Après le somptueux Sous le ciel de Koutaïssi, le cinéaste géorgien Alexandre Koberidze, qui préfère les routes secondaires aux autoroutes, nous offre un film tourné avec un vieux téléphone, tous pixels dehors, sous forme de voyage à l'intérieur de son pays, qui ressemble à une errance, sans GPS, cela va de soi. Ce cinéma, expérimental si l'on veut, et semi-documentaire, possède une amorce scénaristique qui n'est à vrai dire qu'un prétexte pour vagabonder et surtout regarder. Avancer vers des villages reculés, à la recherche de terrains de football qui pourraient avoir vu passer la fille du personnage principal, tel est le point de départ qui soutient l'aspect contemplatif d'un film qui semble observer un monde en voie de disparition. Peut-être que Dry Leaf aurait davantage sa place dans un musée que dans les salles de cinéma diront certains, et disons que l'on sent vraiment passer les trois heures de projection, quelque peu abusives, en dépit de la science du cadrage de Koberidze. Mais puisque nous avons des yeux pour voir, il faut tenter, et c'est parfois difficile, de s'intéresser au spectacle de la nature, à ces animaux qui occupent l'écran (vaches, chiens, chats, ânes) ou encore à des dialogues qui, malheureusement, restent à une ou deux exceptions près, trop succincts et volontairement répétitifs.