Les Tourmentés
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Les Tourmentés" et de son tournage !

Un roman à l'origine

Lucas Belvaux a écrit le roman Les Tourmentés pour s’éloigner de l’écriture de scénario, qu’il pratique depuis 35 ans. Ce n’est qu’après avoir terminé le livre qu’il a envisagé d’en faire un film : "Depuis trente-cinq ans, j’écris des scénarios, ce qui est une écriture très particulière, très technique, très contrainte, surtout. Quand on écrit un scénario, on pense déjà au film, aux acteurs, aux décors, au coût, à la durée, etc. Je voulais retrouver le plaisir d’une écriture libre de toute contrainte."

"Dans un roman, on peut commencer par raconter la bataille de Waterloo en plans larges pour une séquence d’une minute ! Au cinéma, on ne peut pas se le permettre, moi en tout cas, je ne peux pas. Dans un roman, on peut faire le tour du monde, traverser les époques ou écrire deux cents pages de pure introspection, tout est possible. La liberté est absolue. J’avais envie de ça. Ce n’est qu’une fois le livre écrit que je me suis dit qu’il y avait de quoi faire un film et que ça m’amuserait de le faire."

Une adaptation complexe

Le roman Les Tourmentés est structuré en monologues intérieurs successifs, chaque personnage racontant l’histoire selon son point de vue. Cette structure littéraire riche et profonde a été très difficile à traduire à l’écran. Chaque suppression dans le scénario fut pour Belvaux un deuil narratif, car il avait l’impression de trahir ses propres mots. Selon lui, Les Tourmentés constitue l’adaptation la plus difficile qu’il ait réalisée.

Un film noir devenu lumineux

Initialement pensé comme un film noir centré sur une chasse à l’homme à la manière de Les Chasses du comte Zaroff, le projet a évolué vers un récit initiatique inversé : "Raconter une chasse à l’homme, stricto sensu, ne m’intéressait que moyennement. C’est un genre en soi « la chasse à l’homme », dès qu’un type s’échappe de prison et que des policiers lui courent après, c’est une chasse à l’homme."

"L’intérêt du genre, quel qu’il soit, c’est qu’il offre un cadre et qu’à l’intérieur de ce cadre, tout est permis. C’est comme l’improvisation en jazz, ou les variations autour d’un thème dans n’importe quel art. ZAROFF en est une, LES TOURMENTÉS une autre…"

"Ce qui m’apparaissait de plus en plus passionnant, c’est pourquoi et comment ils en étaient arrivés là. On vit une époque brutale, violente, où « le bruit et la fureur » deviennent le seul horizon, je n’avais pas envie d’en rajouter. C’est comme ça que, de film noir, LES TOURMENTÉS est devenu un film d’apprentissage."

Un tournage en montagne

Le tournage des scènes en pleine nature, dans les montagnes, a commencé en tout début de production. Sur le papier, cette première phase devait être plutôt douce — une entrée en matière progressive pour l’équipe. Mais la réalité fut toute autre : froid, pluie, brouillard, météo capricieuse et changement de planning permanent.

Malgré tout, ces conditions extrêmes ont produit des images très puissantes visuellement et ont renforcé la cohésion de l’équipe. Belvaux parle d’un tournage sous la pluie comme d’un enfer logistique, mais aussi d’une source de souvenirs mémorables.

Ramzy Bedia dans un registre dramatique

Connue pour ses rôles comiques, la star du duo Eric & Ramzy interprète ici Max, un personnage silencieux, sombre et tourmenté. C’est un rôle de composition à contre-courant. Ramzy avait déjà montré des facettes plus sérieuses dans certains films (Terminal Sud, etc.), mais Lucas Belvaux a surtout été convaincu par la générosité de l’acteur et son désir sincère de se réinventer.

Linh-Dan Pham a dû apprendre le tir à l’arc

Le personnage de Linh-Dan Pham, "Madame ", riche veuve cynique et prédatrice, pratique la chasse à l’homme comme un sport. Pour l’incarner, l'actrice a dû s’entraîner au tir à l’arc et à marcher avec un sac à dos dans des environnements accidentés. Elle avoue avec humour que Lucas Belvaux pensait qu’elle était sportive, ce qui n'était pas le cas  ! Cet entraînement physique l’a aidée à entrer dans le personnage, à la fois froid, théorique et d’une rigueur militaire.

Une inspiration musicale venue du Casse-Noisette

Le compositeur Frédéric Vercheval, collaborateur régulier de Belvaux depuis Pas son genre, a reçu comme point de départ musical un extrait du Casse-Noisette arrangé pour un quintet de cors. À partir de cette référence originale, il a créé une ambiance sonore unique, au service du film.

Retrouvailles

Ramzy Bedia avait déjà tourné avec Niels Schneider dans la série D’argent et de sang et avec Linh-Dan Pham dans la série Or de lui. Cependant, Linh-Dan et Niels ne se connaissaient pas avant. Ce léger décalage a nourri la dynamique narrative, puisqu’ils évoluent aussi dans des cercles différents dans le film.

Niels Schneider est Skender

Pendant le tournage, Niels Schneider a consulté régulièrement le roman d’origine pour mieux comprendre Skender, son personnage. Cela lui permettait d’accéder à son intériorité, absente ou très elliptique dans le scénario. Cette démarche lui a permis de nuancer son interprétation, notamment dans les nombreux silences du personnage, ancien légionnaire brisé par la guerre. Pour l’anecdote, l'acteur a déjà joué un ancien militaire dans Sentinelle sud.

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