Selon Joy
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traversay1

4 480 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 5 décembre 2025
Le premier long métrage de Camille Lugan ne laissera personne indifférent, cela parait évident. D'aucuns adhéreront à son intrigue, minimaliste et singulière, d'autres non. spoiler: Son originalité tient en premier lieu à sa mixité entre deux univers a priori aux antipodes, celui de la religion et celui de la drogue. Et au milieu, une jeune femme, attachée à sa foi, qui obéit aux signes du destin, du moins est-ce ainsi qu'elle interprète sa rencontre avec un dealer.
L'atmosphère du film est essentielle dans une ville portuaire sinistre, déserte la nuit, un hangar et une église. Avec peu de dialogues, Selon Joy devient au fil des minutes un film noir épuré, qui pourrait être un chemin de croix ou une rédemption. Apprécier son caractère radical, entre douceur et violence, est presque de l'ordre de la croyance ou du ressenti, en tout cas. Si l'on apprécie à sa juste valeur sa forme décantée, il n'est pas interdit de se sentir frustré par son épaisseur psychologique relative et un enchaînement des faits somme toute prévisible. Dans ce quai des brumes existentiel et mystique, les seconds rôles sont puissants, mais trop peu présents, malgré le talent d'Asia Argento ou de Raphaël Thiéry. Dans le rôle principal, Sonia Bonny confère une intensité, un mystère et un charisme indéniables à son personnage.
Direct-actu.fr
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371 abonnés 475 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 décembre 2025
Avec Selon Joy, Camille Lugan signe un premier long métrage habité, exigeant, qui s’aventure sur un terrain rarement exploré avec autant de retenue : celui de la foi comme structure intime, à la fois refuge psychique et zone de fragilité. Le film s’ancre dans une ville grise, presque abstraite, qui reflète l’état intérieur de son héroïne, Joy, jeune femme orpheline dont la croyance religieuse n’est ni militante ni démonstrative, mais profondément incarnée. Sa foi est un socle, une manière d’organiser le monde, de donner une forme à la douleur, et surtout de ne pas sombrer.

La rencontre avec Andriy vient troubler cet équilibre précaire. Lui est tout l’inverse : instable, marqué par la violence et l’errance intérieure, incapable de canaliser ce qui le traverse. Leur lien ne repose pas sur une romance classique, mais sur une reconnaissance mutuelle de la faille. Camille Lugan filme cette relation sans romantisme forcé, en laissant affleurer les silences, les maladresses et les zones d’ombre. Autour d’eux, les figures du Père Léonard et de Mater viennent incarner deux visions opposées du sacré, l’une institutionnelle, l’autre charnelle et ambiguë, renforçant la tension entre croyance structurante et dérive intérieure.

Ce qui frappe dans Selon Joy, c’est la manière dont le film montre que la religion peut parfois entrer en collision avec la psyché. La prière devient autant un apaisement qu’un mécanisme d’évitement, une façon de contenir des émotions trop lourdes à affronter directement. Le film ne juge jamais, il observe. Il montre comment la foi peut soutenir, mais aussi enfermer, lorsqu’elle empêche de regarder la souffrance en face. La mise en scène, épurée et sensorielle, soutenue par un travail sonore discret et oppressant, accompagne cette exploration intérieure avec une grande cohérence.

Sans chercher le choc ni la provocation, Selon Joy propose un regard rare, mature et profondément humain sur le lien entre spiritualité et blessure intime. Un film inconfortable par moments, mais sincère, qui accepte le doute comme moteur narratif, et laisse le spectateur face à ses propres zones de questionnement.
geofkoe
geofkoe

187 abonnés 16 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 novembre 2025
Pour son premier long-métrage, Camille Lugan s’empare d’un sujet délicat : la foi, le besoin de croire, et la manière dont une jeune femme tente de donner du sens à sa solitude dans un monde qui semble avoir perdu le sien. Selon Joy se déroule dans une ville anonyme, sans couleur ni mémoire, décor presque désertique où évolue Joy, incarnée avec une grande retenue par Sonia Bonny. Orpheline, entièrement tournée vers sa religion, elle vit dans un rapport quasi fusionnel avec son église, seul lieu où elle semble exister pleinement.

Tout bascule lorsqu’elle croise Andriy (Volodymyr Zhdanov), agressé sous ses yeux. Cet événement, qui pourrait n’être qu’un fait divers, devient pour elle un signe. Joy s’attache à cet inconnu comme à une évidence, persuadée que leurs destins doivent se rejoindre. Le film suit alors cette conviction intime, parfois fragile, parfois inquiétante, sans jamais la juger.

Camille Lugan filme cette relation naissante avec une grande précision, dans une mise en scène volontairement épurée. La ville grise, les espaces vides, les silences insistants : tout concourt à placer le spectateur dans la tête de Joy, dans cette zone où le réel et la croyance se mélangent. C’est d’ailleurs ce qui fait la singularité du film : il n’explique pas, il observe. Il laisse place au doute, aux émotions brutes, à cette frontière ténue entre ferveur et obsession.

Asia Argento apporte à l’ensemble une énergie plus sombre, presque imprévisible, tandis que Raphaël Thiéry incarne une présence à la fois rude et profondément humaine. Ces personnages secondaires enrichissent le parcours de Joy et donnent au film un relief supplémentaire.

Scénariste diplômée de la Fémis — on lui doit notamment des collaborations sur des projets de Daniel Auteuil et Rebecca Zlotowski — Camille Lugan signe ici un premier long-métrage cohérent, habité et maîtrisé. Après ses courts-métrages remarqués, dont La Persistente sélectionné à la Semaine de la Critique, elle confirme une vraie sensibilité de récit.

Selon Joy est un film sobre, troublant, qui parle de foi mais aussi d’isolement, et de la manière dont certains cherchent désespérément un signe pour avancer. Un premier film qui laisse une empreinte discrète mais durable.
Galinaf007
Galinaf007

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 décembre 2025
Les acteurs sont excellents et très crédibles! Leur chimie rend l’histoire captivante du début à la fin!
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