Isabelle Carré est lumineuse : c'est un fait que nul ne contestera ! Son film est un témoignage empreint de poésie et d'affection : dans les relations de la jeune fille à son frère, dans les hirondelles qui prennent leur envol des murs, dans le traitement des relations entre ces enfants prisonniers de leurs galères, de leurs prisons intérieures à l'intérieur même de l'enfermement psychiatrique mais qui se soutiennent, s'aiment , s'entraident, se battent parfois.(On pense au beau film documentaire Les Mistrals gagnants d'A D Julian, sur les enfants en fin de vie). Poésie et puissance du dessin et des mots. Isabelle Carré donne bien envie d'aimer la vie dans toutes les sensations qu'elle offre. Aussi ténues soient-elles pour ces adolescents. Ainsi Élisabeth, la jeune héroïne, lorsqu'elle reçoit, enfin ,une visite de sa mère, exulte devant un rayon de soleil après une longue enfance livrée à elle-même avec son frère "à ses côtés". Mais par ailleurs, le film coche pas mal de cases convenues : le père est un homosexuel qui n'a pas encore fait son coming-out et qui court, au sens propre du terme, après de jeunes hommes en faisant son footing ( un peu gros , non ? ) De plus, on est proche parfois d'un boyscoutisme un peu simple, de bons sentiments ruisselants presque "soixante huitard". Il suffit qu' I C arrive, adulte dans le centre où elle fut elle-même internée et le confie à de jeunes malades pour qu'ils se redressent comme par ême la plus rebelle à tout contact dont on ne découvrira le visage qu’à la fin. Grâce au théâtre et à l'écriture. Hélas ! Est-ce aussi simple ? Merci en tous cas, d'avoir mis l'accent sur la maladie mentale et le malaise de la psychiatrie contemporaine. Bravo à tous ceux qui travaillent aux côtés de ces enfants pour les sauver de leur misère intérieure. Du point de vue cinématographique , c'est un peu dé documentaire aurait eu peut-être plus de force. Désolée, Isabelle. .