Découvert au Jeu de Paume en présence du réalisateur. Un film passionnant et sensoriel dans lequel on suit l'ultime voyage d'un guérisseur et gardien des esprits d'une petit communauté de la jungle colombienne
Quelle magnifique surprise ! La beauté plastique du film épouse parfaitement sa poésie, diffusant une douce ivresse visuelle et spirituelle. Merci à Cinélatino pour cette belle découverte.
Le repos des âmes et la fine frontière qui existe entre le monde des vivants et celui des morts, tels sont, en gros, les thèmes de Yo vi tres luces negras. Le film joue avec le surnaturel et évoque, bien entendu, puisque le lieu concerné est la jungle proche du Pacifique, en Colombie, les massacres du passé. Le réalisateur, Santiago Lozano Álvarez, a peaufiné son ambiance avec le surnaturel qui occupe la première place. Mais n'est pas Weerasethakul qui veut et le mariage entre l'onirisme et une éventuelle tension liée au passage vers l'autre rive se révèle fort peu satisfaisant, générant plutôt une sorte d'ennui inextricable. Question d'humeur du moment et d'ouverture d'esprit, sans doute, à l'instant de la projection mais la poésie ne se décrète pas et la fascination exercée par un film, encore moins. L'idée de s'embarquer pour un voyage entre deux mondes, surtout avec le contexte colombien en filigrane, n'est pas en soi une idée repoussante mais l'alchimie ne fonctionne pas de manière systématique et ici, il manque quelques éléments qui permettraient de prendre son ticket sans arrière-pensée. Peut-être que le film mérite un deuxième visionnage mais faut-il encore avoir le courage de retenter sa chance.
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1,5
Publiée le 7 novembre 2025
José de los Santos pense que mourir en paix évitera à son âme d'errer indéfiniment comme ceux qui sont morts d'une mort violente. Ce n'est pas une idée qui lui est venue comme ça, mais il décide de suivre ce message de l'au-delà même s'il n'a pas envie de mourir. Une croyance à l'origine de cette quête spirituelle entravée par toutes sortes de choses notamment des groupes armés. Un long voyage à la fois physique et spirituel qui est teinté de mysticisme et d'onirisme. Un parcours surtout symbolique, car les obstacles n'en sont pas vraiment. Son objectif est d'arriver au bout, mais on ne ressent pas vraiment d'urgence ou de danger. C'est surtout un voyage atmosphérique, introspectif et poétique qui requiert d'accrocher à cette approche méditative et surtout contemplative. Les images sont belles, mais ça s'arrête là pour moi... Je n'ai pas du tout aimé.
Je voulais voir ce film pour la Colombie, un pays cher à mon cœur…
Un vieil homme, José de los Santos, vit dans un village de la côte pacifique colombienne. Enfant, il a appris les arts des rituels mortuaires hérités de ses ancêtres africains, anciens esclaves. Un jour, l'âme de son fils Pium-Pium, violemment assassiné par des paramilitaires, lui apparaît et lui annonce sa mort prochaine, l'avertissant qu'il ne doit pas mourir près de sa maison, et surtout, qu'il doit mourir en paix.
José de los Santos entreprend un voyage à travers la jungle pour trouver un endroit où mourir, défiant le couvre-feu imposé par les groupes armés illégaux qui se disputent le territoire. Il doit survivre aux armes pour ne pas rejoindre les âmes du purgatoire.
Un film intimiste avec une économie d’action et de personnages, une menace sous-jacente. Une ambiance hypnotique dans la mangrove. Une foi religieuse et animiste. Ce réalisme magique particulier mêlant violence des paramilitaires, conséquences sur les populations locales et croyances ancestrales La présence de l’acteur principal crève l’écran.
Un récit de rendez-vous avec la mort qui rappelle l'angoisse métaphysique du Septième Sceau de Bergman, porté par une mise en scène aux accents weerasethakuliens. La preuve, s’il en fallait une, que le cinéma colombien se forge une identité à la fois riche en références et audacieuse qui mérite plus que jamais notre attention !
La dimension contemplative du film finit par prendre le dessus sur le récit et sur les personnages. Le film semble vouloir explorer un passage entre le monde des vivants et celui des morts à travers un voyage quasi mystique, mais cette intention reste, à mes yeux, trop abstraite pour créer un véritable engagement émotionnel.