Dans les pays anglo-saxons, l’expression désigne les veilleuses, généralement sur trépied, qui restent allumées au centre des scènes de théâtre la nuit.
Avant tout placées là pour des raisons de sécurité, elles empêchent que la personne qui ouvre le théâtre ne tombe de scène dans l’obscurité totale. Mais les ghost lights ont toujours eu une dimension superstitieuse dans l’univers du théâtre. Elles sont censées, par exemple, apaiser les fantômes qui hantent, dans l’imaginaire populaire, les théâtres, en leur permettant notamment de jouer sur scène la nuit et ainsi éviter qu’ils ne sabotent les prestations des vivants le jour.
Pendant le confinement lié au Covid-19, les ghost lights restées allumées sont devenues le symbole de la résistance du spectacle vivant et de leur résilience.
Ghostlight traite du deuil, en particulier celui d'un père. Kelly O’Sullivan, co-réalisatrice et scénariste du film, raconte comment elle a abordé ce thème lors de l'écriture : "Le deuil est quelque chose que nous traversons tous d’une manière ou d’une autre. C’est donc un mélange de mes propres expériences et de ce que j’ai observé chez des proches. Le livre L’Année de la pensée magique de Joan Didion m’a beaucoup inspirée. J’ai aussi fait beaucoup de recherches – je vais souvent sur des forums où les gens partagent leurs expériences, je les lis et prends des notes sur ce qui y est dit. Et je suis très observatrice, surtout en ce qui concerne ma propre famille."
Les réalisateurs Kelly O’Sullivan et Alex Thompson forment un couple à la ville. Ghostlight est le premier film de la première, tandis que le second a plusieurs films à son actif, dont Saint Frances, écrit par O'Sullivan. Celle-ci déclare : "Après Saint Frances, j’ai su que je voulais réaliser mes propres films. Cela m’a donné envie d’avoir plus de contrôle sur l’histoire et sur la façon dont elle est racontée. Et c’est beaucoup moins stressant quand on travaille avec quelqu’un de talentueux comme Alex". Sur le plateau, il n'y a pas de répartition stricte des rôles, comme le précise Thompson : "Nous sommes tous les deux impliqués, et cela se fait naturellement : je vais être attiré par des idées visuelles, tandis que Kelly va voir quelque chose dans le jeu d’acteur qu’elle voudra explorer. Nous discutons constamment et nous ne laissons rien au hasard."
Ghostlight fait le récit d’une famille qui est interprétée par une vraie famille, à savoir les acteurs Keith Kupferer et Tara Mallen, et leur fille Katherine Mallen Kupferer. Kelly O’Sullivan a écrit le rôle de Dan pour Keith Kupferer, avec lequel elle avait monté une pièce de théâtre dix ans plus tôt. C'est lui qui a demandé à ce que sa fille soit auditionnée, comme le raconte la réalisatrice : "Je pensais qu’elle était trop jeune, mais il m’a dit : « C’est une actrice, elle me tuerait si je ne demandais pas si elle pouvait auditionner ! » Alors, elle est venue faire une lecture, et c’était déjà une adolescente. J’étais stupéfaite ! Elle avait cette confiance et cet air effronté. Nous l’avons immédiatement choisie. Et puis, il y avait Tara, qui est une comédienne très appréciée dont je connaissais le travail."
Ce lien qui unit le trio de comédiens a facilité les choses selon Alex Thompson : "Nous travaillons à un rythme soutenu avec peu d’argent. Quand une journée s’avère difficile, il est souvent plus simple de filmer quelqu’un qui est naturellement convaincant. Alors, avec trois personnes partageant autant de scènes, leur lien dans la vie méritait d’être exploité. Pourtant, ce n’était pas prévu au départ. C’était une décision de dernière minute."