"Norah" avait déjà été remarqué cette année avec la Mention spéciale du jury à Un Certain Regard au Festival de Cannes. Ce drame explore avec une grande sensibilité la ruralité saoudienne, loin des clichés liés au pétrodollar. Le film met en lumière les coutumes bédouines et la difficulté d’accéder à l'éducation dans ces régions reculées. La musique, émouvante, amplifie la dureté des épreuves vécues par les personnages, tout en offrant des moments de grâce.
L'histoire se concentre sur le nouvel instituteur Nader et Norah, une jeune femme en quête de liberté. Ils refusent de se plier aux normes de leur société. Norah, interprétée avec brio par Maria Bahrawi, incarne une femme déterminée à s'échapper de cette "prison morale" imposée par la tradition. À travers son refus des règles établies, elle devient un symbole de résistance.
Le film nous enseigne comment l'art, véritable outil d’émancipation, est violemment combattu dans ces régions, où l'obscurantisme mène à un véritable nettoyage culturel. "Norah" montre l'importance de la lutte contre cette oppression, avec une puissance émotive qui nous emporte.
Norah est de ces films qu'on aurait voulu aimer davantage, sans doute parce le romanesque espéré, accolé au fréquent récit d'émancipation féminine, reste un peu timide, à notre goût, qui est forcément un peu trop occidental pour entendre mieux et davantage le message passé dans un film situé au milieu des années 90, dans un village perdu du désert saoudien. Pour autant, même avec le léger voile de déception qui le recouvre, Norah raconte une belle histoire, avec une grande délicatesse, avec pour personnages principaux un instituteur, également artiste, et une jeune fille qui ose rêver plus grand, dans un monde d'hommes où son avenir semble tout tracé. Il y ainsi de jolis moments dans le film, pudiques et gracieux, et une belle mise en perspective de somptueux paysages, dont la beauté est aussi synonyme de solitude, à l'image de ce que vit son héroïne. Mais hormis ses deux protagonistes principaux, le premier long métrage de Tawfik Alzaldi a plus de mal à caractériser ses autres personnages, si ce n'est dans leurs aspects les plus attendues. spoiler: A ce titre, l'épicier, qui est une sorte de lien entre le village et la ville, entre la tradition et la modernité, pour le dire autrement, aurait bien mérité d'être un tantinet plus développé.
Le cinéma venu d'Arabie Saoudite est rare, donc précieux, surtout lorsqu'il vise à s'émanciper des diktats religieux et à adopter une défense des femmes. C'est pourquoi Norah mérite t-il d'être découvert. Dans les années 90, un instituteur arrive dans un village isolé pour apprendre à lire et à écrire à quelques garçons qui composent sa classe spartiate et disciplinée. Ses talents de dessinateur arrivent aux oreilles de Norah, orpheline élevée par sa tante, promise à un prochain mariage, qui rêve de liberté et d'ailleurs en se plongeant dans la lecture des magazines. Le dispositif est simple, la mise en scène classique et largement magnifiée par la beauté des paysages, la qualité de la photo et de la lumière. On regrettera néanmoins la présence insistante de la musique, la modestie ou la faiblesse du scénario qui ne fait qu'effleurer les enjeux du poids de la famille, des traditions et du patriarcat.
Thématique du film de Tawfik Alzaidi intéressante à savoir un manifeste subtil sur le pouvoir émancipateur de l’Art à une époque pas si lointaine , les années 90 , où la question de l’Art et de la représentation était encore taboue dans la Société Saoudienne ! Malheureusement le rythme du film est beaucoup trop lent , voir lancinant par instant , pour que l'histoire soit totalement captivante !
Un film que j’ai trouvé absolument splendide… une lumière folle, une douceur absolue et saisissante ! Et la musique… incroyable. A découvrir au cinéma absolument, l’expérience en salle est magnifique
Dépaysement assuré : nous voici dans les années 90 au fond du désert d’Arabie, dans un village soumis à l’obscurantisme du Cheick Abou Salam : « Nous n’avons pas peur de l’électricité mais de ce qui vient après ». Nader, jeune professeur venu de la ville et libre d’esprit, souhaite appliquer les nouveaux programmes du gouvernement. Bon pédagogue, il ne va cesser d’étonner et d’agacer, puis franchir la ligne des interdits en dessinant le visage de Norah.
