Ah les petites querelles de voisinage, en immeuble, provoquées par de nocturnes nuisances sonores, quelle plaie ! Cela ne débouche pas toujours sur des suicides ou des meurtres, fort heureusement, mais sur des états mentaux fragilisés, cela peut arriver. Dans Noise, des locataires se cherchent des noises (!), parce que pouvoir goûter au silence chez soi est la moindre des choses quand même, et puis la disparition inexpliquée d'une jeune femme, c'est avant tout le problème de sa sœur, non ? Le film de la Coréenne Kim Soo-jin est idéal pour celles et ceux qui n'ont qu'une appétence limitée pour l'épouvante et se retrouvent davantage dans le registre du thriller. La cinéaste a décidé de donner la primauté au son, d'autant plus avec une héroïne malentendante, et elle le réalise avec un certain doigté, ne cherchant pas systématiquement à nous faire sursauter, préférant installer une atmosphère oppressante, tout en ménageant quelques fausses pistes et en montrant que la sociabilité se heurte parfois, en notre époque énervée, à un mur d'incompréhension. Réalisme, onirisme et fantastique se percutent gentiment dans Noise, sans réinventer la poudre ni faire grimper au rideau, mais sur un rythme relativement soutenu. Un film à voir éventuellement entre voisins, à condition de bien s'entendre avec.