Alerte !
J’admire sans réserve Isabelle Carré comme actrice, - je n’ai pas encore lu ses 1ers romans – et voici que nous arrive son 1er film, inspiré d’un de ses livres totalement autobiographique. Élisabeth, comédienne, anime des ateliers d’écriture à l’hôpital Necker avec des adolescents en grande détresse psychologique. À leur contact, elle replonge dans sa propre histoire : son internement à 14 ans. Peu à peu, les souvenirs refont surface. Et avec eux, la découverte du théâtre, qui un jour l’a sauvée. 106 minutes dont j’attendais beaucoup d’émotion, mais qui, pour des raisons que j’ai du mal à analyser, n’est venue que par intermittence. J’aurais tant aimé adorer ce film qui m’a laissé sur le bord du chemin.
Ce drame est inspiré de la propre jeunesse et de son internement à 14 ans d’Isabelle Carré. En mélangeant réalité et une part de fiction – sans doute pour toucher un public plus large -, je pense que la cinéaste a fait fausse route. Le sujet était suffisamment fort sans l’encombrer de pas mal de scories – qui font le plus souvent dans l’onirisme -, dans le récit qui, pour moi, se suffisait à lui-même. Bien sûr, et c’est là l’intérêt principal du film, il dépeint non seulement le passé mais aussi l'évolution des institutions psychiatriques. La cinéaste dénonce le manque de pédopsychiatres et de structures de soins dans de nombreuses régions françaises. Autre point fort, le film a soigneusement intégré des moments où la musique sert de lien émotionnel entre les personnages. Elle a été utilisée pour créer des instants de répit et d'espoir, renforçant l'idée que l'art peut transcender les barrières psychiques. Beaucoup de choses qui rendent l’ensemble touchant, tendre mais pas bouleversant comme je l’espérais secrètement.
Sur l’écran, Isabelle Carré, herself, Judith Chemla, les jeunes Tessa Dumont Janod – une vraie et belle découverte - et Mélissa Boros, - déjà remarquable dans l’Alpha de Julia Ducourneau -, Alex Lutz, Pablo Pauly, - pour sa part, par contre, pas très plausible -, mais aussi les apparitions, parfois plus qu’éphémères des bons amis comme Bernard Campan, Nicole Garcia et Vincent Dedienne. Les intentions sont là, le résultat en dessous des espérances. Mais ce jugement n’engage évidemment que moi, même si un film qui alerte sur la santé mentale des jeunes, victimes de toujours plus de tentatives de suicide, ne peut laisser indifférent.