L’opposition à ce qui vient de la ville semble irréductible. C’est bien du pouvoir des images et de conversion des mentalités qu’il est question ici : Un propos symbolique qui demeure d’actualité même si l’interdiction de toute expression artistique est révolue en Arabie Saoudite.
Le scénario minimaliste et un peu attendu pourrait décevoir s’il n’était la photographie des visages et des paysages, l’élégance de la mise en scène, et le jeu éblouissant de Maria Bahrawi (Norah) - elle transmet des émotions à partir de rien. Un film saoudien, c’est inédit. Il a très justement été primé à Cannes dans la sélection « Un certain regard » (mention spéciale du jury). A voir !
En 2013, était arrivé sur les écrans hexagonaux le très beau "Wadjda", le premier long métrage saoudien tourné au cœur de l’Arabie Saoudite, un film réalisé par une femme, Haifaa Al Mansour, et qui raconte l’histoire d’une jeune adolescente de 12 ans qui rêve d’acquérir un vélo pour faire la course avec son copain. 11 ans après, "Norah", présenté dans la sélection Un Certain Regard où il a obtenu un prix spécial du jury, a été cette année le premier film saoudien à faire partie d’une Sélection Officielle cannoise. Ce que raconte "Norah" est à la fois similaire à ce que racontait "Wadjda" tout en étant différent : dans les deux films, il est question d’un personnage féminin en butte aux interdictions liées à son sexe, pour l’une, l’interdiction de faire du vélo lorsque les autorités religieuses considèrent que, à 12 ans, vous êtes devenue une femme et que la pratique de la bicyclette doit être considérée comme une menace pour la vertu des jeunes femmes, pour l’autre l’interdiction faite à une jeune femme de se faire portraiturer, qui plus est par un homme : à l’époque où se déroule le film, en 1996, les arts sont prohibés dans les lieux publics et il ne peut être question pour une femme de montrer son visage à un homme. Dans les deux films, également, l’héroïne n’est pas du genre à s’en laisser compter sans riposter. Force est de reconnaître que malgré la force du sujet et les bonnes prestations de Maria Bahrawi et de Yagoub Alfarhan, les interprètes de Norah et de Nader, "Norah" est loin d’être aussi passionnant et émouvant que "Wadjda", la faute au rythme particulièrement lent adopté pour sa réalisation et à une dramaturgie réduite à la portion congrue. Critique complète sur https://www.critique-film.fr/critique-express-norah/
Norah est une jeune fille indocile élevée par sa tante dans un village aride (au sens propre comme au figuré) des montagnes désertiques saoudiennes. Quand son petit frère ramène son portrait, offert par le nouvel instituteur en récompense de son travail, Norah découvre la puissance évocatrice de l’art. S’engage alors entre Nader et Norah un dialogue délicat (et clandestin), d’une infini douceur à travers les étagères de l’épicerie, où le dessin sert de fenêtre vers la modernité (et la mémoire?) à laquelle Norah aspire… La musique d’Omar Fadel, les plans rapprochés d’une grande sensualité et la photo, bouleversante, enveloppent le geste artistique. Un émouvant premier film de Tawfik Alzaidi qui lui a ouvert les portes du Festival de Cannes dans sa sélection Un Certain Regard, où il a remporté la Mention Spéciale
Un très beau film qui traite d’un sujet de société au sein de l’Arabie Saoudite. Un grand bravo au réalisateur et à toute l’équipe du film pour leur passage au festival de Cannes. J’ai apprécié les références faites à certains films qui se glissent dans le film, notamment Mad Max.
Le cinéma saoudien en est a ses balbutiements. S’il n’est pas bâillonné on peut espérer qu’il puisse contribuer à une ouverture artistique qui gagne en richesse et en maturité.
Un film important. Il relate de l'atteinte à la liberté d'expression en Arabie Saoudite dans un visage perdu dans le désert. Une toute petite société dans la société où le pouvoir est plus facile à imposer, vu qu'il ne sont pas beaucoup. Et donc l'abus arrive vite. Des personnages très intéressants, scénario bien pensé. Seule bémol, c'est à la limite du cliché pour les idées de scénario, mais le message derrière est puissant. (vu à Cannes)