Peaches, de son vrai nom Merrill Nisker, est une chanteuse canadienne née en 1966. Icone queer et féministe, elle est connue pour son titre "Fuck the Pain Away" qu’on entend dans "Lost in Translation" et dans "The Handmaid’s Tale". Ses spectacles volontiers provocateurs, interrogent les genres et revendiquent un féminisme décomplexé.
La documentariste Marie Losier, qui s’est fait une spécialité des portraits d’artistes d’avant-garde, suit Peaches depuis longtemps. Elle a décidé de monter les images d’elle enregistrées sur plus de treize ans. On y voit – sans toujours s’y reconnaître – la chanteuse à différents âges de sa vie. Le temps qui passe est d’ailleurs un sujet qui est cher à Peaches et elle assume, la cinquantaine bien entamée, un corps marqué par les ans.
On y voit aussi la chanteuse dans sa vie privée, donnant d’elle une image bien plus banale que celle, outrée, qu’elle affiche dans ses concerts underground : auprès de sa sœur lourdement diminuée par une sclérose en plaques, avec son père et sa mère, avec son compagnon qui partage désormais sa vie à Berlin.
Le documentaire, fort bref (il dure une heure et treize minutes seulement) est sorti début mars dans quelques rares salles parisiennes. Il intéressera peut-être quelques fans d’électro-clash, quelques punks, quelques butchs. Quant aux autres….
Fidèle à elle-même Marie Losier dresse le portrait d'une personnalité à la marge, et chez elle la forme rejoignant le fond elle continue à explorer un style à la limite de l'expérimental, rappelant ses liens avec l'underground new-yorkais. "Peaches Goes Bananas" est donc un objet tout aussi punk que cette artiste canadienne fascinante de radicalité, qui aborde la scène comme un lieu de liberté, de provocation, de performance mais aussi comme un lieu politique. La femme est clivante, le film l'est forcément autant, mais pour moi ces 73 minutes furent un bonheur.
Troisième long-métrage de Marie Losier, documentariste proche d’artistes underground du monde entier, ce film est issu d’un compagnonnage de 17 ans avec la chanteuse canadienne punk Peaches, icône queer qui fut un temps proche de son compatriote Chilly Gonzalez. Alternant concerts, moments de tournée et passages plus intimes dans la sphère familiale, ce film tourné en 16mm offre un témoignage intéressant d’une scène alternative internationale, même s’il ne parvient pas réellement à dépasser son sujet et à aboutir à un propos plus large. En bref, un film qui parlera surtout aux fans de l’interprète de la chanson Fuck the pain away.