Louise a vu le jour grâce à une image poignante qui hantait Nicolas Keitel : "Celle de deux petites filles recroquevillées dans un escalier, qui entendent leur mère se faire battre". Cette vision est le point de départ d'une réflexion sur les traumatismes de l'enfance et leurs répercussions à l'âge adulte.
Keitel explique également que ce thème est à la fois personnel et universel, permettant au spectateur de trouver une résonance avec son propre vécu. Ce projet s'inscrit par ailleurs dans la continuité de ses courts-métrages, où la cellule familiale fracturée est une source d'inspiration récurrente.
L'esthétique du film est le fruit d'une collaboration étroite entre Keitel et son chef-opérateur Joachim Philippe. Ensemble, ils ont voulu créer "une lumière assez esthétique, que j’associe à l’idée du cinéma et à la fiction, au romanesque portant sur le film Louise".
Chaque étape de la vie de Louise est accompagnée d'une atmosphère visuelle particulière : des teintes colorées et pailletées pour l'enfance jusqu'à une ambiance plus tamisée à l'âge adulte. Ces choix permettent de souligner l'évolution du personnage tout en offrant une expérience visuelle riche et variée.
Nicolas Keitel a choisi ses actrices de manière instinctive, cherchant des qualités spécifiques pour chaque rôle. Diane Rouxel, par exemple, a été sélectionnée notamment pour l'intensité de son regard, puisque Louise est décrite comme "sauvage" et "distante".
Cécile de France, quant à elle, a séduit par sa versatilité et son engagement, la comédienne ayant préparé son rôle de manière très détaillée. Enfin, Salomé Dewaels a été perçue comme parfaite pour Jeanne grâce à "cet aspect de douceur" qu'elle maintient parfaitement.
L'écriture de Louise a connu un processus long et complexe. Initialement, Keitel avait imaginé une structure en deux parties : l'enfance et l'âge adulte. Cependant, le cinéaste a choisi de désarticuler cette narration pour mieux jouer avec les ellipses temporelles, donnant ainsi au film une dimension de mystère et de découverte.
Le montage a ensuite permis d'amplifier ces sauts dans le temps, transformant Louise en une véritable enquête émotionnelle du point de vue de son héroïne.
Le choix du titre se distingue par "sa simplicité biblique". Nicolas Keitel recherchait une clarté qui renvoie immédiatement à l’identité et à la trajectoire du personnage principal. Ce titre évoque une "enfance volée" et une idée de protection qui résonne comme un symbole, le réalisateur mentionnant même que "c’est son côté Rosebud !".
Nicolas Keitel a fait appel à Superpoze en lui laissant une totale liberté créative. "Il me semblait qu’une musique électro émotionnelle était adéquate pour accompagner cette histoire", explique-t-il. Ensemble, ils ont façonné une bande-son tendue et nerveuse, évitant de souligner trop lourdement les aspects mélodramatiques de Louise.
De légères touches électro viennent également distiller "un mélange de malaise et de douceur" tout au long du récit, renforçant l'intensité des scènes.