Jean-Claude et Pierrot, qui ne veulent rien posséder, rien mériter, rien construire. Juste manger, rouler, dormir et recommencer. Une liberté totale et joyeuse, sans projet ni lendemain. Il ne leur reste que l'appétit, jamais la conscience. Et c'est précisément ce qui rend leur liberté si dérangeante. Elle s'exerce toujours contre quelqu'un. Une femme, surtout. Marie-Ange traverse le film en objet du désir des deux hommes, qui s'acharnent sur elle, à vouloir lui faire prendre goût à ce qu'ils lui imposent, tandis que la mise en scène épouse leur point de vue sans jamais vraiment le leur reprocher. J'imagine la claque que ça a dû être à l'époque, assis dans une salle obscure à côté de ses parents ou de ses grands-parents. Plus d'un a dû bondir de son siège ! J'ai été happé et écœuré à la fois, un grand écart que peu de films osent tenter.
Sur le papier, c'est l'anti-scénario absolu, un road-movie qui erre d'une voiture volée à l'autre, sans enjeu ni montée dramatique. Et pourtant on ne s'ennuie jamais, parce que le film n'avance pas par l'intrigue mais par l'énergie des corps et de la langue. Son énergie ne ressemble à rien d'autre. Le génie est dans les dialogues, une parole crue et rythmée, héritée de Céline, qui transforme la grossièreté en musique avant de basculer, d'un coup, dans la mélancolie. À mesure que la route se déroule, on se surprend à pardonner l'impardonnable. Puis on se regarde dans la glace, très mal à l'aise. Blier filme une France grise et hivernale, faite de supermarchés déserts et de villages fantômes, et en tire malgré tout une vraie sensation de mouvement et de liberté.
Au cœur de tout ça, deux acteurs en train de devenir des légendes sous nos yeux, Gérard Depardieu et Patrick Dewaere, l'énergie animale de l'un face à la fêlure à vif de l'autre. Ce naturel n'a rien d'un hasard. Depardieu venait de lire le roman et a assiégé Blier pour décrocher le rôle, débarquant presque chaque jour au bureau du producteur. Et c'est Dewaere qui a eu l'idée de se planter juste derrière l'épaule de son partenaire pour paraître plus petit. Toute la dynamique du costaud et du fragile est née de cette trouvaille d'acteur, un des plus grands duos de l'histoire du cinéma. Et quand on connaît le destin qui attendait Dewaere, sa fragilité à fleur de peau en devient bouleversante.
J'entends encore le violon de Stéphane Grappelli, léger et nostalgique, qui dépose une couche de tristesse sur toute cette crudité et empêche le film de se réduire à une simple provocation. C'est là que se loge mon vertige. J'ai culpabilisé d'aimer la liberté, la musique, ces scènes magnifiquement filmées, alors que le propos du film me heurtait au plus profond. Je reste circonspect face à cette œuvre à la fois majeure et indéfendable, un sommet d'écriture et d'incarnation porté par un regard que nous ne pouvons plus soutenir en face. Un film qui a vieilli de la façon la plus instructive qui soit. Un document sur une époque révolue, et sur ce que nous n'oserions, à juste titre, plus faire.
Le film témoigne de la grande liberté du cinéma prise par rapport à ce qui se faisait 10 ans plus tôt. Mais à part cela ? Le film n’est pas vraiment drôle et la surenchère de violence, de vulgarité crue ne rendent pas le film plus beau. On note que la musique jazz vient par moment mettre un peu de distance et de légèreté au film, un peu comme chez Woody Allen. A part cela le film est un des premiers road movies de loisirs en cavale. Depardieu fait son numéro habituel, plutôt bien, et Dewaere le seconde, assez bien aussi. Le reste du casting est également prestigieux, on se demande ce que la grande Jeanne Moreau est venue faire dans un rôle assez dévalorisant, en saluant au passage son courage d’avoir accepté un rôle aussi audacieux.
Quel bonheur de revoir le plus grand duo du cinéma français des seventies dans ce pur chef-d'œuvre de mon cinéaste préféré ! Aussi culte que leurs aînés Belmondo-Delon dans Borsalino ! Sauf que ces derniers étaient déjà des stars quand ils ont tourné ensemble.
Et, accessoirement, quel délice de lire les critiques outrées de certains, incapables qu'ils sont de regarder ce film sans leurs yeux de 2025, sans aucun recul, sans second degré. Les pauvres, je les plains. J'ai même lu une critique qui expliquait le succès du film par la présence de deux stars Ils étaient en fait à peu près aussi connus que moi en 74 !
Pour ceux qui découvriraient le génie de Blier, je recommande le film qui est pour moi un chef-d'œuvre absolu : "Un, deux, trois soleil". Avec la sublime Anouk Grinberg.
Le viol banalisé, le viol pour s'amuser... Ça c'est fortement anti-bourgeois. Un film répugnant. Au fait, comment ces femmes ont accepté de jouer ces rôles ? Je ne vois que le chèque final... mais bien sûr un chèque anti-bourgeois.
