Film parfait signé du grand John Huston, écrit par le grand Ray Bradbury d'après le grand roman de Melville, interprété par un Gregory Peck inoubliable en Achab... Le genre de film qui, vu enfant, peut rendre n'importe quelle personne en fou furieux de cinéma. Je peux en témoigner. D'autres adaptations ont été faites, souvent pour la TV, aucune ne lui arrive aux lacets de chaussure, même si ceux-ci traînent au sol.
Je ne connaissais pas l'histoire, ou le mythe, autour de la traque des baleiniers de la grosse et dangereuse baleine "Moby Dick", il y a eu plusieurs adaptations au cinéma sur cette histoire mais cette version écrit, produit et réalisé par John Huston m'a beaucoup plu ! Au départ, j'avais peur que les scènes Maritimes se voit trop monté dans un studio comme beaucoup de longs métrages de cette époque, cela ne se voit pas du tout ici, au contraire, elles sont spectaculaires et vieillissent très bien. Au début, on voit le narrateur s'engager et faire équipe avec les baleiniers à bord d'un grand navire en préparation pour lever les voiles et attaquer les baleines. Le personnage de Gregory Peck arrive après une demi-heure en chef de navire mais avec des apparitions marquantes sombres et obscures assoiffé d'une ambition folle d'attraper la grosse baleine "Moby Dick" qui lui a fait perdre une jambe dans le passé. Il y a aussi la présence d'Orson Welles qui a un petit rôle de prêcheur qui marque aussi les esprits. John Huston réussit à faire un grand spectacle à l'ambiance oppressante, il dispose de grands moyens artistiques qui se voit à l'écran. Du grand cinéma d'autrefois.
Ray Bradbury, John Huston, Norman Corwin, ont mis plus d’un an à bâtir un scenario adapté du roman d’ Herman Melville “Moby Dick”. Le film, sorti en 1956, deux ans après la fin du tournage, posa plusieurs problèmes. En premier l’absence de rôle féminine, car Huston voulait se concentrer sur la haine entre un homme qui se prend pour le champion de l’humanité et une baleine blanche qu’il pense être la représentation d’un Dieu malveillant qui tourmente les hommes depuis qu’il les a chassé du jardin d’Eden. Ingrid Bergman, désirée par la production, ne pouvait donc pas avoir de rôle dans cet récit. La production finit par accepter l’absence de rôle féminin et exigea en contre partie une grande star sur l’affiche. Quelques pointures refusèrent et ce fut finalement Gregory Peck qui à trente sept ans endossa le rôle d’un capitaine Achab, près de la soixantaine. Trop jeune, à priori trop mou et trop propret, il parvient néanmoins à se fondre dans l’habit de ce Prométhée ivre de haine et de vengeance, allant jusqu’à un jeu outrancier. Mais il est vrai que ce personnage pouvait difficilement se concevoir dans la sobriété. Le casting qui l’entoure (Richard Basehart, Leo Genn, Friedrich von Ledebur, Harry Andrews) est convaincant à défaut d’être génial, à l’exception d’Orson Welles dans un prêche impressionnant au début, qui tient uniquement sur sa qualité d’acteur, étant majoritairement filmé en plan fixe. Les scènes d’action sont brillamment réalisées. Malgré des moyens spéciaux qui furent ceux de l’époque, la partie chasse à Moby Dick est haletante et convaincante, grâce à une énorme maquette (trois en fait) qui se brisa moult fois, obligeant des reprises dans les conditions peu évidentes de la pleine mer. Cinématographiquement parlant, la caméra alterne les variations de distance, allant jusqu’à une épreuve physique à hauteur d’homme.spoiler: En ce sens la mort du Capitaine est impressionnante, au propre, comme au figuré. Finalement le problème métaphysique et son défi prométhéen n’est jamais sacrifié dans l’action, ni l’inverse. Enfin, le traitement particulier de la couleur, tel que voulu par Huston, donne un côté terreux mono chromique précurseur de ce qui se fait aujourd’hui, que je trouve regrettable par rapport à un noir et blanc qui apporte une autre profondeur au poids des images. Avec « Moby Dick » Huston réussit un de ses exercices favoris : adapter brillamment à l’écran un roman réputé inadaptable
Cette adaptation du roman éponyme de Melville réalisée par John Huston tente de préserver le souffle lyrique de l’œuvre originale mais ne réussit que partiellement. En effet, l’atmosphère mortifère à bord du baleinier est bien représentée ainsi que la folie gagnant peu à peu son équipage sur l’impulsion de son capitaine obsédé par sa vengeance à l’encontre du cachalot. Néanmoins la réalisation souffre de lacunes techniques propres à son époque et ne permet pas de restituer toute la grande de l’affrontement entre l’animal et le navire le poursuivant inlassablement. Pour autant, porté par la composition hallucinée de Grégory Peck en Capitaine Achab, ce « Moby Dick » est une œuvre à découvrir.
