Ce long film georgien relate le road-movie d’un père à travers le pays pour retrouver sa fille de 28 ans. Pour cela, il part à sa recherche en reprenant un itinéraire qu’elle a été sensée prendre. Tourné de manière plutôt artisanale, ce film, avec des images parfois de qualité moyenne, ne suscite qu'un intérêt moyen.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse du 10/06/2026 au Club de l'Etoile à PARIS)
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2,5
Publiée le 7 mai 2026
« Est-ce qu'il y a un terrain de foot par là ? » Cette phrase, vous allez l'entendre un paquet de fois dans "Khmeli potoli" qui suit le voyage d'un homme à la recherche de sa fille Lisa, qui a disparu après avoir laissé une lettre. Irakli a l'idée de retracer son parcours de photographe en se rendant dans tous les stades de football qu'elle était censée photographier. Il se transforme en quelque sorte en groundhopper sauf que les terrains visités sont vraiment vétustes. Il est accompagné d'un homme invisible qui n'est pas le seul à ne pas apparaître à l'écran, ce qui est assez particulier. Un petit voyage tranquille avec la même mécanique à savoir un petit bout de chemin, une discussion superficielle, un long plan sur la nature et rebelote pendant trois heures. Il y a deux parties, mais elles sont totalement identiques dans le contenu. Au moins, on voit du pays, mais on ne peut pas en profiter à cause de la qualité de l'image. Il y a quand même une attention sur la nature avec notamment beaucoup d'animaux pour lesquels le père a toujours une attention particulière. On sent que c'est quelqu'un de bienveillant et c'est dommage de ne pas avoir donné plus de profondeur au personnage et aux échanges. D'une certaine manière, tout finit par avoir du sens au cours d'une attendrissante dernière partie, mais ça n'efface pas la durée excessive du voyage. Au final, je n'ai pas été hermétique à ce que j'ai vu, mais ce périple pixelisé ne m'a pas transporté ou touché.
Après le somptueux Sous le ciel de Koutaïssi, le cinéaste géorgien Alexandre Koberidze, qui préfère les routes secondaires aux autoroutes, nous offre un film tourné avec un vieux téléphone, tous pixels dehors, sous forme de voyage à l'intérieur de son pays, qui ressemble à une errance, sans GPS, cela va de soi. Ce cinéma, expérimental si l'on veut, et semi-documentaire, possède une amorce scénaristique qui n'est à vrai dire qu'un prétexte pour vagabonder et surtout regarder. Avancer vers des villages reculés, à la recherche de terrains de football qui pourraient avoir vu passer la fille du personnage principal, tel est le point de départ qui soutient l'aspect contemplatif d'un film qui semble observer un monde en voie de disparition. Peut-être que Dry Leaf aurait davantage sa place dans un musée que dans les salles de cinéma diront certains, et disons que l'on sent vraiment passer les trois heures de projection, quelque peu abusives, en dépit de la science du cadrage de Koberidze. Mais puisque nous avons des yeux pour voir, il faut tenter, et c'est parfois difficile, de s'intéresser au spectacle de la nature, à ces animaux qui occupent l'écran (vaches, chiens, chats, ânes) ou encore à des dialogues qui, malheureusement, restent à une ou deux exceptions près, trop succincts et volontairement répétitifs.