Quand la vacuité se hisse au rang de culte… Voilà l’impression qui domine à la découverte de ce « classique ». On pourra toujours invoquer un soi-disant souffle libertaire, une provocation subversive, voire un humour malicieux (aie). Mais ce que l’on voit surtout, c’est une époque où la femme n’était qu’un objet à la libre disposition de l’homme. Où est donc « l’esprit de liberté », quand tout n’est que violence pour quiconque croise la route des deux protagonistes ? On parle souvent de l’héritage libertaire de 68 étouffé par la censure. Mais si cette époque devait se résumer à ce film, elle n’était que prédation et domination, pas émancipation. Le filtre de la nostalgie en aveugle visiblement plus d’un… Au fond, Les Valseuses n’est qu’une suite de viols, d’agressions et d’humiliations, sans fil narratif, sans évolution des personnages, sans regard critique. Pas d’initiation, pas de rédemption : seulement une complaisance dans la brutalité. Son intérêt, peut-être, est ailleurs : servir de témoin sociologique. Revoir ce film aujourd’hui, c’est mesurer le chemin parcouru et constater que l’argument du « c’était mieux avant » sonne creux.
Deux gars qui passent leur temps à voler, insulter les gens, harceler et agresser les femmes. Rien d’autre n’est raconté. C’est par nombreux moments difficile à regarder, la gêne est omniprésente, le malaise total. C’est gras, vulgaire et sans aucune subtilité. La scène du train est insoutenable. Ce film faisait déjà polémique à sa sortie en 1974… 50 ans plus tard, sa place est dans les abîmes du cinéma.
Le genre de film qui ne pourrait plus sortir aujourd'hui !! On s'extasie beaucoup sur ce film mais pour ma part ça me dérange !! Pas les scènes avec Miou miou, magnifique au passage mais plutôt cette idée de voir 2 voyous commettre des méfaits , des vols, des harcèlements etc etc !! en 2025 j'y met une certaine réserve ...
Une France qui n existe plus, une narration qui n est plus possible, des valeurs obsolètes. Voir ce film avec le filtre actuel fait réaliser à quel point cette époque est révolue. Et tant mieux finalement
impossible à regarder aujourd'hui sinon comme objet de la caricature d'une sexualité de l'époque ** 2 acteurs masculins très surestimés, morts ou pas... Huppert, son seul film potable, la suite n'est que prétention et mauvais jeu (drôle aussi à voir au second degré, encore une pseudo star qui rend notre cinéma français si insupportable **)
L'histoire de 2 Loosers qui s'amusent à agresser des femmes sans défense. La scène du train est insupportable. L'ambiance malsaine du film m'a beaucoup gênée. Je ne comprends pas comment on peut faire des films pareils. Cela reflète un tel mépris des femmes ! Ca fait froid dans le dos.
Découvrir Les Valseuses en 2025, soit cinquante-et-ans après sa sortie, c'est regarder une œuvre témoignage d'une époque lointaine où le rôle des femmes était bien différent d'aujourd'hui. On n'imagine pas une actrice de nos jours endosser les rôles tenus par Miou-Miou, Jeanne Moreau ou encore Brigitte Fossey, dont la durée de passage à l'image est inversement proportionnelle à la quantité de tissu qui les recouvre. Du côté des hommes, on n'imagine pas non plus des acteurs incarner Jean-Claude et Pierrot avec autant d'aisance que Gérard Depardieu et Patrick Dewaere. Leur errance ponctuée de vols et de sexe brutal, figure comme la métaphore de l'ennui d'une génération, les baby-boomers, blasée de tout, assoiffée de liberté sexuelle, s'appropriant le bien d'autrui sans hésiter. On s'étonne même que la télévision française arrive encore à le diffuser. Il aura fallu le décès de Bertrand Blier pour stimuler l'audace des diffuseurs. Impossible de sortir aujourd'hui ce genre de film alors qu'en 1974, il était troisième au box-office, alors que la première place était occupée par Emmanuelle ! Notons les apparitions fugaces de Gérard Jugnot à qui les deux malfrats volent une DS et de Thierry Lhermitte en portier d'hôtel qui annonce à une cliente qu'ils viennent de lui voler sa belle voiture de collection. À noter la conclusion du film, réplique que bizarrement je connaissais, sans doute passée dans l'inconscient collectif : "Alors on n'est pas bien, paisible, à la fraîche, décontracté du gland ? Et on bandera quand on aura envie de bander !" À voir pour le témoignage historique.
La première fois que j'ai regardé ce film, je l'ai fait avec les yeux de celui qui était averti que c'était une forme de provocation envers ceux qu'on appelle "les bien-pensants".. j'y ai même vu une forme d'humour dans des scènes où les comportements semblaient volontairement excessifs Avec du recul et sachant ce que sont devenus les deux principaux acteurs, je suis beaucoup moins indulgent . Quand je vois les expressions sur leurs visages, je ne peux m'empêcher de penser que ce qui est arrivé depuis n'est pas vraiment une surprise ...
Un grand film français, avec des acteurs du temps où ils étaient épatants. Une belle histoire d’amitié qui mêle avec intelligence et humour, un peu d’amour (si, si), pas mal de sexe, de la provocation et de la bêtise (mais c’est juste pour rigoler, bah !), sans méchanceté.