Le film s’articule sur 2 thèmes qui s’enchevêtrent : la relation frère-sœur, en l’’occurrence celle d’Antonio (Antonio de la Torre, 58 ans, 3e collaboration avec le réalisateur), et Estrella (Bárbara Lennie, 42 ans), sourde et biologiste marine, et le monde des plongeurs professionnels. Le 1er thème n’est pas nouveau et se construit sur la valorisation d’Antonio,
surnommé « Le Tigre », qui a parcouru le monde, sur les traces de son père, également plongeur, au détriment d’Estrella qui s’est sacrifiée, notamment pour s’occuper du père malade
. C’est elle, finalement et depuis l’enfance (
cf. la remontée de la montre du père
), le personnage fort, Antonio, restant impulsif et ne prenant pas toujours les bonnes décisions. Le thème des plongeurs scaphandriers, souvent invisibles, au métier dangereux, éprouvant et peu rémunérateur, est traité de façon documentaire (ainsi que le site industriel de Huelva où se trouvent, notamment, des raffineries de pétrole), avec une ambiance poisseuse et anxiogène, notamment dans les scènes sous-marines. Le réalisateur y a ajouté une ambiance thriller à ce microcosme andalou par le télescopage avec le monde du trafic de cocaïne via le transport maritime. Un peu artificielle (bien que réelle) d’autant que le film n’est pas une tragédie, à tort ou à raison, mais qui sert de catalyseur dans l’évolution des relations entre Antonio et Estrella.