un film qui ne laisse aucune autre place que l'interprétation magistrale de Gregory Peck. Pas de cause écologique à l'époque , mais un film d'aventure jusqu'au boutiste . A redécouvrir.
En parfait maître du spectacle et de la mise en scène, John Huston offrait une version dantesque et mémorable de ce classique de la littérature. Toujours aussi impressionnant dans sa progression dramaturgique comme dans ses scènes de chasse à la gestion précise et dynamique, malgré 70 années passées, le film reste d'une force implacable dans le récit du destin de ces travailleurs de la mer entraînés vers le fond par la folie de leur capitaine, auquel Gregory Peck, pourtant plutôt abonné aux rôles de "bons gars", confère une stature et une profondeur magistrales, dans les mots comme dans les gestes. Une photographie au rendu sidérant sublime encore plus cette histoire, jusqu'au final parmi les plus "explosifs" qu'Hollywood ait pu concevoir.
En premier lieu et avant l'embarquement sur le bateau du capitaine Achab, John Huston décrit une communauté de pêcheurs et cette représentation a les accents d'un sobre hommage à des hommes, à des familles, marqués par le labeur et les dangers de la mer. Tout au long du film, au cœur de l'action et du drame, Huston intercale de ces scènes réalistes, quasi documentaires, sur le travail à bord d'une baleinière. Cet aspect subalterne du film montre surtout la volonté du cinéaste de ne pas tomber dans les artifices romanesques courants des drames maritimes, introduits le plus souvent par la promiscuité et les antagonismes à bord. Le roman d'Herman Melville relate l'étonnant combat que persiste à vouloir mener le charismatique et inquiétant Achab contre la fameuse baleine blanche. Achab, revanchard et haineux, marqué dans sa chair et dans son esprit, n'a plus que l'obsession démente de poursuivre Moby Dick, de la vaincre, dans un combat qualifié de blasphématoire. Car le film prend vite une dimension ouvertement mystique, singulière et troublante, où il apparait que l'ambition du présomptueux Achab est d'affronter la puissance divine, dont Moby Dick est l'incarnation ou l'instrument. L'action, périlleuse, est constamment portée par ce mysticisme, par l'obsession d'Achab et par la belle composition hallucinée de Gregory Peck. Et, en dépit de trucages simples -la maquette de la baleine blanche- le film est spectaculaire.
La finesse du cachalot. A visée épique, le film narre l’aventure de l’équipage d’un baleinier au XIXe. C’est l’adaptation du roman du même nom et donc le bateau recherche une énorme baleine blanche nommée Moby Dick. Enfin cette quête est surtout l’obsession du capitaine Achab qui a perdu sa jambe lors d’une précédente confrontation avec « le monstre ». Le film traîne un peu au démarrage mais cette contextualisation reste assez sympa et donne un air de comédie à un film qui ne l’est pas du tout. On s’amusera de l’apparition d’Orson Wells en pasteur tonitruant avant de s’assoupir devant la longueur de son prêche. Mais ça donne le ton. Car le principal problème du film est là. On a compris que Achab ne supporte pas la puissance de la baleine ni celle de Dieu. Que celui qui défie le tout puissant est destiné à périr. Mais il convient parfois d’agir par touches, ce que ne font pas du tout Huston et Bradbury (scénariste ici). On assiste à des envolées lyriques sur le Bien et le Mal et c’est à la fois ridicule et lourdingue. Heureusement, quelques scènes sauvent le film du naufrage comme celle de la tempête ou encore la confrontation avec Moby Dick. On applaudira la performance endiablée de Grégory Peck, toujours à la recherche du point de rupture. En bref, les quelques trop rares bons moments ne parviennent pas à faire oublier la lourdeur du propos et de la mise en scène car au final, on s’ennuie.
