Le tournage de Reconnu coupable s'est déroulé à Los Angeles entre avril et mai 2024 mais avait dû être interrompu dès le quatrième jour suite à une blessure à la cheville de Chris Pratt, qui tweetait alors, non sans auto-dérision : "Quatrième jour de tournage de Mercy. J'ai une équipe de cascadeurs formidable ! Et j'essaie parfois de m'y mettre et de faire certaines choses moi-même. Aujourd'hui, papa s'est pris un poteau métallique dans la cheville. Ça promet d'être intéressant pour la suite."
L’idée de Reconnu coupable est née lorsque le scénariste Marco van Belle a découvert l’existence d’un prototype de juge IA en Estonie, destiné à traiter certaines affaires civiles. Ce détail réel a servi de déclencheur : et si une intelligence artificielle décidait un jour de la culpabilité… Dans une affaire de peine de mort ? Le film extrapole cette idée à une justice expéditive et automatisée, située seulement quelques années dans le futur.
Timur Bekmambetov décrit Reconnu coupable comme un film “multi-genre” : à la fois thriller, film de procès, science-fiction, film d’action et même drame familial. Cette hybridation se retrouve dans la mise en scène, qui passe d’un face-à-face psychologique intense à des scènes d’action tournées en images embarquées.
Le scénario de Reconnu coupable impose une contrainte radicale : 90 minutes pour prouver son innocence, et quasiment 90 minutes de récit. Timur Bekmambetov a voulu que le spectateur ressente la même pression que le personnage de Chris Pratt, en limitant au maximum les ellipses et en construisant le film comme une véritable course contre la montre.
La majeure partie du film se déroule alors que le personnage principal est immobilisé dans la "Mercy Chair". Résultat : Chris Pratt a tourné de très longues prises, parfois de 40 à 50 minutes, presque sans bouger. Un défi physique et mental qui s’apparente davantage à une performance théâtrale qu’à un tournage classique de blockbuster.
Pour accentuer la distance entre l’humain et l’intelligence artificielle, Rebecca Ferguson (la juge IA Maddox) et Chris Pratt ont été filmés sur deux plateaux différents. la comédienne jouait souvent seule, face à une caméra et un micro, pendant que le comédien recevait sa voix en temps réel dans l’oreillette. Cette séparation a renforcé le caractère froid, clinique et oppressant de leurs échanges.
Le film utilise une approche hybride du Screenlife, chère à Timur Bekmambetov. Les images de preuves (caméras de surveillance, bodycams, drones, sonnettes connectées, téléphones) ont été tournées avec de véritables appareils du quotidien : iPhones, GoPros, caméras embarquées. Sur certaines scènes, plusieurs dizaines de caméras tournaient simultanément.
Le tribunal futuriste a été conçu par le légendaire Alex McDowell (Minority Report). Il combine décors physiques minimalistes et plateaux LED de “Volume”, permettant d’intégrer en direct les environnements numériques. Ce choix a permis de tourner certaines scènes d’action et de tension directement dans cet espace hybride, sans attendre la postproduction.
Contrairement à de nombreux films de science-fiction, Reconnu coupable évite le futur clinquant. Bekmambetov et son équipe ont voulu un monde crédible, presque banal, où la technologie est omniprésente mais discrète. Le futur de 2029 ressemble volontairement beaucoup à notre présent… Ce qui avait aussi pour objectif de rendre le film plus inquiétant.
Dès l’écriture, le scénario a été soumis à Benjamin Boudreaux, spécialiste des politiques technologiques et ancien conseiller gouvernemental. Son rôle : vérifier que les dérives montrées dans le film étaient plausibles, tant sur le plan technique que juridique. Plusieurs éléments du fonctionnement de l’IA juge ont été ajustés pour rester crédibles.