Ce film est un ancien chef-d'œuvre qui a beaucoup vielli. Par son esthétique de cartes postales qui le rapproche des films muets et par sa dramatisation qui rappelle Abel Ganz. Cela confine à la tragédie grecque avec un personnage d'Achab exagérément diabolisé, jusqu'à la caricature. Et le scénario mystique atteint le fantastique... Enfin il n'y a aucune empathie pour ces grands mammifères. Uniquement une féroce exploitation industrielle, ce qui a heureusement changé aujourd'hui.
Moby Dick est un bon film d'aventure signé John Huston au sommet avec un Gregory Peck au meilleur de son art. L'acteur est charismatique au possible et incarne un Achab possédé et particulièrement enragé. Richard Baseheart incarne correctement Ishmaël, le narrateur de l'histoire, mais c'est clairement Gregory Peck qui lui vole la vedette et qui attire tous les regards à chacune de ses apparitions. A noter également la performance séduisante d'Orson Welles en Father Mapple. Le film a pris un petit coup de vieux sur le plan esthétique mais il a tout de même plus de soixante ans. En revanche, il est très fidèle à l'oeuvre originale et retranscrit très bien à l'écran l'ode à la mer qu'est le livre d'Hermann Melville. Je recommande.
"Moby dick" reste l'un des plus beaux et des plus troublants films d'aventures de l'histoire du cinéma. Il ne souffre pas trop d'effets spéciaux forcément d'un autre âge (le cachalot est même plus convaincant que le requin des "Dents de la mer" qui a pourtant vingt ans de moins) et impressionne toujours par son ambiance pesante à la limite du fantastique. Les thématiques abordées vont bien au delà de la lutte du bien contre le mal, et portent des réflexions sur la vengeance, la folie collective, l'emprise d'un homme sur d'autres, et surtout sur le refus de l'humain d'être dominé par la nature.
Bien sûr les effets spéciaux datent, bien sûr Gregory Peck, mal maquillé, en fait des tonnes dans ses monologues philosophiques et psychotiques, mais l'épopée des marins baleiniers est bien rendue, et la terreur causée par la fureur de la baleine blanche fait toujours son effet.
Le capitaine Achab est un homme hanté et obnubilé par une idée : tuer la monstrueuse baleine blanche qui lui a, lors d’une expédition lointaine, pris sa jambe. C’est une sorte de quête du Graal à l’envers : il ne s’agit pas d’atteindre un idéal ou un accès à la divinité, mais d’affirmer sa condition d’homme en tuant la plus grosse des créatures divines. C’est toute la dimension mystique de ce film avec cet homme plénipotentiaire sur son bateau, respecté et craint par ses hommes, qui se dit prêt rivaliser avec Dieu si ce dernier se mettait en travers de son projet. Pour véhiculer cette dimension, John Huston utilise de nombreux procédés et schémas du film d’aventures (avec un aspect quasi documentaire sur la chasse à la baleine), et réalise des scènes de haut vol, qui alternent avec les moments symboliques. Je n’ai pas lu le mythique chef d’œuvre qu’est le livre de Melville (ce dont Woody Allen souffre dans « Zelig »), mais son adaptation, au-delà de ses « manques » probables, est une véritable réussite ; et l’image (Christique) de Achab « crucifié » sur la baleine restera pour toujours dans les mémoires.
Un grand film d'aventure porté par des acteurs immenses. On ne s’ennuie pas une seconde à l'intérieur des 1h50 de film. Dès le début on est happé par cette ambiance particulière, par ce récit simple et pourtant porteur de nombreuses thématiques sur les rapports entre l'Homme et la nature.